Science et médias main dans la main : Le CSRS et l’UNJCI scellent un partenariat pour sortir la recherche des laboratoires
Science et médias main dans la main : Le CSRS et l’UNJCI scellent un partenariat pour sortir la recherche des laboratoires
Dans un contexte où la désinformation circule plus vite que les faits, le Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS) et l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) ont signé, ce jour, un accord-cadre de partenariat de trois ans, renouvelable. L’objectif est clair : rendre accessibles aux populations et aux décideurs les savoirs produits depuis 75 ans par l’institution de recherche.
Le professeur Jérémie Thouakesseh Zoueu, directeur général du CSRS, a ouvert la cérémonie en rappelant le sens de cette alliance. « Depuis 75 ans, le Centre produit des savoirs nouveaux utiles pour éclairer la décision publique, traiter les problématiques de santé, la sécurité alimentaire et la conservation de la biodiversité. Ces savoirs doivent être communiqués aux populations », a-t-il déclaré. Face à l’adage ironique « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve ; des chercheurs qui trouvent, on en cherche », le directeur général a plaidé pour réduire la distance entre production scientifique et appropriation collective.
De son côté, Marie-Laure N’Goran, présidente de l’UNJCI et première femme élue à la tête de l’organisation, a insisté sur l’urgence de cette convergence. « Une découverte scientifique qui reste enfermée dans un laboratoire ne change pas les vies. Une information non éclairée par la connaissance, la preuve et les faits n’éclaire personne », a-t-elle souligné. Dans un environnement saturé de contenus non vérifiés, de vidéos et de voix générées par l’intelligence artificielle, « nous ne voulons plus seulement aller vite. Nous voulons aller juste. »
Des engagements concrets
L’accord prévoit un accès facilité des journalistes aux données scientifiques diffusables et aux experts du réseau CSRS, la production d’analyses, d’entretiens, d’émissions, de podcasts et de dossiers thématiques, ainsi que le renforcement des capacités des professionnels des médias sur les questions scientifiques.
Des comités techniques de veille et de coordination identifieront les sujets prioritaires. L’UNJCI s’engage, de son côté, à diffuser ces connaissances dans des formats adaptés, fidèles aux données et accessibles au grand public comme aux décideurs.
Marie-Laure N’Goran a posé une condition essentielle : « Nous ne voulons pas d’une convention de plus, photographiée puis rangée dans un tiroir. Nous voulons une convention qui vive. » Elle a notamment cité le besoin concret pour un journaliste travaillant sur le changement climatique ou une question sanitaire de savoir rapidement vers quel chercheur se tourner.
Un partenariat au service des populations
Le CSRS, instrument de coopération et de diplomatie scientifique entre la Côte d’Ivoire et la Suisse, mène une recherche-action attentive aux besoins des communautés. Santé, agriculture, biodiversité, environnement, gouvernance : derrière ces domaines se trouvent des préoccupations quotidiennes: prévenir les maladies, améliorer l’accès à l’eau, produire une alimentation saine, préserver les ressources naturelles.
Ce partenariat intervient à la veille d’un colloque international sur le thème « Recherche et implication des partenaires publics et privés, catalyseurs du développement durable et du bien-être en Afrique subsaharienne ». Les médias y auront toute leur place pour prolonger le débat au-delà des cercles scientifiques.
En signant cet accord, le professeur Jérémie Zoueu et Marie-Laure N’Goran ont formulé la même ambition : faire progresser la culture scientifique, lutter contre la désinformation et favoriser des décisions fondées sur des données probantes. Le vrai bilan se dressera dans trois ans, non sur les intentions, mais sur les résultats concrets obtenus au bénéfice des populations ivoiriennes.
A.Konan
