Man : Installation de la coordination Grand ouest : Le SYNAVICI réclame un audit de la gestion des stocks de cacao

Man : Installation de la coordination Grand ouest : Le SYNAVICI réclame un audit de la gestion des stocks de cacao

02/08/2026 - 17:44
Man : Installation de la coordination Grand ouest : Le SYNAVICI réclame un audit de la gestion des stocks de cacao
Man : Installation de la coordination Grand ouest : Le SYNAVICI réclame un audit de la gestion des stocks de cacao
Man : Installation de la coordination Grand ouest : Le SYNAVICI réclame un audit de la gestion des stocks de cacao
Man : Installation de la coordination Grand ouest : Le SYNAVICI réclame un audit de la gestion des stocks de cacao
Man : Installation de la coordination Grand ouest : Le SYNAVICI réclame un audit de la gestion des stocks de cacao

La salle ayant accueilli, le samedi 1er août à Man, la cérémonie officielle d’investiture de la coordination générale du Grand Ouest du Syndicat national agricole nouvelle Côte d’Ivoire (SYNAVICI) a été le théâtre d’un appel à l’unité des producteurs, mais aussi d’un réquisitoire contre la gestion de la filière café-cacao.

Placée sous le thème « Unir les producteurs pour une agriculture responsable, compétitive et durable dans le Grand Ouest de la Côte d’Ivoire », cette cérémonie a consacré l’installation de Koalga Vincent à la tête de la coordination couvrant les régions du Tonkpi, du Guémon, du Cavally, du Bafing et du Kabadougou.

Dans son discours de cadrage, le président national du SYNAVICI, Moussa Sanou, a réaffirmé l’attachement de son organisation aux valeurs de dialogue, de paix, de transparence, de justice et de développement qui, selon lui, fondent la République de Côte d’Ivoire.

Il a salué les efforts du Président Alassane Ouattara et du gouvernement en faveur du monde agricole, rappelant que l’État a multiplié les mesures destinées à protéger les producteurs et à améliorer leurs conditions de vie.

Il a également encouragé les autorités à poursuivre ces actions, tout en saluant les réformes engagées par la Direction générale du Conseil du Café-Cacao (CCC), qu’il juge favorables à la garantie d’un revenu décent pour les producteurs.

Mais le responsable syndical a rapidement haussé le ton en évoquant la gestion des stocks résiduels de cacao issus de la période de mévente.

Selon lui, près de 291 milliards de FCFA, correspondant à 100 000 tonnes de cacao, étaient concernés par cette opération pilotée par le Conseil du Café-Cacao.

Il a affirmé que 63 830 tonnes avaient été confiées au Collège des producteurs de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), dénonçant une gestion qu’il qualifie de « calamiteuse ». 

Moussa Sanou a notamment accusé cette structure d’avoir retiré plus de 614 coopératives de la liste des bénéficiaires au motif qu’elles ne produisaient pas au moins 40 tonnes de cacao.

Estimant qu’il s’agit d’une grave injustice, le président national du SYNAVICI a exigé que tous les producteurs détenteurs de reçus impayés soient réglés sur la base du prix de 2 800 FCFA le kilogramme.

Il a demandé au Collège des producteurs d’apporter des clarifications sur cette gestion et a lancé un appel au gouvernement afin qu’un audit indépendant soit diligenté pour situer les responsabilités. 

« Les coupables doivent répondre de ce crime économique », a-t-il insisté, avant d’annoncer le lancement d’une pétition réclamant la dissolution des représentants des producteurs au sein du Collège des producteurs de l’OIA.

Tout en précisant que cette démarche n’est dirigée contre aucune personne en particulier, Moussa Sanou a expliqué que le SYNAVICI entend avant tout restaurer la crédibilité de la filière café-cacao et promouvoir davantage de transparence dans sa gouvernance.

Il a également pris l’engagement de lutter contre le trafic transfrontalier des produits agricoles dans la zone Ouest et de privilégier en toutes circonstances l’intérêt général ainsi que celui des producteurs.

Le président national a, par ailleurs, exhorté les producteurs à se faire établir leur carte de producteur.

Selon lui, cet outil constitue une garantie de sécurité, facilite la traçabilité des transactions et permettra aux producteurs de bénéficier plus facilement des différents mécanismes d’appui et des primes prévues dans la filière.

Investi coordonnateur général du Grand Ouest, Koalga Vincent bénéficie d’une solide expérience de plus de vingt ans dans le secteur agricole.

Entré dans la filière café-cacao en 1996 comme commis peseur à Gabiagui, dans le département de San Pedro, il s’est installé à Man en 2006 où il a progressivement gravi les échelons.

Représentant régional de la SIDCAO en 2013, fondateur de la Société coopérative simplifiée Bowinnairé en 2015, il dirige aujourd’hui une exploitation d’une vingtaine d’hectares de cacao. 

Marié et père de neuf enfants, il s’est engagé à fédérer les producteurs du Grand Ouest autour des objectifs du SYNAVICI.

Le syndicat entend notamment intensifier la lutte contre la mauvaise qualité du café-cacao et de la noix de cajou, le trafic des produits agricoles, les pisteurs véreux, l’exploitation des enfants, le non-respect des prix bord champ, la concurrence déloyale, la déforestation, l’orpaillage clandestin, les feux de brousse ainsi que l’exportation illégale des produits vivriers vers les pays voisins.

Présent à cette cérémonie, Droh Emmanuel, représentant du Conseil régional du Tonkpi, a salué cette initiative qui vise à mieux organiser les producteurs et à contribuer au développement durable de l’agriculture dans le Grand Ouest.

 

 

Momo Rachid