Energie solaire : Former les journalistes et les enseignants pour faire basculer l’opinion

Energie solaire : Former les journalistes et les enseignants pour faire basculer l’opinion

16/10/2026 - 10:09
Energie solaire : Former les journalistes et les enseignants pour faire basculer l’opinion
Energie solaire : Former les journalistes et les enseignants pour faire basculer l’opinion

À Bingerville, médias et éducation deviennent les nouveaux leviers de la transition énergétique ivoirienne. Ce n’est pas un hasard si la Direction générale de l’Énergie et l’International Solar Alliance (ISA) ont choisi de former en priorité les journalistes, les enseignants et les étudiants.

Dans un pays où le potentiel solaire est exceptionnel mais encore largement sous-exploité, l’information et l’éducation apparaissent désormais comme les maillons manquants de la transition énergétique.

Ce mercredi, au Centre de ressources pour les applications de la technologie solaire (Star-C) de Bingerville, une dizaine de professionnels des médias, d’enseignants et d’étudiants se sont retrouvés pour deux jours de formation intensive sur les « Généralités sur l’énergie solaire ».

L’objectif affiché est double : donner aux journalistes les outils pour mieux informer le grand public, et aux enseignants et étudiants les connaissances nécessaires pour diffuser durablement la culture du photovoltaïque.

Pourquoi les médias et l’école sont décisifs

« Mieux comprendre pour mieux informer et contribuer à la vulgarisation. » Cette phrase, répétée dès l’ouverture, résume la philosophie de la session.

Car le constat est clair : la technologie existe, le soleil brille plus fort qu’en Allemagne, mais le parc photovoltaïque ivoirien reste minuscule.

L’Allemagne, avec un ensoleillement nettement inférieur, produit chaque année avec son seul solaire cinq fois plus d’électricité que toute la production nationale ivoirienne (toutes sources confondues)

Face à ce paradoxe, les organisateurs ont compris qu’il ne suffisait plus de former uniquement les techniciens. Il faut aussi former ceux qui racontent l’énergie au quotidien et ceux qui la transmettent aux générations futures.

Les journalistes, en maîtrisant les concepts de base (cellules, modules, onduleurs, typologies d’installations), pourront éviter les approximations et expliquer concrètement les enjeux. Les enseignants et les étudiants, de leur côté, deviendront des relais permanents de diffusion des connaissances scientifiques et techniques.

Un contenu taillé pour les multiplicateurs

Sous la conduite du Dr Oyédélé Sampson Oladapo, enseignant-chercheur à l’Université Nangui Abrogoua et référent national en énergie solaire, les participants ont plongé dans les fondamentaux : réglementation ivoirienne, fonctionnement physique et électrique d’une cellule photovoltaïque, architecture complète d’un système, technologies de batteries et d’onduleurs, distinction entre installations autonomes, raccordées et hybrides.

Le contexte climatique n’a pas été éludé. Les slides rappellent que la production d’électricité reste la première source mondiale d’émissions de CO₂, que plus de la moitié de l’électricité mondiale dépend encore des fossiles, et que la demande explose sous l’effet de l’intelligence artificielle et des véhicules électriques.

Les scénarios du GIEC montrent qu’il est encore possible de limiter le réchauffement entre 1,5 et 2 °C… à condition d’agir vite et de façon massive.

Une stratégie de long terme

En ciblant simultanément les médias et le système éducatif, la Direction générale de l’Énergie et l’ISA misent sur un effet multiplicateur. Un journaliste mieux formé influence l’opinion publique. Un enseignant formé influence des centaines d’élèves chaque année. Un étudiant formé devient un futur décideur, entrepreneur ou technicien déjà convaincu.

Dans un pays où la transition énergétique occupe une place croissante dans les politiques publiques, cette approche marque un tournant. Le Star C ne se contente plus de former des installateurs.

Il forme désormais ceux qui façonnent le regard de la société sur le soleil. Et c’est peut-être là que se joue, en grande partie, l’accélération tant attendue du photovoltaïque en Côte d’Ivoire.

 

 

A.Konan