Gagnoa : 10,9 tonnes de drogues et de faux médicaments incinérés pour une valeur de 18,9 millions fcfa
Gagnoa : 10,9 tonnes de drogues et de faux médicaments incinérés pour une valeur de 18,9 millions fcfa
Gagnoa– La Direction de la police des stupéfiants et des drogues (DPSD) de Gagnoa a procédé, le vendredi 9 octobre 2026, à l’incinération de 10,9 tonnes de drogues et de produits pharmaceutiques falsifiés, d’une valeur marchande estimée à 18,9 millions de francs CFA. L’opération s’est déroulée à la décharge publique de la ville, en présence du secrétaire général 2 de la préfecture de Gagnoa, Daligou Ismaël Dosso.
Une diversité de produits dangereux détruits
Cette opération témoigne de la détermination des services de sécurité à intensifier la lutte contre le trafic de stupéfiants et la circulation des médicaments contrefaits dans le département de Gagnoa.
Parmi les produits incinérés figuraient notamment de la cocaïne, de l’héroïne, du cannabis et diverses poudres blanches, ainsi que des médicaments de qualité inférieure et falsifiés. Des produits destinés à modifier artificiellement l’apparence physique, notamment pour augmenter le volume des fessiers, des substances injectables et des seringues ont également été détruits.
À cette liste s’ajoutent des produits particulièrement prisés par certains jeunes, dont le « Khadafi », un mélange associant du tramadol à une boisson énergisante, parfois alcoolisée.
Le commissaire de première classe N’doua Kouamé Lacombe, représentant régional de la DPSD, a attiré l’attention sur les dangers que représentent ces substances pour la population, particulièrement pour les jeunes.
Les enfants également exposés aux médicaments falsifiés
Au-delà du trafic de drogues, la circulation des médicaments contrefaits constitue une préoccupation majeure pour les autorités policières. Ces produits, dont la composition et la qualité ne sont pas garanties, exposent les consommateurs à de graves risques sanitaires.
« Même les enfants ne sont pas épargnés, avec des comprimés et sirops de tous contrefaits », a déploré l’officier supérieur de police.
Cette déclaration met en lumière l’ampleur d'un phénomène qui menace toutes les couches de la population. La présence de faux médicaments sur les circuits de distribution représente un danger particulier pour les enfants, dont la santé peut être gravement compromise par l’utilisation de produits inadaptés ou falsifiés.
Face à cette situation, le renforcement des contrôles, la sensibilisation des populations et la collaboration entre les forces de sécurité et les acteurs de la santé apparaissent comme des leviers essentiels pour endiguer le phénomène.
Plus de 10 tonnes saisies en deux grandes opérations
Selon les informations communiquées par la DPSD, les produits détruits proviennent de saisies effectuées au cours de deux périodes distinctes.
La première phase, couvrant les mois d’avril à août 2026, a permis de saisir 6,7 tonnes de produits illicites.
La seconde phase a débuté le 7 septembre 2026, avec le lancement de l’opération Épervier. Elle a abouti à la saisie de 4,2 tonnes supplémentaires.
Cette deuxième vague d’interventions a mobilisé la DPSD en collaboration avec les services de sécurité publique, notamment les différents commissariats de police du département.
Au total, les deux opérations ont permis de réunir les 10,9 tonnes de produits stupéfiants et pharmaceutiques falsifiés destinés à être détruits. Leur valeur marchande est estimée à 18,9 millions de francs CFA.
Ces résultats illustrent l’importance du travail de coordination entre les différentes unités de police dans la lutte contre les réseaux de distribution de produits illicites.
Une opération qui s'inscrit dans la durée
L’incinération du 9 octobre constitue une nouvelle étape dans les actions menées par les services compétents pour débarrasser le département de Gagnoa des drogues et des produits pharmaceutiques dangereux saisis sur le terrain.
La précédente opération d’incinération dans la ville remontait au début du mois d’avril 2026.
La répétition de ces opérations traduit la nécessité de maintenir une vigilance constante face aux trafics, tout en poursuivant les actions de prévention auprès des populations.
Au-delà de la destruction des produits saisis, l’enjeu reste de protéger la santé publique, de préserver la jeunesse des conséquences de la consommation de drogues et de lutter contre la commercialisation de médicaments falsifiés.
À Gagnoa, la lutte contre les stupéfiants et les faux médicaments demeure donc un défi majeur de sécurité et de santé publique, qui appelle à une mobilisation continue des autorités et à une plus grande vigilance des populations.
DJACK ZOLA
