Rentrée syndicale 2026-2027 : à Ouragahio, la CEPP-CI remet la prime des enseignants au cœur des revendications

Rentrée syndicale 2026-2027 : à Ouragahio, la CEPP-CI remet la prime des enseignants au cœur des revendications

07/11/2026 - 11:52
Rentrée syndicale 2026-2027 : à Ouragahio, la CEPP-CI remet la prime des enseignants au cœur des revendications
Rentrée syndicale 2026-2027 : à Ouragahio, la CEPP-CI remet la prime des enseignants au cœur des revendications
Rentrée syndicale 2026-2027 : à Ouragahio, la CEPP-CI remet la prime des enseignants au cœur des revendications
Rentrée syndicale 2026-2027 : à Ouragahio, la CEPP-CI remet la prime des enseignants au cœur des revendications
Rentrée syndicale 2026-2027 : à Ouragahio, la CEPP-CI remet la prime des enseignants au cœur des revendications

La Coordination des enseignants du primaire public de Côte d’Ivoire (CEPP-CI) a organisé, le samedi 31 octobre 2026, sa rentrée syndicale 2026-2027 dans la grande salle Gbagbo Laurent de la mairie d’Ouragahio, localité située à 17 kilomètres de Gagnoa, dans la région du Gôh, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire.

Placée sous le thème « L’enseignant face au défi d’une école de qualité : quelles alternatives ? », cette rencontre a été marquée par un bilan des activités syndicales, des échanges sur les revendications professionnelles des enseignants et l’investiture de Bouazo Édith Rolande épouse Tetehi à la tête des Amazones de la CEPP-CI.

Cette rentrée syndicale a notamment permis à la coordination de réaffirmer son engagement en faveur de la défense des intérêts professionnels et moraux des enseignants du primaire public, tout en ouvrant la réflexion sur les perspectives d'amélioration du système éducatif ivoirien.

Kouakou Bakary présente les objectifs de la rentrée syndicale et fait le bilan des acquis

Prenant la parole au cours de cette rencontre, Kouakou Bakary, secrétaire général national de la CEPP-CI, a expliqué que cette rentrée syndicale constitue avant tout un cadre de présentation du bilan des activités menées durant l’année scolaire écoulée, ainsi qu’un moment de définition des perspectives.

Selon lui, il s'agit notamment de revenir sur les différentes rencontres avec le gouvernement, les acquis obtenus à travers le dialogue social et les nouvelles attentes des enseignants.

« L’objectif, c’est de présenter d’abord le bilan de toutes nos activités durant l’année scolaire 2025-2026 et après voir les perspectives. Toute l’analyse, les grosses rencontres avec le gouvernement, tout ce que nous avons comme acquis est présenté, notamment les perspectives, pour amener également le gouvernement à se pencher sur les perspectives des enseignants », a expliqué le secrétaire général national.

Abordant les préoccupations actuelles de la corporation, Kouakou Bakary a clairement désigné la prime des enseignants comme la priorité absolue de la coordination. Il a toutefois exprimé des inquiétudes concernant le manque de visibilité sur le contenu des documents élaborés par les experts dans le cadre des discussions avec le gouvernement.

« La priorité actuelle, c’est la prime. Ce qui nous gêne un peu, c’est le contenu. Il y a beaucoup de rencontres, mais toutes ces rencontres-là ne vont pas au contenu des documents des experts. Jusqu’à cette date, aucun syndicat ne peut taper sa poitrine. Nous n’avons aucune idée du contenu des documents présentés par les experts », a-t-il déploré.

Poursuivant son intervention, le responsable syndical a indiqué que les organisations syndicales attendent désormais des précisions sur les propositions financières en discussion, notamment les montants envisagés par les experts et ceux qui seront finalement retenus par le gouvernement.

« Nous, syndicats, nous avons fait des propositions. Quels seront les montants proposés par les experts ? Quels seront les montants qui seront retenus par le gouvernement ? Nous croyons que les jours à venir, nous aurons une solution précise et le contenu du montant exact alloué à chaque grade », a-t-il souhaité.

Sur la question du bilan des luttes syndicales, Kouakou Bakary a reconnu que les enseignants ont obtenu des avancées notables grâce au dialogue social. Il a notamment évoqué les acquis issus des discussions avec les autorités, ainsi que l'abandon de certaines mesures de mutation qui concernaient des enseignants à la suite des mouvements de grève.

Pour lui, ces résultats démontrent l'importance du dialogue dans la recherche de solutions aux revendications professionnelles.

« L’enseignant aujourd’hui n’est pas satisfait à 100 %. Nous avons obtenu des avancées notables à travers le dialogue social.  Au niveau de l’Éducation nationale, les gens qui avaient été mutés au fait de grève, cette poursuite-là a été abandonnée. Donc, nous disons qu’il y a des avancées notables », a-t-il indiqué.

Toutefois, le secrétaire général national de la CEPP-CI a prévenu que le dialogue doit être sincère et déboucher sur des résultats concrets pour éviter de nouvelles tensions.

« Quand le dialogue est franc, on peut sortir sans lutte engagée. Mais quand le dialogue est teinté seulement de promesses, quelquefois, on est obligé d'arriver à la présentation ou au dépôt d'un mémorandum de grève », a-t-il averti.

Il a enfin exprimé l'espoir de voir les discussions engagées avec le gouvernement se poursuivre dans les prochains jours et aboutir à des réponses précises aux attentes des enseignants de Côte d'Ivoire, tout en réaffirmant que la prime demeure la priorité absolue de la coordination.

Bouazo Édith Rolande épouse Tetehi investie présidente des Amazones de la CEPP-CI

L'autre temps fort de cette rentrée syndicale a été l'investiture officielle de Bouazo Édith Rolande épouse Tetehi à la tête des Amazones de la Coordination des enseignants du primaire public de Côte d’Ivoire.

Cette investiture marque une nouvelle étape dans l'organisation de la composante féminine de la coordination. Elle traduit également la volonté de renforcer la participation des femmes enseignantes aux activités syndicales et à la défense des intérêts de leurs collègues.

À cette occasion, notre équipe de reportage de LESCOLAIRE & INFODIRECTE.NET a recueilli les premières déclarations de la nouvelle présidente des Amazones.

Exprimant sa reconnaissance aux responsables de la coordination pour la confiance placée en sa personne, Bouazo Édith Rolande épouse Tetehi a souligné la portée de cette responsabilité et son engagement à travailler avec l'ensemble des femmes enseignantes.

« Je voudrais exprimer ma profonde gratitude aux responsables de la CEPP-CI pour la confiance placée en ma personne en me confiant la présidence des Amazones. Cette investiture représente pour moi une grande responsabilité et un engagement supplémentaire au service de mes collègues enseignantes. Je prends cet engagement avec détermination et humilité », a-t-elle déclaré.

La nouvelle présidente entend inscrire son mandat dans une dynamique de solidarité, de cohésion et de mobilisation.

« Avec les Amazones, nous allons travailler dans un esprit de solidarité, de cohésion, de fraternité et de mobilisation afin de contribuer au rayonnement de notre coordination syndicale. Nous devons également unir nos forces pour défendre les intérêts des enseignants et participer activement à la construction d’une école ivoirienne de qualité. Je lance donc un appel à toutes les femmes enseignantes à se mobiliser et à accompagner cette nouvelle dynamique », a-t-elle lancé.

Cette investiture vient ainsi donner une place particulière au leadership féminin dans la vie de la CEPP-CI, avec l'ambition de faire des Amazones une composante active de la mobilisation syndicale.

La qualité de l'école au cœur des réflexions

Au-delà des revendications professionnelles, cette rentrée syndicale a également été l'occasion de mettre en lumière les défis liés à la qualité de l'éducation en Côte d'Ivoire.

À travers le thème « L’enseignant face au défi d’une école de qualité : quelles alternatives ? », la CEPP-CI a voulu attirer l'attention sur la place centrale de l'enseignant dans la réussite du système éducatif.

En effet, la construction d'une école performante ne repose pas uniquement sur les infrastructures scolaires, les programmes pédagogiques ou les équipements. Elle nécessite également une meilleure valorisation du métier d'enseignant, des conditions de travail adaptées, un accompagnement professionnel permanent et une reconnaissance des efforts consentis par les acteurs de l'éducation.

Dans cette perspective, les revendications syndicales et les réflexions pédagogiques apparaissent comme deux dimensions complémentaires de la recherche d'une école ivoirienne de qualité.

La CEPP-CI ouvre une nouvelle année syndicale sous le signe de la mobilisation

À travers cette rentrée syndicale 2026-2027, la Coordination des enseignants du primaire public de Côte d'Ivoire entend poursuivre ses activités autour du dialogue social, de la défense des droits des enseignants et de l'amélioration des conditions d'exercice de leur métier.

Les déclarations de Kouakou Bakary mettent particulièrement en évidence les attentes de la corporation concernant la prime, dont les modalités et les montants restent, selon lui, au centre des préoccupations syndicales.

De son côté, l'investiture de Bouazo Édith Rolande épouse Tetehi ouvre une nouvelle dynamique pour les Amazones, appelées à jouer un rôle actif dans la mobilisation et la cohésion des femmes enseignantes.

Le choix d'Ouragahio pour abriter cette activité témoigne également de l'importance accordée aux localités de l'intérieur du pays dans l'animation de la vie syndicale et les réflexions sur l'avenir de l'école ivoirienne.

Au terme de cette rencontre, un message essentiel se dégage : la construction d'une école de qualité passe aussi par la valorisation de ses enseignants, la reconnaissance de leurs efforts et la prise en compte effective de leurs préoccupations professionnelles.

À Ouragahio, la CEPP-CI a ainsi donné le coup d'envoi de son année syndicale 2026-2027 entre bilan, revendications et renouvellement du leadership féminin.

 

DJACK ZOLA