Filière café-cacao : Le SYNAP-CI mobilise plus de 10 000 producteurs derrière Koné Moussa à Daloa
Filière café-cacao : Le SYNAP-CI mobilise plus de 10 000 producteurs derrière Koné Moussa à Daloa
Le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAP-CI) a démontré sa capacité de mobilisation. Le samedi 17 octobre 2026, plus de 10 000 producteurs de café-cacao, venus de plusieurs régions du pays, se sont retrouvés à Daloa pour exprimer leur soutien à leur président, Koné Moussa, convoqué à la brigade de recherches trois jours plus tôt. Cette mobilisation intervient dans un climat de tensions marqué par les revendications des acteurs de la filière.
Une mobilisation pour réaffirmer le poids du SYNAP-CI
Le SYNAP-CI entend réaffirmer sa place dans la défense des intérêts des producteurs de café et de cacao. La forte affluence enregistrée à Daloa témoigne, selon ses responsables, de la détermination des membres du syndicat à rester unis autour de leur président et de leurs revendications.
Venus de différentes régions productrices de Côte d’Ivoire, les participants ont répondu massivement à cet appel à la solidarité. À travers ce rassemblement, ils ont tenu à manifester leur soutien à Koné Moussa, récemment convoqué à la brigade de recherches, tout en réaffirmant leur attachement à leur organisation syndicale.
Touché par l’ampleur de la mobilisation, le président du SYNAP-CI n’a pas caché son émotion.
« Je ressens un sentiment de fierté, d’encouragement et d’honneur. Je ne m’attendais pas à une telle mobilisation », a-t-il confié. Il a précisé que l’initiative de cette rencontre avait été prise seulement quelques jours auparavant.
Le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao au centre des revendications
Au-delà du soutien exprimé à son président, le rassemblement a permis au SYNAP-CI de réitérer ses principales exigences. Parmi elles figure la démission du directeur général du Conseil du Café-Cacao, auquel Koné Moussa reproche notamment son manque d’accessibilité et l’absence de réponses satisfaisantes aux préoccupations des producteurs.
Le responsable syndical a également dénoncé le recours aux forces de l’ordre pour gérer les mouvements de contestation. À ses yeux, le dialogue doit rester le principal moyen de résoudre les difficultés qui affectent la filière.
Sur la question de la rémunération, le SYNAP-CI appelle le gouvernement à garantir aux producteurs les 60 % du prix CAF annoncés. L’organisation réclame également le règlement du problème des stocks de cacao encore détenus par des coopératives et des producteurs, ainsi qu’une revalorisation du prix du kilogramme.
Le syndicat plaide, par ailleurs, pour la nomination rapide d’un nouveau directeur général du Conseil du Café-Cacao. Il propose ensuite la tenue d’un séminaire réunissant l’ensemble des parties prenantes afin d’identifier les difficultés du secteur et de définir des solutions durables.
Pour Koné Moussa, l’action syndicale ne doit pas se limiter à la dénonciation. « Être un syndicat ne consiste pas seulement à critiquer. Il faut aussi proposer », a-t-il affirmé, assurant que son organisation disposait de propositions concrètes pour améliorer les conditions de vie et de travail des producteurs.
Koné Moussa maintient la pression
Évoquant sa récente convocation à la brigade de recherches, le président du SYNAP-CI a rejeté toute interprétation de son retour comme une victoire personnelle. Il estime que cet épisode soulève une question plus large sur la manière dont les revendications des producteurs sont prises en compte.
« C’est une honte qu’un producteur soit convoqué à la brigade de recherches. C’est une honte pour toute la nation », a-t-il déclaré.
Malgré cet épisode, Koné Moussa a réaffirmé la détermination de son organisation à poursuivre la lutte jusqu’à l’obtention de réponses favorables à ses revendications. Il a exhorté les producteurs à maintenir leur mobilisation et à poursuivre la grève jusqu’à nouvel ordre.
Trois exigences majeures demeurent ainsi au cœur du mouvement : le départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao, le déblocage des stocks de cacao encore détenus par certains producteurs et certaines coopératives, ainsi que l’augmentation du prix du kilogramme.
Les autorités attendues sur des réponses concrètes
La mobilisation de Daloa apparaît comme un signal fort envoyé par le SYNAP-CI aux autorités et aux responsables de la filière. En réunissant des milliers de producteurs issus de plusieurs régions, le syndicat entend démontrer qu’il conserve une capacité de mobilisation importante et qu’il compte maintenir la pression pour faire aboutir ses revendications.
L’enjeu reste désormais de savoir quelles mesures seront prises pour répondre aux préoccupations exprimées. Entre les difficultés d’écoulement des stocks, les attentes relatives au prix du cacao et les demandes de changement à la tête du Conseil du Café-Cacao, les prochains développements seront déterminants pour l’évolution du mouvement et l’apaisement des tensions au sein de la filière
Tony Péhé

