Sport & Santé / Marche, fitness, jogging, musculation : Ces erreurs ordinaires qui transforment le sport en danger en Côte d’Ivoire

Sport & Santé / Marche, fitness, jogging, musculation : Ces erreurs ordinaires qui transforment le sport en danger en Côte d’Ivoire

12/10/2026 - 09:09
Sport & Santé / Marche, fitness, jogging, musculation : Ces erreurs ordinaires qui transforment le sport en danger en Côte d’Ivoire
Sport & Santé / Marche, fitness, jogging, musculation : Ces erreurs ordinaires qui transforment le sport en danger en Côte d’Ivoire

Marcher, danser, s’entraîner en salle : l’activité physique est l’un des piliers de la santé publique. Mais mal dosée, mal préparée ou mal encadrée, elle peut provoquer des blessures lourdes, voire des drames cardiaques. Médecins, kinésithérapeutes, coachs, nutritionnistes, psychologues et sociologue expliquent à quel moment l’effort bascule, et comment s’en protéger.

Le jogging et les autres activités physiques contribuent au bien-être, à condition d’adapter l’effort à ses capacités et à son état de santé. (Image générée par l’I.A)

« Il y a trois ans, mon médecin m’a conseillé la marche, car j’étais en surpoids. J’ai donc entrepris une activité physique pour perdre du poids.

Un soir, vers 18 heures, je marchais autour du stade de l’INJS, sans courir, lorsque j’ai entendu un craquement. Je me suis retrouvée au sol… », témoigne Z.A., une sexagénaire qui a souhaité garder l’anonymat (et donner son accord pour décrire son état) et que cet incident bouleverse encore aujourd’hui. À l’hôpital, le diagnostic tombe : rupture du tendon d’Achille.

Elle ne faisait pourtant que marcher. Depuis, elle a renoncé à cet exercice. Même modérée, une activité comme la marche n’est donc pas totalement dépourvue de risques : une rupture du tendon d’Achille peut survenir sans effort intense ni course.

Même son de cloche pour Y.T., mère de famille du quartier Saint-Jean, à Cocody. Sur les conseils de son médecin, elle pratiquait régulièrement une activité physique en salle. Jusqu’à une séance qui a changé son regard sur le sport.

« J’étais en train de danser lorsque j’ai entendu un craquement, suivi d’une douleur vive dans la poitrine. Je me suis écroulée », relate-t-elle, encore émue, en présentant une volumineuse protubérance au niveau de la clavicule droite.

(Elle a également donné son accord pour décrire son état). Chez cette femme, la déformation est particulièrement visible : une saillie apparaît à la base du cou, entre le sternum et la clavicule. Elle ne peut plus porter certains vêtements décolletés. « Vous voyez ? C’est vraiment désagréable et peu esthétique.

Et vous savez, chez une femme, l’esthétique peut avoir beaucoup d’importance », murmure-t-elle, l’air dépité, en passant les doigts sur la bosse. Évacuée aux urgences, elle a reçu le diagnostic de luxation sterno-claviculaire.

Ces deux histoires rappellent une réalité souvent oubliée : si l’activité physique est indispensable à une bonne santé, elle n’est pas pour autant sans risque, même lorsqu’elle est recommandée par un médecin. Sans encadrement ni précautions adaptées, le sport peut provoquer des blessures aux conséquences parfois lourdes et irréversibles.

Ses bénéfices sont pourtant largement reconnus : prévention des maladies, amélioration de la condition physique, lutte contre la sédentarité. Mais l’effort excessif, la reprise brutale, la mauvaise technique, l’absence d’encadrement ou une pratique inadaptée peuvent la transformer en facteur de risque.

En Côte d’Ivoire, les salles de fitness, les séances de jogging, de marche sportive, de musculation ou d’entraînement collectif se multiplient depuis quelques années, tout comme les contenus sportifs diffusés sur les réseaux sociaux.

La pratique se démocratise : de plus en plus de personnes se mettent au sport, parfois sans préparation ni accompagnement. Vouloir obtenir des résultats rapides, reproduire des exercices vus sur Internet, dépasser ses capacités, négliger la douleur, s’entraîner sans connaître son état de santé, consommer des produits ou des compléments sans avis professionnel : autant de comportements qui favorisent les accidents.

Dès lors, à partir de quand l’activité physique ou sportive, censée protéger la santé, devient-elle une menace pour le pratiquant ? Qui sont les personnes les plus exposées ? Quels sont les accidents les plus fréquents, et quelles pratiques sont en cause ? Les salles et les encadreurs sont-ils suffisamment préparés ? Surtout, comment prévenir ces risques ?

Des causes aux conséquences, puis aux solutions, ce dossier explore les dangers d’une pratique physique et sportive mal adaptée, et les moyens de la pratiquer en toute sécurité.

 

Surmenage, reprise brutale, corps idéalisé : pourquoi l’effort devient dangereux

Dans une salle de fitness, l’équipement exige une maîtrise des exercices et une surveillance attentive. (Photo DR).

Médecins, préparateurs physiques, nutritionnistes ou psychologues décrivent des mécanismes qui se recoupent. Le danger tient moins au sport lui-même qu’à la manière de le pratiquer.

Les médecins : un organisme poussé au-delà de ses limites. Le Dr N’zué Kouakou Basile, médecin du sport et spécialiste de la pathologie rachidienne, identifie plusieurs facteurs. Le premier est le dépassement des limites physiques, par l’excès, la répétition, la durée ou l’intensité de l’effort. Vient ensuite le surentraînement, qui résulte d’une mauvaise gestion de l’intensité et de la durée. La recherche de performance, indique-t-il, pousse particulièrement les amateurs à adopter des comportements à risque. Il cite aussi le manque d’individualisation, c’est-à-dire la même activité, à la même intensité, imposée à des personnes d’âge, de poids et d’état de santé différents, ainsi que le manque de récupération, l’absence de repos, le sommeil insuffisant et de mauvaises conditions de pratique. « Tout le monde peut faire de l’activité physique, mais tout le monde ne peut pas faire le même effort ni à la même intensité », martèle-t-il.

 

Pour le cardiologue Dr Ghassani Afif, l’activité physique devient dangereuse lorsque l’intensité de l’effort dépasse les capacités de l’organisme ou lorsqu’elle est pratiquée sans tenir compte de l’état de santé de la personne. Le spécialiste cardio-vasculaire pointe l’effort brutal d’un sédentaire, la maladie cardiaque silencieuse, l’ignorance des symptômes d’alerte, les entraînements excessifs popularisés sur les réseaux sociaux et le recours au dopage. Autant de facteurs qui peuvent transformer une activité bénéfique en risque cardiovasculaire, musculaire ou articulaire.

Le Dr Koffi Jean Serge, médecin du sport et agent de contrôle antidopage, abonde dans le même sens : le danger apparaît lorsque la recherche de performance entraîne une surcharge cardiovasculaire, un développement musculaire disproportionné ou le recours à des substances dopantes. L’absence de suivi médical régulier, ajoute ce spécialiste - qui a travaillé avec le professeur Constant Roux sur les questions de dopage depuis plus de quinze ans - laisse en plus certaines pathologies se développer sans être détectées.

Kiné et coachs : quand l’encadrement fait défaut. Assémian Brice, kinésithérapeute du sport titulaire du certificat d’études complémentaires en kinésithérapie du sport (SFMKS), estime que la pratique devient dangereuse lorsque l’organisme est mal préparé, que l’effort est mal encadré ou que la récupération et les soins sont négligés. Échauffement insuffisant, mauvaise hygiène de vie, entraînement non professionnel, technique défaillante, poursuite de l’effort malgré la douleur : autant de facteurs de blessure. Président de la Société ivoirienne des kinésithérapeutes du sport (SIKS) et en poste au Centre national de médecine du sport de l’INJS, à Abidjan-Marcory, il alerte aussi sur les reprises brutales après plusieurs années d’inactivité. Un bilan de santé, puis une reprise progressive sous supervision professionnelle, sont selon lui nécessaires pour limiter les risques, y compris celui de complications graves.

Pour le coach Koné Cheick Aboubacar Sidick Junior, préparateur physique des sélections nationales U17, U20 et U23, éducateur sportif et directeur général de la salle FIIT Training et Performances, les mauvaises postures, la mauvaise exécution des exercices et la quête de résultats trop rapides figurent parmi les principales erreurs.

« Chez nous, nous parlons de dépassement de soi. Tant que le pratiquant n’est pas en danger, il est possible de repousser progressivement ses limites.

Mais il faut toujours faire attention : le dépassement de soi doit se faire progressivement. On peut augmenter légèrement l’intensité, observer la réaction du pratiquant et, en fonction de cette réaction, poursuivre ou ralentir.

On peut toujours chercher à repousser ses limites, mais le plus important reste le bien-être du client ou de l’athlète. Il ne faut jamais l’oublier », insiste-t-il.

Bhaly Sosthène, coach fitness à la salle 100 % Fitness, à l’Université de Cocody, affirme que les risques diminuent grâce à une bonne évaluation de l’état de santé et de la condition physique du pratiquant, à un encadrement professionnel et à une utilisation correcte des équipements.

À l’inverse, une mauvaise exécution des exercices, un usage inapproprié des charges, un manque de surveillance ou une prise en charge tardive d’un malaise favorisent accidents et blessures.

Son confrère Gnahoré Dahi Franck Samson, qui exerce à la salle ‘’Gym Le Ziguéhi’’ à Yopougon, estime que l’activité physique devient dangereuse lorsque le pratiquant maîtrise mal les exercices ou les équipements, et lorsque les dispositifs de prévention et de prise en charge des incidents restent insuffisamment formalisés.

Dans la salle où il exerce, aucun certificat médical n’est exigé à l’inscription, aucune trousse de secours n’est disponible et les accidents ne sont pas enregistrés. 

Pour le Dr Koffi Diallo, boire avant d’avoir soif et manger local protègent le sportif

Le nutritionniste : manger, boire, récupérer. Pour le Dr Koffi Diallo, enseignant-chercheur à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS), où il dispense notamment des cours de nutrition du sportif et des personnes âgées, l’activité physique devient potentiellement dangereuse lorsque l’effort n’est plus accompagné des conditions nécessaires à son bon déroulement : une alimentation suffisante et équilibrée, une hydratation adaptée, une récupération adéquate et un usage raisonné des produits destinés aux sportifs. Lorsque le sportif mange trop peu, souligne-t-il, l’organisme ne dispose plus de suffisamment d’énergie pour fonctionner correctement.

« Le sportif qui consomme un produit dont il ne connaît ni l’origine ni la composition prend un risque supplémentaire pour sa santé », avertit ce maître-assistant, membre du programme thématique de recherche sur la nutrition et la sécurité alimentaire.

Pour Dadié Kassi Giles Armand, la culture du « plus tu souffres, plus tu progresses » pousse à ignorer la douleur.

Psychologues et sociologue : la tyrannie du corps parfait. Pour les psychologues, l’activité physique devient dangereuse lorsque l’objectif de santé cède la place à une quête obsessionnelle de performance, d’esthétique ou de reconnaissance, qui pousse le pratiquant à ignorer les limites de son corps. Dadié Kassi Giles Armand, psychologue et haltérophile, précise que le danger surgit quand la recherche d’esthétique et de performance fait perdre la capacité d’écouter son corps et d’adapter son entraînement. Obsédé par ses défauts physiques, le pratiquant juge que ses progrès ne sont jamais suffisants. « La culture du “plus tu souffres, plus tu progresses” pousse certains à ignorer les douleurs et à continuer malgré les blessures. En musculation, les vrais résultats prennent du temps. Et un bon “gbachisseur” doit justement apprendre à ses pratiquants à accepter ce temps-là », argue-t-il.

Le Dr Edoua Kassi Edoua Samuel, psychologue praticien, chercheur et formateur, soutient que le danger peut venir de la perception qu’a le pratiquant de son propre corps et de la volonté d’atteindre un modèle physique idéalisé.

La quête du corps parfait, le besoin de se comparer ou de se dépasser peuvent ainsi conduire à repousser dangereusement ses limites. Boungouendji Seventh, psychologue clinicien à Libreville, au Gabon, fait pour sa part remonter l’origine du danger à une mauvaise image de soi, construite parfois à la suite de frustrations, de stigmatisations ou d’angoisses.

La sociologue et enseignante-chercheuse en sociologie du développement à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) d’Abidjan, Dr Tano Ella complète ces analyses : l’activité physique devient potentiellement dangereuse lorsque la recherche de santé et de bien-être est supplantée par la quête de reconnaissance, la pression esthétique, la comparaison sociale et l’aspiration à des transformations rapides.

S’y ajoutent la banalisation de pratiques d’entraînement insuffisamment fondées scientifiquement et le manque d’encadrement qualifié.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne dit pas autre chose : le danger ne vient pas nécessairement du sport lui-même, mais d’un effort mal dosé, d’une mauvaise préparation, d’un défaut d’encadrement, d’une pathologie méconnue ou d’une recherche excessive de performance ou de transformation corporelle.

Pour le coach Koné, tout commence par une évaluation physique avant le programme.

Quand le corps dit stop : blessures, malaises et urgences

 

 

Mal dosé, mal préparé ou mal encadré, l’effort physique cesse d’être un allié. Les spécialistes décrivent un éventail de conséquences, des plus bénignes aux plus graves.

Le cœur, premier suspect. Selon le cardiologue Dr Ghassani Afif, le sport ne devient pas dangereux en lui-même : il se transforme en problème de santé lorsque l’intensité de l’effort dépasse les capacités de l’organisme, que l’exercice est brutal ou mal préparé, ou qu’une maladie jusque-là silencieuse est révélée par l’effort. Certaines maladies cardiaques, précise-t-il, ne provoquent aucun symptôme au repos et ne se manifestent qu’à l’occasion d’un effort. D’où sa recommandation d’une évaluation et d’un suivi médicaux avant toute pratique intense. Douleur thoracique, essoufflement inhabituel, vertiges, palpitations : ces signaux doivent conduire à arrêter ou à réduire l’effort, et à demander un avis médical (voir l’encadré ci-dessous).

 

Surentraînement : l’insomnie, première alerte. Le Dr N’zué Basile détaille, lui, les conséquences du surentraînement, de l’épuisement physique, d’une mauvaise progression et d’une reprise trop brutale. Parmi les symptômes du surentraînement, il retient un signe d’alerte particulier : les troubles du sommeil. « Lorsqu’un athlète ou un sportif commence à souffrir d’insomnies, cela doit attirer l’attention. Pour un entraîneur ou un médecin du sport averti, l’apparition de ce signe chez un ou plusieurs sportifs doit constituer un véritable signal d’alarme. Il faut alors réagir rapidement, car d’autres symptômes peuvent progressivement apparaître et conduire à des lésions plus importantes », conseille-t-il.

 

Blessures : de l’entorse à la rupture tendineuse. Pour le kinésithérapeute Assémian Brice, entorses, tendinites, déchirures musculaires et ruptures tendineuses surviennent lorsque les règles élémentaires de préparation, d’entraînement, de récupération et de prise en charge ne sont pas respectées. Le danger s’accroît quand le sportif poursuit l’activité malgré la douleur ou néglige les soins : une blessure aiguë peut alors devenir chronique. « Le problème n’est donc pas le sport en lui-même, mais la manière dont il est pratiqué, préparé, récupéré et encadré », résume-t-il.

 

Le SAMU en première ligne. Du côté des urgentistes du SAMU, les accidents recensés vont des malaises en salle de fitness aux interventions sur les terrains de sport, des traumatismes aux arrêts cardiaques éventuels. S’y ajoute l’incapacité de certains lieux sportifs à gérer une urgence. « Nous recevons effectivement des alertes pour des malaises survenant pendant la pratique sportive. Ces interventions peuvent concerner différents types de situations d’urgence, notamment des comas traumatiques, des bousculades de masse, des blessures graves, des accidents de jeu, des arrêts cardiaques ou encore des cas de noyade », note le Dr Sella Brice Anicet, médecin urgentiste au SAMU.

 

Dans l’assiette et dans la gourde : la performance qui épuise. À force de vouloir performer, certains sportifs mettent leur organisme à rude épreuve, prévient le nutritionniste Dr Koffi Diallo. Sauter des repas, supprimer certains aliments, jeûner pour maigrir vite ou boire insuffisamment provoque fatigue, baisse des performances, hypoglycémie, vertiges, malaises, déshydratation et blessures.

À moyen terme s’ajoutent la perte de masse musculaire, l’affaiblissement de l’immunité et une récupération plus lente. Dans les cas graves, on observe des troubles hormonaux, l’arrêt des règles chez les femmes, la fragilisation des os et, chez les adolescents, des troubles de la croissance. Sous la chaleur et l’humidité ivoiriennes, ces pratiques aggravent les risques.

L’usage abusif de boissons énergisantes, de compléments alimentaires ou de produits à la composition incertaine peut en outre affecter le cœur, le foie ou les reins. Derrière la quête du corps parfait ou de la performance se cache parfois un danger : sacrifier la santé au nom du résultat.

Le nutritionniste résume cette dérive en une formule claire : « Quand la performance passe avant la santé, c’est la santé qui finit par stopper la performance. »

 

Faire du sport sans se mettre en danger : le mode d’emploi des spécialistes

 

 

Pour le Dr N’zué Basile, l’insomnie est le premier signal d’alarme du surentraînement.

Bilan médical, progressivité, encadrement, hydratation, écoute du corps : les conseils des spécialistes interrogés se recoupent largement. Les voici, expert par expert.

Le médecin du sport : bilan, progression, repos. Le Dr N’zué Kouakou Basile structure ses recommandations autour de plusieurs principes.

Faire un bilan médical avant de commencer ou de reprendre. Après une longue période d’inactivité, il recommande de consulter un médecin du sport afin d’évaluer l’état de santé et les capacités physiques. Selon les cas, cette évaluation peut comprendre un électrocardiogramme (ECG), un bilan sanguin, un test de marche de six minutes ou un test d’effort.

Reprendre progressivement. La reprise ne doit pas être brutale : l’intensité et la durée des séances doivent être adaptées aux capacités de chacun, puis augmentées par paliers. Le médecin conseille de débuter par des séances de 30 à 45 minutes avant de les allonger. Surtout, l’intensité et la durée ne doivent pas être augmentées simultanément : une progression mal maîtrisée favorise le surentraînement et les lésions, notamment osseuses et tendineuses.

Adapter l’effort à chacun. Il invite les responsables de salle à tenir compte de l’âge, du poids et des capacités de chaque pratiquant, car il n’existe pas d’activité identique pour tout le monde. « Chez les personnes âgées, la marche ou le vélo peuvent être privilégiés. Pour certains enfants en surpoids ou obèses, la natation ou le vélo peuvent être plus adaptés que la course, afin de limiter les contraintes sur les genoux et les pieds », affirme-t-il. Chez les personnes hypertendues, diabétiques ou obèses, l’activité physique peut être bénéfique, mais elle doit être précisément dosée : « Il faut déterminer le type d’activité, son intensité, sa fréquence et sa durée, puis augmenter progressivement la charge de travail », prescrit-il.

Se fixer un objectif et planifier. Chez les amateurs, la volonté d’imiter les performances de sportifs plus expérimentés conduit à des comportements dangereux. « La précipitation est l’une des erreurs fréquentes chez les amateurs. Avant de commencer, il faut définir son objectif, planifier son activité, réaliser si nécessaire un bilan médical et, idéalement, bénéficier de l’accompagnement d’un coach pour établir une programmation adaptée », prévient-il.

Accorder une vraie place à la récupération. Le repos fait partie intégrante de l’entraînement. « La récupération fait partie de ce que les professionnels appellent “l’entraînement invisible’’. Pour être performant, un sportif doit savoir se gérer en dehors du terrain : respecter ses heures de sommeil et surveiller son alimentation ainsi que son hydratation. La récupération est une phase essentielle pour obtenir de bonnes performances et prévenir les maladies liées au surentraînement », souligne-t-il. Dr N’zué Basile invite également à rester attentif aux signaux d’alerte de l’organisme, au premier rang desquels l’insomnie.

S’adapter au climat. En période de forte chaleur, le médecin conseille de pratiquer tôt le matin ou tard le soir, d’éviter les heures les plus chaudes et de veiller à une bonne hydratation. Il souligne aussi l’importance de compenser les pertes en électrolytes, la déshydratation pouvant affecter les muscles, mais aussi le cerveau.

Le cardiologue : un contrôle avant, des limites pendant la pratique. Pour le cardiologue Ghassani Afif, la première précaution est de faire un bilan médical avant de commencer. Avant une activité intense (sport de compétition, inscription en salle de sport), une évaluation s’impose : selon la situation, un électrocardiogramme (ECG) ou une échographie cardiaque. « Quiconque envisage un entraînement régulier et intense doit bénéficier au minimum d’un contrôle et d’un suivi médical avant de débuter », martèle-t-il.

Il recommande de privilégier des entraînements progressifs et réguliers avant de passer à des activités plus intenses, et d’éviter l’effort brutal quand on est sédentaire. « On ne passe pas du canapé au CrossFit », insiste-t-il. Un bon échauffement et une préparation sérieuse limitent les claquages, déchirures, entorses, lésions des tendons et contractures. Il invite aussi à savoir reconnaître les signaux d’alerte et à se repérer grâce à la fréquence cardiaque maximale, estimée par la formule courante « 220 moins l’âge » : environ 180 battements par minute pour une personne de 40 ans.

Le cardiologue appelle enfin à se méfier des modèles des réseaux sociaux : les entraînements très intenses ne conviennent pas à tout le monde et exposent une personne non préparée à des risques cardiaques, vasculaires et musculaires. « Il faut éviter les produits dopants associés à la recherche de performance : ils peuvent être extrêmement dangereux pour le cœur et les vaisseaux sanguins », avertit-il, plaidant pour une pratique adaptée et une bonne hygiène de vie.

Le kinésithérapeute : se préparer, se faire encadrer. Toute personne qui reprend le sport après plusieurs années doit d’abord faire un bilan de santé, soutient Assémian Brice, afin d’écarter les risques vitaux, notamment l’arrêt cardiaque. Il conseille aussi à ses patients de se faire encadrer par un professionnel, de reprendre progressivement plutôt que brutalement et de bien préparer leur corps à l’effort : les blessures surviennent souvent parce que les athlètes ou les pratiquants ne le font pas suffisamment. L’athlète doit systématiquement s’échauffer, soigner sa technique, ne jamais continuer malgré une douleur, soigner sa récupération et son hygiène de vie, et connaître les risques propres à sa pratique. « Dans un sport de contact comme le football, les traumatismes sont inévitables : raison de plus pour bien se préparer », conseille-t-il.

 

Le préparateur physique : tester avant de s’entraîner. Pour le coach Koné Cheick Aboubacar Sidick Junior, tout commence par une évaluation physique : un test qui identifie les déficits (équilibre, posture, force du haut et du bas du corps, sangle abdominale). À partir de ces résultats, on construit un programme adapté à un objectif réaliste et atteignable.

« Pour la perte de poids, on vérifie d’abord que la personne est apte aux exercices prévus et ce qu’elle est capable de faire, plutôt que de viser le poids seul », explique-t-il.

Le pratiquant, qu’il soit amateur, athlète ou client, doit de son côté faire connaître ses antécédents médicaux, afin de s’exercer dans de bonnes conditions et de ne pas aggraver un problème existant.

Il doit suivre le programme personnalisé qui découle des tests, de ses objectifs et du nombre de séances prévues, et rester à l’écoute des signaux qui imposent de ralentir, tels qu’un essoufflement trop important ou une dégradation de la qualité des mouvements. Dans ces deux cas, il faut réduire l’intensité. 

« Le coach surveille le comportement, la respiration et les mouvements du pratiquant tout au long de la séance », affirme-t-il. Se dépasser, mais progressivement, éviter les erreurs fréquentes, s’entraîner avec un encadrant formé au secourisme : tels sont ses principaux conseils. « Un encadrant doit donc avoir une vraie formation (école spécialisée, formation à l’étranger) et actualiser ses connaissances : la passion ne suffit pas », martèle-t-il.

Pour Sosthène Bhaly, la rapidité de la prise en charge d’un malaise est décisive.

Les gérants de salle : ce qu’ils préconisent. Responsable de la salle 100 % Fitness, Bhaly Sosthène propose un bilan de santé à l’inscription (vérification des antécédents médicaux), une évaluation de la condition physique, des coachs formés et certifiés, un accompagnement pendant les exercices, surtout avec des charges, et une réaction rapide en cas de malaise : trousse de premiers secours disponible et personnel formé aux premiers secours. « La prise en charge s’adapte à la cause, par exemple une hypoglycémie, avec une priorité : intervenir vite », soutient-il.

Son confrère Gnahoré Dahi Franck Samson, de la salle ‘’Gym Le Ziguéhi’’, préconise de suivre étroitement les débutants, de s’en remettre à des coachs diplômés, formés aux premiers secours, et d’orienter vers l’hôpital si nécessaire. Les trois coachs de sa salle (musculation, fitness, arts martiaux, boxe et Taekwondo) sont formés à l’INJS et certifiés, précise-t-il.

Le nutritionniste : manger local, boire avant d’avoir soif. Le Dr Koffi Diallo conseille une alimentation équilibrée, variée, régulière et locale : des glucides (igname, riz, banane, manioc, maïs, miel), carburant du muscle à l’effort ; des protéines (poisson, œufs, niébé, haricot, arachide), qui réparent et construisent les muscles ; des fruits et légumes pour les vitamines et les minéraux ; des matières grasses en quantité raisonnable.

Il recommande aussi de bien placer ses repas : éviter un repas lourd juste avant l’effort et manger deux à trois heures avant. « Si l’activité a lieu tôt le matin, prévoir une collation pour avoir des réserves. Ne pas faire de sport sans avoir mangé : c’est difficile et dangereux », conseille-t-il. Il met en garde contre le fait de manger trop peu, dont les effets sont décrits plus haut. « Les personnes les plus exposées sont les adolescents, les jeunes filles, les pratiquants de sports de combat et de sports à catégories de poids », insiste-t-il.

Sous un climat chaud et humide, il met l’accent sur l’anticipation de l’hydratation : boire avant, pendant et après l’effort, sans attendre d’avoir soif, par petites gorgées régulières pendant la séance ; se peser avant et après pour mesurer les pertes d’eau ; surveiller la couleur des urines (plus elles sont foncées, plus le manque d’eau est probable) ; s’entraîner aux heures fraîches, tôt le matin par exemple. L’eau doit être privilégiée, et les boissons énergisantes évitées. « Pour une séance ordinaire, l’eau reste la boisson de référence. Les boissons de l’effort ou boissons énergétiques (eau, glucides simples, sels minéraux) sont réservées à certains efforts. Les boissons énergisantes (caféine, etc.) ne sont pas des boissons de l’effort : risques de palpitations, hypertension, troubles du sommeil, anxiété, surtout mélangées à l’alcool », argue-t-il.

Quant aux compléments alimentaires, ils ne remplacent ni une alimentation équilibrée, ni le sommeil, ni un entraînement bien conduit. Enfin, mieux vaut perdre du poids progressivement, sans raccourcis : le nutritionniste déconseille les régimes extrêmes, les jeûnes prolongés, les « thés minceur » et pilules non contrôlés, ainsi que la transpiration forcée (combinaisons plastiques, sauna).

Pour la sociologue Tano Ella, pressions esthétiques et comparaison sociale éloignent le sport de la santé.

La sociologue : se méfier des modèles de corps parfait. Les pistes de la sociologue Dr Tano Ella relèvent moins de consignes d’entraînement que de la prévention : garder la santé et le bien-être comme objectif. L’activité physique devient dangereuse, explique-t-elle, quand elle cesse d’être une pratique de santé pour répondre à des pressions sociales, esthétiques, économiques et culturelles. Elle encourage à prendre du recul face aux modèles corporels d’Internet, car ces physiques idéalisés, présentés comme des standards, créent des complexes et faussent le rapport au corps. « Il faut se méfier des contenus qui poussent à restreindre son alimentation, modifier son entraînement ou utiliser des produits pour atteindre une silhouette valorisée. Il faut se méfier aussi de la logique qui associe corps idéal, produits, cosmétiques et chirurgie esthétique, et qui encourage une transformation permanente », prévient-elle, tout en insistant sur le fait qu’on ne bâtit pas un corps musclé en quelques semaines. Selon elle, les modèles du bodybuilding et certains événements valorisant la force, à l’image du concours ‘’Agbôlô’’, alimentent ce désir.

La sociologue invite aussi à remettre en cause les habitudes transmises : une méthode repose-t-elle sur la science ou seulement sur le « on a toujours fait ainsi » ? D’où son appel à vulgariser la science du sport et à développer la recherche sur l’échauffement et l’étirement, chez les sportifs comme chez les non-sportifs.

Spécialiste antidopage : prévenir les dangers du dopage et de la pratique sportive. Pour Dr Koffi Jean Serge, agent antidopage, la prévention constitue un maillon essentiel de la lutte contre les dérives liées à la recherche de performances sportives. Il recommande aux sportifs de se renseigner sur les produits qu’ils consomment, d’éviter l’automédication et de ne pas se fier aveuglément aux compléments alimentaires vendus en ligne ou promus dans les salles de sport.

Il insiste également sur la nécessité de privilégier la maîtrise technique et une pratique adaptée aux capacités de l’organisme plutôt que la recherche excessive de volume musculaire. À ses yeux, le suivi médical régulier demeure indispensable pour détecter d’éventuelles anomalies, notamment cardiovasculaires, avant qu’elles ne provoquent des complications.

Au-delà de la responsabilité individuelle, l’agent antidopage plaide pour une sensibilisation accrue des sportifs et un renforcement des moyens consacrés aux contrôles. La lutte contre le dopage ne peut, selon son analyse, se limiter à la sanction : elle doit aussi reposer sur l’information, l’éducation et la responsabilisation des pratiquants et de leur encadrement.

 

Dr Ghassani Afif, cardiologue : « Quiconque envisage un entraînement régulier et intense doit bénéficier au minimum d’un contrôle et d’un suivi médical avant de débuter. »

Accidents sportifs : le grand silence des chiffres officiels

 

 

Dans le cadre de ce dossier, nous avons sollicité le Programme national de prévention des maladies non transmissibles (PNPMNT) par un courrier officiel daté du 10 septembre 2026. Faute de réponse, nous avons relancé sa cellule de communication le jeudi 8 octobre. À la date de publication de cet article, nous n’avons obtenu aucune réponse. La consultation des Directives nationales sur la pratique régulière de l’activité physique pour la santé, publiées par le ministère de la Santé via le PNPMNT, n’a pas permis de trouver davantage de statistiques officielles sur les accidents sportifs. Ce document, que nous avons consulté, est l’équivalent ivoirien des recommandations de l’OMS et comporte des volets sur l’encadrement et la sécurité.

Un dispositif ancien, des données anciennes. Pour prévenir les maladies liées à la sédentarité, la Côte d’Ivoire s’est dotée du PNPMNT, créé en 2003 sous le nom de Programme STEPS, avec pour missions le contrôle et la surveillance des facteurs de risque des maladies non transmissibles (MNT). Le ministère en charge de la Santé présente la promotion de l’activité physique comme une intervention majeure contre ces maladies. Il a lancé en 2008 l’Initiative nationale de promotion de la pratique régulière de l’activité physique (INPAP), avec l’objectif de porter à 70 % d’ici fin 2018 la part des 15-64 ans ayant un niveau d’activité physique adéquat.

L’enquête STEPS de 2005 avait révélé que 88,1 % de la population avait un faible niveau d’activité physique. Les estimations de l’OMS pour 2008 situaient la sédentarité à 33,4 % chez les 15 ans et plus, le surpoids à 25,3 % et l’obésité à 6,1 %. Quant au plan stratégique intégré de prévention et de prise en charge des MNT 2015-2019, il indiquait que ces maladies représentaient 31 % de l’ensemble des décès.

Ce que recommandent les directives nationales. Selon les Directives du ministère de la Santé, les personnes âgées de 20 à 40 ans doivent pratiquer au minimum 150 minutes par semaine d’endurance modérée ou 75 minutes d’activité soutenue, avec du renforcement musculaire au moins trois jours par semaine. Le document recommande aussi un bilan médical : avant 40 ans, un examen clinique et un ECG normal suffisent ; à partir de 40 ans, une épreuve d’effort est obligatoire. Dans les deux cas, le bilan est à renouveler chaque année. Les Directives conseillent également de commencer lentement et d’augmenter progressivement afin de réduire le risque de traumatismes musculosquelettiques, et de boire sans attendre la soif, une ou deux gorgées toutes les 15 à 20 minutes pendant l’effort.

 

Du côté de l’OMS : la progressivité avant tout. L’OMS met l’accent sur la progressivité, l’adaptation à chacun et un environnement sûr. Les personnes inactives doivent débuter par de petites quantités d’activité, intégrées à leur quotidien, puis augmenter peu à peu la durée, la fréquence et l’intensité. Selon ses Lignes directrices sur l’activité physique et la sédentarité, celles qui passent progressivement à une activité d’intensité modérée ne courent aucun risque connu d’événement cardiaque soudain et un risque très faible de blessure osseuse, musculaire ou articulaire.

Pour les adultes, l’organisation recommande 150 à 300 minutes par semaine d’activité aérobie modérée, ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue, avec du renforcement musculaire au moins deux jours par semaine. Ces chiffres sont des seuils de bénéfice et non des objectifs à dépasser à tout prix. Son Plan d’action mondial pour l’activité physique 2018-2030 (GAPPA) vise une réduction de 15 % de l’inactivité d’ici 2030. Il repose sur quatre objectifs : des sociétés actives, des environnements actifs, des personnes actives et des systèmes actifs.

Pour le psychologue gabonais, Boungouendji Seventh, frustrations et stigmatisations peuvent pousser à repousser ses limites.

Bouger, oui. Mais pas n’importe comment

 

Aucun des spécialistes interrogés ne remet en cause les bienfaits de l’activité physique. Tous convergent sur un point : le danger ne vient pas du sport, mais de la manière dont on le pratique. Trop vite, trop fort, sans préparation, sans suivi médical, sans encadrement qualifié, et parfois sous la pression d’un corps idéal que les réseaux sociaux érigent en modèle. Les mésaventures de Z.A. et de Y.T. le rappellent : même la marche ou la danse peuvent laisser des séquelles.

Les remèdes, eux, sont connus et à la portée de chacun : un bilan de santé avant de commencer ou de reprendre, une progression par paliers, un échauffement sérieux, une récupération respectée, une alimentation et une hydratation adaptées au climat ivoirien, l’écoute des signaux d’alerte et, si possible, un coach formé, y compris au secourisme.

Reste un angle mort : faute de statistiques officielles sur les accidents sportifs, l’ampleur réelle du phénomène demeure inconnue. Le contraste est aussi frappant entre des Directives nationales qui préconisent un bilan médical annuel et des salles où aucun certificat n’est exigé à l’inscription, où aucune trousse de secours n’est disponible et où les accidents ne sont consignés nulle part. À l’heure où les salles de fitness se multiplient, la sécurité du pratiquant ne peut reposer sur sa seule vigilance. Des mesures simples, évoquées par les professionnels eux-mêmes (bilan de santé à l’inscription, coachs certifiés, trousse de secours, personnel formé aux premiers secours), gagneraient à être généralisées. Un registre des incidents permettrait, enfin, de mesurer ce que personne ne compte encore.

Se mettre au sport est une excellente décision. Encore faut-il s’y mettre en sécurité.

 

Patrick KROU

 

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En pratique : 8 réflexes pour faire du sport sans se mettre en danger

P.K

 

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Malaise en salle de sport : les bons réflexes qui sauvent

 

 

Un pratiquant s’effondre en pleine séance. Que faire si l’on n’est pas du corps médical ? D’après Dr Sella Brice Anicet, médecin urgentiste au SAMU, les malaises sont de types très variés, mais le premier geste reste le même : s’approcher et vérifier si la personne respire.

 

1. Elle respire mais ne réagit pas
Placez-la en position latérale de sécurité (PLS). Cette manœuvre s’apprend : une formation est nécessaire pour la maîtriser. Appelez ensuite les secours : le 185 pour les sapeurs-pompiers militaires ou le SAMU (Tel : 27 22 44 53 53)

 

2. Elle ne respire pas, son cœur ne bat pas
Commencez immédiatement le massage cardiaque. C’est une technique précise, qu’il faut savoir pratiquer. Là encore, la formation fait la différence.

 

3. Petit malaise : elle parle et répond
La personne s’est affaissée mais reste consciente ? Allongez-la et surélevez ses jambes.

 

À retenir


Chaque type de malaise appelle une réaction adaptée. Dans le doute, alertez le 185.

Se former aux gestes de premiers secours, c’est se donner les moyens d’agir quand chaque minute compte.

 

P.K

 

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Des chiffres clés : un adulte sur trois ne bouge pas assez

 

Dans le monde. L’OMS estime que 31 % des adultes, soit environ 1,8 milliard de personnes, ne pratiquaient pas suffisamment d’activité physique en 2022. Cette proportion pourrait atteindre 35 % en 2030 si la tendance se poursuit.

En Côte d’Ivoire. Dans son profil 2022 de l’activité physique, l’OMS estime l’inactivité physique à 29 % chez les hommes adultes et à 37 % chez les femmes adultes. Les maladies non transmissibles représentent 36 % des décès dans le pays.

P.K

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Quand l’effort tourne au drame

 

L’arrêt cardiaque à l’effort figure parmi les accidents les plus redoutés. Le cardiologue Dr Ghassani Afif rappelle que certaines maladies du cœur ne s’expriment qu’à l’occasion d’un effort. [Fonction à préciser] Assémian Brice recommande un bilan de santé avant toute reprise après plusieurs années d’arrêt, précisément pour écarter les risques vitaux, au premier rang desquels l’arrêt cardiaque. Le SAMU, lui, intervient régulièrement pour des malaises survenus pendant la pratique sportive.

L’arbitre fédéral Valentin Koffi N’Guessan Kouassi est décédé le jeudi 27 août 2026 au Stade Jean Konan Banny de Yamoussoukro, à la suite d’un malaise cardiaque. Il participait aux tests physiques de début de saison 2026-2027, organisés par la Commission centrale des arbitres (CCA) de la Fédération ivoirienne de football (FIF). Il s’est écroulé après avoir effectué deux passages de sprint (40 mètres), alors qu’il attendait de s’élancer pour la troisième fois.

Plus ancien, le cas de Cheick Tioté montre que ces drames n’épargnent pas les athlètes professionnels. Le 5 juin 2017, l’international ivoirien s’est effondré pendant une séance d’entraînement de son club chinois, Beijing Enterprises. Transporté à l’hôpital, le milieu de terrain de 30 ans y est décédé. Sa mort rappelle que des accidents médicaux graves peuvent survenir pendant la pratique sportive, y compris chez des athlètes de haut niveau.

P.K

 

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Lexique/Activité physique, exercice, sport : de quoi parle-t-on ?

 

Activité physique. Tout mouvement produit par les muscles et entraînant une dépense d’énergie supérieure à celle du repos. Elle ne se limite donc pas au sport : marcher pour se déplacer, monter des escaliers, faire le ménage, jardiner, porter des charges, danser, jouer, se déplacer à vélo, pratiquer un sport.

 

Exercice physique. Ensemble de mouvements corporels planifiés, structurés et répétitifs, réalisés dans le but d’améliorer ou de maintenir la condition physique et la santé. Exemples : marche rapide, course à pied, vélo, natation, musculation, fitness, abdominaux, étirements, gymnastique.

 

Sport (ou activité sportive). Forme particulière d’activité physique, structurée par des règles et une discipline définie (football, natation, tennis), souvent tournée vers la performance, la compétition ou le dépassement de soi. Il se pratique dans un cadre organisé (entraînement, match, compétition) et parfois dans une dimension collective ou institutionnelle (clubs, fédérations). Il peut viser l’entretien physique, le loisir, la performance ou la compétition.

 

Pratique sportive. La manière dont une personne pratique une activité sportive : fréquence, intensité, durée, niveau et encadrement. Elle peut être occasionnelle, régulière, intensive, de loisir, de compétition, encadrée ou non. Deux personnes peuvent ainsi courir avec des pratiques très différentes : l’une court 20 minutes une fois par semaine, l’autre s’entraîne deux heures par jour en vue d’une compétition.

 

Sédentarité. Temps passé éveillé en position assise, inclinée ou allongée, avec une très faible dépense énergétique. Elle concerne notamment les personnes qui restent longtemps devant un écran, au bureau, en voiture ou à la maison.

 

Dopage. Recours à une substance ou à une méthode interdite pour améliorer artificiellement ses performances. Au-delà de l’éthique sportive, il expose à des risques graves pour le cœur et les vaisseaux.

 

P.K

 

 

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À retenir : les signaux d’alerte à ne jamais ignorer

 

Pendant l’effort (cardiologue Afif Ghassani) :

 

-douleur ou pression dans la poitrine (arrêt immédiat de l’effort) ;

-essoufflement inhabituel, très rapide au regard de l’intensité de l’effort ;

-vertiges ou malaise ;

-palpitations anormales ;

-douleur irradiant vers le bras gauche ou la mâchoire ;

-fatigue importante ou extrême.

 

Dans la durée (Dr N’zué Basile) : des troubles du sommeil, notamment l’insomnie, peuvent trahir un surentraînement.

 

P.K

 

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Bon à savoir

 

Les mots du dossier

 

- « Gbachisseur » : Terme d’argot ivoirien employé dans le milieu de la musculation. D’après le contexte de la citation de Dadié Kassi Giles Armand, il désigne l’entraîneur qui façonne le physique de ses pratiquants.

 

- Luxation sterno-claviculaire : lésion de l’articulation qui unit le sternum et la clavicule. Elle résulte d’un déplacement de la clavicule par rapport au sternum, en avant (luxation antérieure) ou en arrière (luxation postérieure).

 

-Rupture du tendon d’Achille : déchirure du tendon d’Achille qui relie le muscule triceps au calcanéum. Elle empêche, ou rend très douloureuse, l’extension du pied.

 

P.K