Restitution parlementaire du RHDP : De « commune périphérique » à pôle urbain : Bingerville mise sur le BRT et le PND 2026-2030
Restitution parlementaire du RHDP : De « commune périphérique » à pôle urbain : Bingerville mise sur le BRT et le PND 2026-2030
Sous le signe de la transparence, de la proximité et de la redevabilité, les députés du groupe parlementaire RHDP ont procédé, ce mardi 27 octobre 2026 à Bingerville, à la restitution des travaux de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale (du 19 janvier au 30 juin 2026) à la population et aux forces vives de la commune et sous-préfecture.
Selon le chef de la délégation, l’honorable Sanon Koffi Marcel, député-maire de la commune d’Akoupé, cette tournée du groupe parlementaire RHDP vise à rapprocher les députés des populations, à expliquer les décisions prises à l’Assemblée nationale et à recueillir les préoccupations locales.
Le BRT, projet phare pour la mobilité
Pour la commune de Bingerville, a-t-il indiqué, un projet mérite une attention particulière : la construction du corridor de transport collectif par bus à haut niveau de service, communément appelé BRT, inscrit dans les orientations du PND.
« Ce projet doit contribuer à améliorer considérablement la mobilité entre l’est et l’ouest du Grand Abidjan, à réduire la pression sur les axes routiers et à faciliter les déplacements entre le domicile et le lieu de travail. Il pourrait également renforcer l’attractivité de Bingerville et sa place dans l’organisation urbaine et économique du Grand Abidjan.
L’objectif annoncé est de relier les zones concernées en environ 45 minutes, contre deux à trois heures actuellement dans certaines conditions de circulation. Cette estimation devra naturellement être appréciée au regard des caractéristiques définitives du projet », a-t-il déclaré.
De commune périphérique à pôle urbain
Il s’est ensuite interrogé sur la transformation que pourrait connaître la commune.
« Bingerville ne doit plus être considérée comme une simple commune périphérique d’Abidjan. Elle est appelée à prendre toute sa place dans le développement du Grand Abidjan. Toutefois, nous devons aborder cette perspective avec responsabilité. Une grande infrastructure de transport doit s’accompagner d’investissements complémentaires.
Le développement de Bingerville doit donc aller de pair avec l’amélioration de la voirie, du drainage, de l’assainissement, de l’éclairage public, de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, ainsi que des équipements scolaires et sanitaires. Il doit également reposer sur une politique d’aménagement urbain maîtrisée, capable d’anticiper les besoins d’une population en croissance.
C’est cette cohérence entre les grandes infrastructures nationales, les investissements privés et le développement local qui permettra à Bingerville de devenir un véritable pôle urbain et économique de l’est du Grand Abidjan », a-t-il proposé.
Devant les femmes, les jeunes et les personnes du 3e âge, le député-maire d’Akoupé, Sanon Koffi Marcel, a rappelé que le Plan national de développement (PND) 2026-2030 prévoit un volume global d’investissements de plus de 114 000 milliards de francs CFA sur la période, avec un objectif de croissance économique moyenne de 7,2 %.
200 milliards de FCFA et de nouveaux ponts pour désengorger Bingerville
À sa suite, Issouf Doumbia, député-maire de la commune de Bingerville et sous-préfecture, a présenté les infrastructures prévues pour Bingerville et ses environs, dont la construction d’un pont Bingerville-Abatta-Koumassi-Marcory.
« Sur les 114 000 milliards de francs CFA du PND, Bingerville seule prend une enveloppe de 200 milliards. Le président de la République a prêté une oreille attentive aux problèmes des “Bingervillois”, aux difficultés que vous rencontrez sur nos voies, car chaque jour, vous vous plaignez des bouchons. Dans le PND, il y a 200 milliards pour régler le problème de Bingerville à Koumassi et Marcory.
Plus loin encore, il y a le pont d’Éloka, de Bingerville à Vitré, à Grand-Bassam, qui est le prolongement de la voie Abidjan-Lagos », a-t-il révélé. Cette annonce a immédiatement déclenché des vivats dans l’assistance.
À ces perspectives s’ajoutent les travaux d’infrastructures déjà engagés ou annoncés dans la commune, ainsi que la mise à disposition de 15 kilomètres de voirie supplémentaires pour améliorer les déplacements.
Au-delà des ponts et des grands axes routiers, le développement de Bingerville, selon Issouf Doumbia, doit aussi intégrer les équipements scolaires (lycées, collèges), les établissements sanitaires et les autres infrastructures nécessaires à une population en croissance.
Assurance de chantier : mieux protéger les populations
Le député-maire a également annoncé le renforcement de la sécurité des constructions dans sa collectivité, avec l’assurance des constructions, une mesure destinée à mieux protéger les populations.
Face à l’urbanisation de Bingerville, il met en avant l’assurance de chantier, pour mieux couvrir les risques et protéger les travailleurs, les riverains et les biens voisins.
« Notre commune connaît une urbanisation importante. Les constructions se multiplient et les besoins en logements et en infrastructures augmentent.
À titre d’illustration, j’ai signé 45 permis de construire. Cette évolution impose de renforcer les mécanismes de prévention et de protection des personnes et des biens.
Les accidents survenus sur des chantiers peuvent avoir des conséquences graves, aussi bien pour les travailleurs que pour les riverains et les propriétaires des bâtiments voisins. C’est dans ce contexte que nous avons évoqué un texte relatif à l’assurance des constructions.
L’objectif est de renforcer la couverture des risques liés aux travaux, notamment les dommages susceptibles d’affecter les personnes, les travailleurs et les propriétés avoisinantes.
L’assurance de chantier doit ainsi contribuer à mieux protéger les acteurs concernés et à faciliter l’indemnisation des victimes en cas de sinistre, conformément aux garanties souscrites et aux dispositions applicables », a-t-il insisté.
Il a aussi ajouté : « Cette question est particulièrement importante pour Bingerville, où l’accélération des constructions nécessite une meilleure organisation de l’urbanisation.
Nous devons donc travailler avec les services techniques et les structures compétentes afin de mieux encadrer les opérations de construction sur notre territoire.
Les modalités d’application de cette mesure, notamment les obligations précises imposées aux constructeurs et les éventuelles dispositions municipales complémentaires, devront être définies dans le respect des textes en vigueur.
L’objectif est clair : favoriser un développement urbain mieux organisé, tout en préservant la sécurité des habitants et la tranquillité des communautés. »
Un soutien aux PME par l’économie sociale et solidaire
Poursuivant son propos, Issouf Doumbia a dit vouloir soutenir les PME grâce à l’économie sociale et solidaire. Il s’agit, selon lui, de mieux accompagner les petits entrepreneurs, de soutenir leurs activités et de favoriser la création de richesses et d’emplois dans la commune.
« Il est essentiel que les mécanismes d’accompagnement répondent aux besoins des petits entrepreneurs, facilitent le développement de leurs projets et contribuent à la création d’emplois.
Pour notre commune, l’enjeu est de permettre aux acteurs économiques locaux de mieux participer à la dynamique de développement et de tirer parti des opportunités offertes par l’urbanisation. »
La première session ordinaire de l’Assemblée nationale du 19 janvier au 30 juin 2026 a permis l’adoption de 25 projets de loi, contre 24 initialement programmés. Ce bilan est présenté comme « un signe de dynamisme parlementaire ».
Pour cette restitution à Bingerville, la délégation des députés RHDP était composée de Kra Paulin (invité spécial) et de Koné Dossongui, député de Liliyo et Okrouyo (département de Soubré).
Patrick KROU

