Bouaké_Un colloque préconise l’Intelligence artificielle pour transformer l’agriculture africaine
Bouaké_Un colloque préconise l’Intelligence artificielle pour transformer l’agriculture africaine
Le Colloque international sur les questions rurales en Afrique, organisé conjointement par le Centre de recherche pour le développement (CRD), le Centre national de recherche agronomique (CNRA) et AfricaRice, a fermé ses portes, le mercredi 04 novembre 2026, au Campus 1 de l’Université Alassane Ouattara (UAO).
Selon les organisateurs, les fruits des réflexions qui découlent de ce colloque sonnent comme une réponse aux effets du changement climatique et aux nombreux défis auxquels sont confrontées les populations rurales.
C’est dans cette dynamique que chercheurs, décideurs et acteurs du monde agricole appellent à une transformation des pratiques agricoles grâce aux innovations technologiques notamment l’Intelligence artificielle (IA).
Pour traiter cette problématique, ce colloque est organisé autour du thème : « Repenser le développement agricole à l’ère du changement climatique et de l’Intelligence artificielle ».
Conformément à ce thème, plusieurs communications et des panels liés aux défis et perspectives du monde rural ont meublé ce rendez-vous scientifique.
Le président du comité d’organisation, le Docteur Édouard Kouassi, a expliqué que cette initiative vise à mieux comprendre les dynamiques agricoles et les transformations des espaces ruraux, afin de proposer des solutions concrètes, résilientes et durables.
Il a également souligné la nécessité de créer un cadre de concertation entre chercheurs, décideurs, partenaires techniques et financiers, ainsi que les acteurs du monde rural et agricole.
Pour lui, l’un des principaux enjeux de cette rencontre est de rapprocher les résultats de la recherche des réalités vécues par les populations rurales. Puisque, dit-il, les solutions expérimentées en laboratoire ne produisent pas toujours les mêmes résultats sur le terrain, en raison des nombreuses contraintes auxquelles les producteurs sont confrontés.
S’agissant de l’Intelligence artificielle, Edouard Kouassi a mis en évidence les possibilités offertes par cette technologie pour améliorer les pratiques agricoles.
« Utilisée de manière raisonnée, elle peut notamment contribuer à affiner les prévisions météorologiques, faciliter les travaux de recherche et adapter les solutions agricoles aux réalités locales. Autant d’opportunités susceptibles d’améliorer les rendements et de renforcer les capacités des producteurs face aux aléas climatiques », a-t-il dit.
Invité spécial de ce colloque, le directeur de cabinet du vice-président de la République, Emmanuel Koffi Ahoutou, a attiré l’attention sur la nécessité de faire du développement rural une priorité stratégique.
Pour lui, les campagnes africaines ne doivent plus être considérées comme de simples espaces de production agricole mais comme des territoires essentiels à la souveraineté alimentaire, à la croissance économique, à l’industrialisation et à la création d’emplois pour les jeunes.
C’est en cela, qu’il a présenté l’intelligence artificielle comme un puissant outil au service du développement agricole notamment à travers les prévisions météorologiques, la gestion de l’eau, la traçabilité des sols et la formation des producteurs aux techniques culturales modernes.
« L’intelligence artificielle ne remplacera pas le paysan africain, elle doit équiper celui-ci qui nourrit le continent », a-t-il insisté.
Il a également relevé que cette technologie peut accompagner les décideurs dans la planification, le suivi et l’évaluation des politiques publiques.
Les participants à ce colloque ont salué cette initiative qui leur offre un cadre d’expression pour faire connaître leurs difficultés et leurs besoins.
C’est également pour eux, une occasion offerte pour mieux comprendre les possibilités offertes par l’Intelligence artificielle et de s’approprier les outils susceptibles d’améliorer les pratiques agricoles, les récoltes et les rendements.
Eugène Kouadio

