Banque Mondiale-Côte d'Ivoire : Un partenariat stratégique tourné vers l'emploi et la croissance inclusive
Banque Mondiale-Côte d'Ivoire : Un partenariat stratégique tourné vers l'emploi et la croissance inclusive
Le Groupe de la Banque Mondiale a organisé les 21 et 22 septembre 2026 des journées portes ouvertes au Sofitel Hôtel Ivoire à Abidjan. Au cours de la cérémonie d'ouverture, tenue ce lundi 21 septembre 2026 sur le thème général « Emplois et Opportunités : Bâtir Ensemble pour une Croissance Inclusive », Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de division pour la Côte d'Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo depuis le 1er juillet 2023, a expliqué que l'objectif de ces journées découvertes était de présenter la Banque Mondiale, son fonctionnement, et surtout de partager la vision d'Ajay Banga, président du Groupe de la Banque Mondiale élu en mai 2023 : changer la perception négative de cette institution dans la conscience collective et présenter ses actions menées avec le gouvernement ivoirien.
Selon la directrice, d'origine rwandaise, la Banque Mondiale veut se rapprocher davantage des citoyens et rendre son action plus accessible. « La Banque Mondiale n'est pas une institution éloignée des populations. Les citoyens doivent pouvoir entrer en contact avec elle, poser des questions et comprendre son fonctionnement », a-t-elle souhaité.
Selon elle, cette institution financière internationale est « une coopérative » qui « commence par le bénéficiaire et finit par le bénéficiaire ». Accusée de concevoir ses programmes de manière éloignée des réalités locales, Marie-Chantal Uwanyiligira a réfuté ces accusations et dissipé les préjugés, rappelant que les besoins des bénéficiaires constituent le point de départ et le point d'arrivée des projets.
Désormais, a-t-elle affirmé, « la Banque Mondiale veut être plus rapide » ; elle a d'ailleurs insisté sur la transformation des délais de préparation des projets. « Auparavant, les projets étaient préparés en moyenne en 19 mois, avec un objectif de réduction à 12 mois. En Côte d'Ivoire, la moyenne est désormais de 9 mois. Le programme de gaz a été préparé en cinq mois », a-t-elle rappelé. La Banque Mondiale veut accélérer la préparation et la mise en œuvre de ses projets pour répondre plus rapidement aux besoins des pays.
En Côte d'Ivoire, la Banque Mondiale veut accompagner les réformes ivoiriennes, d'autant plus que le pays est présenté comme un bon élève engagé dans des réformes, et souhaite soutenir ces transformations, notamment pour créer un environnement favorable au secteur privé.
La directrice de division a fait savoir que le Groupe de la Banque Mondiale veut proposer une réponse intégrée en mobilisant plusieurs instruments au bénéfice des gouvernements africains, à savoir : l'appui aux réformes du secteur public ; le financement et l'appui au secteur privé ; et des garanties et mécanismes permettant de réduire les risques pour les investisseurs. La Banque Mondiale veut ainsi fonctionner comme un groupe intégré plutôt que comme plusieurs institutions intervenant séparément.
Si l'emploi constitue la « boussole » de l'action de la Banque Mondiale, Marie-Chantal Uwanyiligira précise que la création d'emplois, particulièrement pour les jeunes, doit guider l'action de cette institution, en étroite collaboration avec le secteur privé, présenté comme un moteur essentiel de l'emploi des jeunes. L'action publique et les réformes doivent créer un environnement permettant au secteur privé de prendre davantage part à la création d'emplois et à l'investissement.
Quant à Amadou Coulibaly, ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, assurant l'intérim du ministre du Plan et du Développement, il a rappelé que la Banque Mondiale est « un partenaire stratégique de la Côte d'Ivoire » dont les interventions couvrent plusieurs secteurs structurants : les infrastructures, la gouvernance, l'agriculture, l'énergie et le développement du capital humain. « Nous travaillons sur 25 projets actifs, pour un montant global de 7,3 milliards de dollars US à la fin de l'exercice fiscal 2025-2026 », a-t-il indiqué. « Je voudrais également saluer la contribution de la Société Financière Internationale, à savoir la SFI, au développement du secteur privé, ainsi que celle de l'Agence Multilatérale de Garantie des Investissements, à savoir la MIGA, au renforcement de la confiance des investisseurs. Ces interventions complémentaires concourent à mobiliser les capitaux et les compétences nécessaires à notre développement. La SFI a mobilisé et investi près de 2,7 milliards de dollars US au total sur la période 2021-2025, contribuant ainsi au développement du secteur privé, à l'amélioration de l'environnement des affaires et à la création d'opportunités économiques pour nos populations », a-t-il ajouté.
Il a poursuivi : « Dans la continuité des efforts accomplis, le PND 2026-2030 porte notre ambition de transformation économique, de développement du capital humain et de création d'emplois. Sa réussite appelle la mobilisation soutenue de l'investissement privé, en complément de l'action publique et du concours de nos partenaires. Le coût global de ce PND s'élève à 114 838,5 milliards de francs CFA, soit 209 milliards de dollars US, avec une contribution attendue du secteur privé de 70,2 %. Il incarne la traduction concrète de la vision du chef de l'État, résolument orientée vers l'édification d'une Côte d'Ivoire transparente, solidaire, résiliente et compétitive, capable d'offrir davantage d'opportunités de bien-être à l'ensemble de ses citoyens. »
Avant de déclarer ouvertes les journées portes ouvertes, le ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a précisé qu'une croissance inclusive doit se traduire par des emplois et une amélioration réelle des revenus des ménages. Pour lui, la coopération ne se résume pas aux financements ; il a insisté sur une conception plus large du partenariat avec le Groupe de la Banque Mondiale. Cette coopération constitue, selon lui, une « architecture » dans laquelle chaque institution intervient en fonction de son mandat, de ses instruments et de ses avantages comparatifs.
Le ministre a également annoncé que l'accès à l'électricité constitue une autre réalisation majeure. Dans le secteur énergétique, il a mis en avant le raccordement de plus de 350 000 ménages, permettant à plus de 1,8 million de personnes d'accéder à l'électricité, selon les chiffres cités. Il a évoqué également la remise en état de plus de 3 100 km de lignes électriques de distribution.
La cérémonie d'ouverture de cette première journée s'est achevée par la visite des stands.
Patrick KROU
