Entre cherté des fournitures et blocages du cacao : La double peine des parents-producteurs d’Ouragahio
Entre cherté des fournitures et blocages du cacao : La double peine des parents-producteurs d’Ouragahio
OURAGAHIO et LAKOTA – À l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027 et du lancement de la campagne de commercialisation du café-cacao, des parents d’élèves et des producteurs locaux expriment de vives préoccupations en ce dimanche 20 septembre 2026.
Les premiers réclament notamment l’affichage clair des prix des fournitures scolaires, tandis que les seconds demandent la disponibilité effective des équipements nécessaires pour vendre leur récolte avec la nouvelle carte de producteur.
Les parents d’élèves préoccupés par le coût des fournitures
À Ouragahio, plusieurs parents d’élèves souhaitent davantage de transparence sur les prix des fournitures scolaires. Ils demandent que les tarifs soient clairement affichés dans tous les points de vente, afin de permettre aux familles de mieux anticiper leur budget.
Cette exigence rejoint les directives rappelées par le ministère du Commerce pour la rentrée scolaire 2026, qui a invité l’ensemble des commerçants au strict respect de la réglementation en matière d’affichage et de transparence des prix.
Mme N’Guessan Adjoua Martine : « Les fournitures scolaires sont trop chères »
À Ouragahio, Mme N’Guessan Adjoua Martine, parent d’élève, exprime son inquiétude face au coût de la rentrée et aux changements réguliers qu’elle constate d’une année sur l’autre :
« Pourquoi le gouvernement ivoirien et le ministère de l’Éducation nationale changent-ils chaque année les fournitures scolaires ? Cela pèse lourdement sur nous, les parents, car il faut à chaque fois prévoir de nouvelles dépenses. Aujourd’hui, les fournitures sont trop chères et la situation devient critique pour certaines familles. Nous souhaitons que les prix soient clairement affichés et que notre réalité soit davantage prise en compte. »
Guyzi Richard : « Nous souhaitons que les prix soient clairement affichés »
Guyzi Richard, à la fois producteur de cacao et parent d’élève à Ouragahio, évoque lui aussi ces difficultés croissantes :
« Nous souhaitons que les prix des fournitures scolaires soient clairement affichés pour nous permettre de mieux préparer la rentrée de nos enfants. En tant que producteur de cacao, nous demandons également que les dispositifs nécessaires soient installés dans les points d’achat pour nous permettre de vendre notre production avec la carte de producteur, dans de bonnes conditions. »
Les producteurs réclament des équipements fonctionnels dans les points d’achat
Du côté des planteurs, la principale préoccupation concerne l’absence ou le manque d’équipements dans les centres d’achat.
Pourtant, le Conseil du Café-Cacao rappelle que le Système National de Traçabilité (SNT) est entré dans sa phase générale le 1er septembre 2026, rendant la carte de producteur obligatoire. L’institution précise également que le recensement des producteurs et la distribution des cartes se poursuivent sur l'ensemble du territoire.
Pour cette campagne 2026-2027, le Conseil a par ailleurs rendu publique la liste des acheteurs et opérateurs agréés.
Koné Karim : « J’ai dû vendre mon produit sans ma carte de producteur »
Koné Karim, producteur de cacao, témoigne d’une difficulté survenue au cours du mois de septembre 2026 :
« Je suis allé vendre mon cacao avec ma carte au mois de septembre, mais l’acheteur m’a expliqué qu’il n’avait pas encore reçu les machines nécessaires pour enregistrer les ventes avec la carte. Face à cette situation, j’ai été contraint d'accepter de vendre mon produit sans ma carte. Nous demandons que ces équipements soient rapidement déployés pour que nous puissions commercialiser notre cacao dans les règles. »
À Baboué, la pression financière persiste
À Baboué, village situé dans le canton d’Oparékou, les inquiétudes sont identiques.
Gnagbo Dadi Ferdinand, parent d’élève et producteur de café-cacao, réitère cet appel à l'ordre :
« Nous demandons un affichage transparent des prix des fournitures scolaires pour savoir à quoi nous en tenir. Pour nous, producteurs, il est tout aussi essentiel que les terminaux de vente soient installés dans les centres d’achat afin d'utiliser nos cartes sans difficulté. »
Gnadja Djatchi Frank : « Comment va-t-on scolariser les enfants ? »
Toujours à Baboué, Gnadja Djatchi Frank met l’accent sur la précarité financière des familles rurales :
« Nous n’avons pas d’argent. Comment allons-nous scolariser nos enfants ? La situation est extrêmement difficile. Bien que nous soyons producteurs de café-cacao, nos revenus ne permettent pas toujours de faire face aux frais scolaires. Il faut que nos préoccupations soient entendues pour nous aider à maintenir nos enfants à l’école. »
Les précisions du Conseil du Café-Cacao
Face à ces blocages du terrain, l’équipe de reportage de LE SCOLAIRE et INFODIRECTE.NET a joint par téléphone M. Mamory, agent au Conseil du Café-Cacao de Divo.
Selon lui, les acheteurs ont bel et bien été formés à l’utilisation des terminaux d’achat :
« Pour la campagne 2026-2027, les transactions doivent se faire avec les cartes de producteurs. Les acheteurs ont reçu la formation nécessaire. De plus, les producteurs qui ne disposent pas encore de leur carte peuvent se faire enrôler sur place et obtenir un code temporaire leur permettant de vendre leur récolte », a expliqué l'agent.
Ces affirmations concordent avec la communication officielle du Conseil du Café-Cacao, qui invite les producteurs non encore recensés à se rapprocher de leur délégation régionale ou de leur coopérative.
Deux urgences au cœur du quotidien rural
Entre le coût de la rentrée des classes et les ratés logistiques de la nouvelle campagne cacaoyère, les populations locales demandent aujourd'hui que les mesures d'accompagnement annoncées par les autorités soient appliquées de manière concrète et rapide sur le terrain.
DJACK ZOLA
