Riz local : La Côte d’Ivoire et la JICA lancent la troisième phase du PRORIL-CAD
Riz local : La Côte d’Ivoire et la JICA lancent la troisième phase du PRORIL-CAD
La Côte d’Ivoire veut accélérer la transformation de sa filière rizicole pour réduire sa dépendance aux importations. Le Gouvernement ivoirien et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ont franchi, mercredi 5 août 2026, une nouvelle étape avec le lancement officiel de la troisième phase du Projet de Promotion du Riz Local par des Chaînes d’Approvisionnement Durables (PRORIL-CAD), prévue pour la période 2027-2030.
Le procès-verbal de discussions officialisant cette nouvelle phase a été signé par le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, représentant le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, et le représentant résident de la JICA en Côte d’Ivoire, Kato Koichi.
Cette troisième phase intervient après les acquis enregistrés dans le cadre du PRORIL2, mis en œuvre de 2021 à 2025 dans le cadre de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Japon. Le programme avait notamment permis de renforcer le financement des acteurs de la filière, de développer des services de mécanisation durables, d’améliorer l’accès aux semences de qualité et de renforcer les capacités dans le traitement post-récolte.
Avec le PRORIL-CAD, les autorités ivoiriennes veulent désormais mettre l’accent sur la qualité du riz local et la performance des chaînes d’approvisionnement. L’ambition est de garantir un approvisionnement régulier du marché en riz blanchi de haute qualité, tout en rendant la filière plus compétitive face aux produits importés.
Prenant la parole lors de la cérémonie, Bernard Kini Comoé a salué l’engagement constant du Japon dans le développement de l’agriculture ivoirienne. Il a exprimé la reconnaissance du Gouvernement à la JICA pour son accompagnement technique et financier.
Selon le ministre délégué, les différentes phases du PRORIL ont répondu à des enjeux spécifiques de la filière. La première phase avait permis de promouvoir de bonnes pratiques agricoles, tandis que la deuxième s’était davantage concentrée sur l’amélioration de l’accès au financement. La troisième phase devra, elle, franchir un nouveau palier en mettant l’accent sur la qualité du riz produit et sa compétitivité.
Bernard Kini Comoé a notamment insisté sur la nécessité de disposer de semences performantes, de renforcer les capacités des producteurs et de poursuivre la mécanisation de la riziculture grâce à des équipements modernes, adaptés et durables.
« La compétitivité de la filière dépendra également de la qualité du produit final proposé aux consommateurs », a-t-il relevé en substance, soulignant l’importance d’agir sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Du côté japonais, Kato Koichi a réaffirmé l’engagement de la JICA à accompagner la Côte d’Ivoire dans la modernisation de sa riziculture. Le représentant résident a salué la qualité des relations entre les deux pays et la solidité de leur coopération dans le domaine agricole.
Il a présenté cette troisième phase comme la continuité d’un partenariat de longue date visant à améliorer durablement la chaîne de valeur du riz. Le nouveau projet bénéficiera d’un financement japonais destiné à poursuivre les réformes engagées et à renforcer les différents maillons de la filière.
Kato Koichi a également annoncé la volonté du Japon de favoriser davantage les partenariats avec le secteur privé, en complément de la coopération publique, afin de soutenir les ambitions ivoiriennes en matière de sécurité alimentaire.
Selon la note de présentation du ministère de l’Agriculture, le PRORIL-CAD entend capitaliser sur les acquis du PRORIL2 tout en apportant des réponses aux insuffisances identifiées lors de son évaluation finale.
Le projet vise ainsi à rendre les chaînes d’approvisionnement du riz local plus efficaces, résilientes et orientées vers les besoins du marché. Cette approche doit permettre de mieux connecter la production, la transformation et la commercialisation, afin d’assurer une disponibilité régulière d’un riz local répondant aux attentes des consommateurs.
À travers cette nouvelle phase, la Côte d’Ivoire entend poursuivre ses efforts pour réduire progressivement sa dépendance aux importations de riz. L’enjeu est également d’améliorer les revenus et les perspectives économiques des producteurs, transformateurs et autres acteurs de la chaîne de valeur.
À terme, le Gouvernement ambitionne de faire du riz local un produit suffisamment compétitif et de qualité pour répondre durablement à la demande nationale et contribuer davantage à la souveraineté alimentaire du pays.
WK
