Prise en charge des victimes de la circulation : Le FGA installe son 18e bureau à Aboisso, sur l'axe Abidjan–Lagos
Prise en charge des victimes de la circulation : Le FGA installe son 18e bureau à Aboisso, sur l'axe Abidjan–Lagos
Le Fonds de Garantie Automobile (FGA) a inauguré, vendredi 16 octobre 2026, un bureau de liaison au sein de l’Établissement public hospitalier régional (EPHR) d’Aboisso. Ce dispositif vise à garantir une prise en charge médicale systématique et gratuite des victimes d’accidents corporels de la circulation admises dans les hôpitaux publics, sans attendre l’établissement des responsabilités.
Le Fonds de Garantie Automobile renforce sa présence sur le territoire national. Le vendredi 16 octobre 2026, à Aboisso, il a officiellement mis en service son bureau de liaison au sein de l’EPHR, portant à 18 le nombre de bureaux opérationnels en Côte d’Ivoire. La cérémonie a été présidée par le préfet de la région du Sud-Comoé, préfet du département d’Aboisso, Ibrahima Cissé, qui a également procédé à la signature de la convention de partenariat entre le FGA et l’établissement hospitalier.
Cette implantation intervient dans une région particulièrement exposée aux accidents de la circulation. Traversé par la route internationale Abidjan-Noé, qui constitue le tronçon ivoirien du corridor Abidjan-Lagos, le département d’Aboisso a enregistré, du 1er janvier au 15 octobre 2026, 281 accidents, 502 victimes et 18 décès, selon les données du Centre de protection civile de l’Office national de la protection civile (ONPC). En 2025, le bilan faisait état de 341 accidents, 651 victimes et 18 décès.
Face à cette situation, la présence du FGA au sein de l’hôpital doit permettre de réduire les obstacles financiers à l’accès aux soins. Conformément au décret n° 2024-996 du 20 novembre 2024, les victimes d’accidents corporels de la voie publique admises aux urgences des établissements publics bénéficient d’une prise en charge systématique et gratuite de leurs frais médicaux. « La priorité du Fonds de Garantie Automobile est la vie humaine. Notre premier réflexe n’est pas de rechercher qui doit payer, mais de permettre à la victime d’être soignée immédiatement », a rappelé le directeur général du FGA, Maizan Koffi Noël. Il a également insisté sur l’urgence de cette mission : « Aucune vie ne doit être compromise faute de moyens financiers au moment où chaque minute compte.»
Soulager les victimes et le personnel soignant
Pour le directeur de l’EPHR d’Aboisso, Mickaël Nanock Brou, cette installation constitue un appui majeur pour les équipes médicales. « L’implantation du FGA au sein de notre établissement est une véritable bouffée d’oxygène. C’est une épine qu’on enlève du pied du personnel soignant : désormais, face à un blessé de la route, nos équipes se consacrent entièrement aux soins, sans se demander qui paiera », s’est-il réjoui.
Présent à la cérémonie, le professeur Alphonse Kadjo, représentant le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Dr Eugène Aka Aouélé, a salué une avancée importante pour les populations. « C’est pour moi un jour de joie. Médecin de formation et professeur de médecine, je mesure toute la portée d’un tel outil installé au sein de l’EPHR d’Aboisso : c’est une avancée extraordinaire. Son emplacement est, de surcroît, véritablement stratégique », a-t-il déclaré.
Il a également souligné l’importance des premières minutes suivant un accident, période déterminante pour la survie et la récupération des victimes.
Le préfet Ibrahima Cissé a, pour sa part, salué un dispositif qui « rapproche le droit des citoyens ». Il a toutefois souhaité que « ce bureau serve le moins possible, grâce à la prudence de chacun », appelant les conducteurs et les piétons à davantage de vigilance sur l’axe Abidjan-Noé.
Un réseau appelé à s’étendre
Troisième étape du FGA Tour 2026, après Agboville et Abengourou, Aboisso a accueilli, du 13 au 16 octobre, plusieurs activités de sensibilisation et de formation. Des étudiants de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS), des personnels de santé et des Forces de défense et de sécurité ont notamment été sensibilisés aux mécanismes de prise en charge des victimes.
Des actions de proximité ont également été menées dans la ville et sur les radios locales. Parrainée par le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, cette campagne nationale ambitionne de rapprocher davantage le dispositif des populations. L’objectif annoncé est de porter à 26 le nombre de bureaux de liaison d’ici à 2027.
Créé en 2009, le FGA indemnise notamment les victimes d’accidents impliquant des véhicules non assurés ou des auteurs en fuite. En 2025, près de 1 200 victimes ont bénéficié de sa prise en charge. À Aboisso, l’enjeu est désormais de faire connaître ce mécanisme afin que les victimes puissent accéder rapidement aux soins, sans que le manque de moyens financiers ne constitue un obstacle.
Patrick KROU
Info : Sercom FGA
