« Mariam la paix ! » : Treichville se prépare à un 7 novembre historique
« Mariam la paix ! » : Treichville se prépare à un 7 novembre historique
Après 30 000 femmes rassemblées en janvier 2025, le Caucus des Femmes de Côte d'Ivoire pour la Paix (CauFemCIP) lance la mobilisation pour un nouveau rendez-vous qu'il promet inédit.
Abidjan, 16 octobre 2026, la paix, en Côte d'Ivoire, a désormais un visage et un cri de ralliement. Lors de la conférence de presse de lancement tenue ce jeudi, le Caucus des Femmes de Côte d'Ivoire pour la Paix (CauFemCIP) a officiellement ouvert la mobilisation en vue du grand rassemblement du 7 novembre prochain au Parc des Sports de Treichville. Les organisatrices en font la promesse : l'enceinte « va vivre ce qu'elle n'a jamais vécu ».
Un parterre de personnalités
La rencontre a réuni, aux côtés de la présidente du mouvement, l'Honorable Mariam Traoré, l'Honorable Célestine Assi-Assi, présidente nationale du RIFEMAD, les vice-présidentes Eva Désirée Sigui (également présidente du comité d'organisation) et Sali Siliué, ainsi qu'Olivier Kouakou, directeur de la Cohésion au ministère chargé de la Cohésion sociale. L'Honorable Zié Daouda Coulibaly, président de la Fondation ATOUUU pour la Réconciliation nationale, était l'orateur principal.
Un bilan qui a démenti les sceptiques
Né en 2024, le CauFemCIP peut se prévaloir d'une trajectoire rapide. Le 11 janvier 2025, plus de 30 000 femmes avaient investi Treichville. D'autres milliers d'entre elles ont ensuite répondu présentes à Grand-Bassam le 17 mai, puis à Man le 13 juin. « Nous avons donné tort aux sceptiques », ont souligné les intervenants, rappelant également le travail de sensibilisation, mené dans la discrétion, durant le processus électoral de 2025.
« Mariam la paix » : quand un nom devient symbole
Le moment fort de la matinée est venu de l'Honorable Zié Daouda Coulibaly. Après avoir salué le leadership féminin du mouvement, il a rendu un hommage appuyé à sa présidente : « Nous voulons associer symboliquement son nom à un idéal qui nous rassemble tous, la paix. » À son invitation, l'assistance entière s'est levée pour scander, à plusieurs reprises, « Mariam la paix ! Mariam la paix ! », transformant le prénom de la présidente en véritable étendard.
Reconstruire les cœurs, pas seulement les murs
Le message de l'orateur dépasse la célébration. Pour lui, la réconciliation ne saurait se réduire à la reconstruction matérielle : « On peut reconstruire un pont avec du béton, mais on ne reconstruit pas un cœur blessé avec du ciment. » Il a appelé les femmes, qu'il a qualifiées d'« éducatrices, entrepreneures, élues et médiatrices naturelles », à multiplier les espaces de dialogue de proximité, à lutter contre les rumeurs et les discours de haine, et à bâtir des initiatives économiques solidaires entre communautés.
Au-delà d'une journée, un mouvement
Les organisateurs l'assurent : le 7 novembre ne sera pas une simple démonstration de force, mais le point de départ d'une dynamique durable. « Faisons de ce rassemblement le symbole d'une Côte d'Ivoire qui choisit le dialogue plutôt que la division, la fraternité plutôt que la méfiance et la solidarité plutôt que l'exclusion », a exhorté Zié Daouda Coulibaly.
À quelques semaines de l'échéance, le comité d'organisation conduit par Eva Désirée Sigui se dit prêt, et sur le terrain, les femmes sont déjà mobilisées. Le CauFemCIP et la Fondation ATOUUU adressent un appel solennel à toutes les couches sociales, économiques et politiques, afin que la paix cesse d'être un mot pour devenir un engagement permanent.
A.Konan

