4 milliards partis en fumée : Voici ceux qui paient la facture quand un bus de la SOTRA brûle
4 milliards partis en fumée : Voici ceux qui paient la facture quand un bus de la SOTRA brûle
Un incendie survenu dans la nuit du 5 au 6 septembre 2026 au dépôt 5 de la SOTRA, à Koumassi, a détruit 40 autobus et endommagé 15 autres. Aucune victime n’est à déplorer. Mais derrière le bilan matériel se cache une réalité plus lourde : une perte estimée à 4 milliards de francs CFA, soit 100 millions de FCFA par bus calciné.
Qui paie vraiment la facture ?
La SOTRA est une entreprise publique. Quand un bus part en fumée, ce n’est pas seulement le parc de l’entreprise qui se réduit. C’est l’État, actionnaire majoritaire, qui assume in fine la perte. Autrement dit, ce sont les contribuables ivoiriens qui financent, directement ou indirectement, le renouvellement du matériel détruit.
Avec un parc d’environ 2 200 autobus, la destruction de 40 véhicules représente près de 2 % de la flotte. Sur la base d’un coût unitaire de 100 millions de FCFA, la facture pure des 40 bus calcinés s’élève à 4 milliards de FCFA. Ce montant ne tient pas compte des 15 bus endommagés, ni des coûts de réparation, d’immobilisation et de réorganisation du service.
Des sinistres à répétition qui alourdissent la note
Ce n’est pas un accident isolé. En octobre 2025, 13 autobus avaient déjà été détruits à Koumassi. Un mois plus tard, en novembre 2025, 19 autres partaient en fumée au dépôt d’Abobo. En moins d’un an, plus de 70 bus ont ainsi été réduits en cendres. Cumulée, la facture théorique dépasse 7 milliards de FCFA.
Chaque incendie de dépôt n’est donc pas seulement un incident technique. C’est une ponction répétée sur les deniers publics.
Une perte qui tombe au pire moment
L’incendie intervient à huit jours de la rentrée scolaire 2026-2027, fixée au 14 septembre. Cette période est traditionnellement celle où la demande de transport public explose. Élèves, étudiants et parents saturent les lignes. Perdre 40 bus à ce moment précis, c’est affaiblir la capacité de la SOTRA exactement quand elle en a le plus besoin.
Dans son communiqué, l’entreprise affirme que « toutes les dispositions sont prises pour assurer la continuité du service ». Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes du sinistre.
Mais au-delà de l’enquête, une question demeure : jusqu’à quand les contribuables devront-ils continuer à payer la facture des bus qui brûlent dans les dépôts de la SOTRA ?
A.konan
