Mines artisanales : La FECOMCI plaide pour une exploitation responsable et une lutte renforcée contre l’orpaillage illégal
Mines artisanales : La FECOMCI plaide pour une exploitation responsable et une lutte renforcée contre l’orpaillage illégal
Abidjan, 16 juin 2026, la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI) a lancé un appel fort en faveur d’une nouvelle gouvernance du secteur minier ivoirien. C'était au cours d’un point de presse animé à la Maison de la Presse d’Abidjan (MPA), par son président, Koné Seydou.
Le conférencier a présenté la vision et les propositions de la fédération pour lutter efficacement contre l’orpaillage illégal tout en valorisant l’exploitation minière artisanale responsable.
Face aux professionnels des médias, le président de la FECOMCI a rappelé que la Côte d’Ivoire s’est progressivement imposée comme l’une des destinations minières les plus attractives du continent africain. Cette performance, a-t-il souligné, est le fruit des réformes engagées par le gouvernement et des investissements consentis dans le secteur extractif, notamment dans la filière aurifère.
« Cette dynamique constitue une opportunité exceptionnelle pour la création de richesses, d’emplois et le développement des territoires », a-t-il affirmé.
Tout en évoquant les progrès enregistrés, Koné Seydou a attiré l’attention sur l’expansion continue de l’orpaillage illégal, qu’il considère comme l’un des principaux défis auxquels le secteur minier ivoirien est confronté.
Selon lui, cette activité clandestine engendre de lourdes conséquences sur plusieurs plans. Elle contribue notamment à la dégradation des terres agricoles, à la pollution des cours d’eau, à l’insécurité dans certaines localités, au travail des enfants, ainsi qu’à d’importantes pertes de recettes pour l’État.
Le président de la FECOMCI a salué les efforts déjà entrepris par les autorités ivoiriennes à travers les opérations de démantèlement des sites illégaux et le renforcement des dispositifs de contrôle. Toutefois, il estime que la répression, à elle seule, ne saurait constituer une réponse durable au phénomène.
Pour la fédération, la véritable solution réside dans l’organisation, l’encadrement et la formalisation des acteurs de l’exploitation minière artisanale.
« L’exploitation minière artisanale ne doit plus être perçue comme un problème à subir, mais comme une opportunité à organiser », a soutenu Koné Seydou.
S’appuyant sur les expériences réussies dans plusieurs pays, il a expliqué que la réduction durable de l’exploitation clandestine passe par la formalisation des artisans miniers, la traçabilité de la production et l’accompagnement structuré des coopératives.
La FECOMCI considère ainsi les coopératives minières comme de véritables instruments de gouvernance, de création de richesse et de stabilité sociale.
Afin d’accompagner les pouvoirs publics dans cette dynamique, la fédération a formulé plusieurs recommandations stratégiques. Parmi celles-ci figurent :
La création de zones minières artisanales sécurisées et légalement reconnues ;
La mise en place d’un programme national de formalisation des exploitants artisanaux ;
Le renforcement de la formation technique, environnementale et entrepreneuriale des coopératives ;
La facilitation de l’accès aux financements et aux équipements modernes ;
L’instauration d’un système national de traçabilité de l’or issu de l’exploitation artisanale ;
La création d’un cadre permanent de dialogue entre l’État, les coopératives minières, les communautés locales et les sociétés minières industrielles.
Pour la FECOMCI, ces mesures permettraient non seulement de réduire significativement l’orpaillage illégal, mais également de faire de l’exploitation artisanale un véritable moteur de développement économique et social.
Dans son intervention, Koné Seydou a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour bâtir un secteur minier moderne, compétitif, inclusif et respectueux de l’environnement.
Il a fait entendre que la réussite de cette ambition nationale repose sur une collaboration étroite entre l’État, les collectivités territoriales, les communautés locales, les investisseurs, les entreprises minières et les coopératives.
Réaffirmant la disponibilité de la FECOMCI à accompagner toutes les initiatives visant à assainir le secteur, le président de la fédération a partagé une vision ambitieuse : transformer l’orpailleur artisanal en entrepreneur minier responsable et faire des ressources minières ivoiriennes un levier de prospérité partagée au bénéfice des générations présentes et futures.
À travers cet appel solennel, la FECOMCI entend contribuer à l’émergence d’une nouvelle gouvernance minière fondée sur la légalité, la transparence, la responsabilité et le développement durable.
« Ensemble, faisons des coopératives minières un pilier de l’émergence économique de la Côte d’Ivoire », a conclu Koné Seydou sous les applaudissements de l’assistance.
David KOUAMÉ
