Diégonéfla : À Gouéda, 1 500 arbres plantés pour reverdir la forêt et semer les graines de la paix
Diégonéfla : À Gouéda, 1 500 arbres plantés pour reverdir la forêt et semer les graines de la paix
Il est des gestes qui paraissent anodins. Planter une jeune pousse, tasser la terre autour de ses racines, l'arroser, puis s'éloigner. Pourtant, derrière cet acte simple se cache parfois une ambition immense : réconcilier l'homme avec la nature, mais aussi les hommes entre eux.
C'est cette ambition qui a pris forme, le samedi 27 juin 2026, dans le village de Gouéda, au cœur de la sous-préfecture de Diégonéfla.
Pelles en main, autorités administratives, chefs traditionnels, jeunes, femmes et partenaires se sont retrouvés autour d'un objectif commun : contribuer à la restauration du couvert forestier ivoirien tout en portant un message fort de paix, de cohésion sociale et de développement durable.
À l'origine de cette mobilisation se trouve le journaliste Dogad Dogoui, président de l'ONG « Je Reverdis mon village » et chef du bureau régional de l'Agence ivoirienne de presse (AIP) à Gagnoa.
Avec son équipe, il a conduit une vaste opération de reboisement ayant permis la mise en terre de 1 500 arbres dans trois villages de la sous-préfecture : 500 plants à Gouéda, où s'est déroulée la cérémonie officielle, et 1 000 autres répartis entre Bronda et Tiégba.
Placée sous le parrainage du député-maire de Gagnoa, Yssouf Diabaté, représenté par son deuxième adjoint, Bony Valentin, cette initiative s'inscrivait dans le cadre de la deuxième édition de la Journée de l'arbre, du reboisement et de la lutte contre l'insécurité alimentaire.
Mais, ce jour-là, il ne s'agissait pas uniquement de planter des arbres.
« L'arbre, l'ombre et la fraîcheur œuvrent à la quiétude, à la tranquillité et à la paix dans nos villages », a déclaré Dogad Dogoui, convaincu que le reboisement constitue également un puissant levier de rapprochement entre les communautés.
Au-delà de la protection de l'environnement, il a exhorté les populations à préserver les jeunes plants, à reboiser les terres en jachère et à accompagner les efforts nationaux visant à porter le couvert forestier ivoirien à 20 % d'ici à 2030.
La portée symbolique de cette journée s'est également illustrée par la forte implication des autorités coutumières. Le président du Conseil départemental des chefs de village d'Oumé, Kouamé Yobo Faustin, chef du canton Bokabo et chef du village de Badié, avait effectué le déplacement avec neuf des onze chefs de village du canton.
Chacun était accompagné de responsables communautaires, traduisant une volonté commune de faire de cette journée un moment de fraternité autant qu'un engagement écologique.
Les partenaires de l'opération, notamment la Coopérative rizicole Arnaud et l'ONG Toany, ont également apporté leur appui à cette initiative qui conjugue protection de l'environnement, sécurité alimentaire et développement local.
S'exprimant au nom du parrain, Bony Valentin a lancé un appel à la jeunesse.
« Investissez-vous dans ce reboisement. Les arbres que vous plantez aujourd'hui feront demain l'identité de vos villages. Ce sont vos mains qui devront les protéger et les faire grandir », a-t-il déclaré, invitant les jeunes à s'approprier pleinement cette œuvre collective.
Créée en 2024, l'ONG « Je Reverdis mon village » poursuit son engagement en faveur de la restauration des écosystèmes. Après une première campagne ayant permis la plantation de 500 arbres à Zaddi, dans la sous-préfecture de Tonla, l'organisation annonce déjà une nouvelle étape.
Le 21 novembre 2026, les villages de Bokéda, Bléanianda et Zaddy accueilleront la troisième édition de cette campagne de reboisement.
La cérémonie s'est déroulée en présence du sous-préfet de Diégonéfla, Kouman Yao Gustave, représentant le préfet d'Oumé, ainsi que d'Amany Grâce, directrice régionale de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, représentant la ministre Myss Belmonde Dogo.
Au terme de cette journée, les 1 500 jeunes arbres n'étaient encore que de frêles pousses. Mais ils portent déjà une promesse : celle d'une terre plus verte, de villages plus résilients et d'une Côte d'Ivoire où la protection de l'environnement devient aussi un langage de paix, de solidarité et d'espérance.
DJACK ZOLA
