Pisciculture : À Bocabo et Buyo, le gouvernement révolutionne la vie des pêcheurs ivoiriens
Pisciculture : À Bocabo et Buyo, le gouvernement révolutionne la vie des pêcheurs ivoiriens
Bocabo et Buyo la pêche traditionnelle cède peu à peu la place à une aquaculture moderne et rentable. Grâce au Projet d’appui au Programme social du gouvernement (PA-PSGouv), dans son volet « ressources animales et halieutiques », plusieurs villages riverains bénéficient d’infrastructures innovantes qui transforment les conditions de vie des communautés locales.
Au cœur du village de Bocabo, où la pêche reste l’activité principale des habitants, quatre cages flottantes ont été installées sur le lac.
Ces équipements ont été empoissonnés avec 20 000 alevins de tilapia accompagnés de 10 tonnes d’aliments. Résultat : chaque cycle de production génère désormais 20 000 poissons, marquant une nette modernisation de la filière.
« Vingt pêcheurs exerçant sur le lac ont été sensibilisés aux opportunités de la pisciculture. Ils ont ensuite été formés, installés, encadrés et structurés en coopérative », explique Michel Yotio, coordonnateur sectoriel du projet.
Cette approche globale permet aux bénéficiaires de passer d’une activité artisanale à une pratique professionnelle, plus productive et surtout plus rentable.
Les témoignages recueillis sur place sont éloquents. « Notre vie a changé. Nous créons des emplois, nous gagnons plus d’argent et nous sommes contents de constater que le gouvernement pense à nous », se réjouit Mathurin Koffi, pisciculteur bénéficiaire.
Au-delà de la production, le projet a également installé des plateformes de fumage au profit des mareyeuses du village, renforçant ainsi toute la chaîne de valeur halieutique.
Le même dispositif a été déployé sur le lac de Buyo, avec une ambition plus grande : huit cages flottantes qui devraient produire 40 000 poissons par cycle, soit environ 21 tonnes de poissons tous les six mois.
À l’échelle nationale, ces initiatives s’inscrivent dans un objectif plus large. L’État vise une production annuelle totale de 68 tonnes de poissons sur l’ensemble des sites soutenus.
L’ambition est claire : assurer la sécurité alimentaire en produits halieutiques, professionnaliser le secteur de la pêche et générer de nouveaux emplois, particulièrement en milieu rural.
Ce volet du PA-PSGouv illustre une stratégie gouvernementale qui allie innovation technique, formation des acteurs et structuration coopérative pour offrir des revenus durables aux populations.
Dans un contexte où la demande en poisson reste forte en Côte d’Ivoire, ces cages flottantes pourraient bien représenter l’avenir d’une filière halieutique plus résiliente et inclusive.
Armel Konan
