Village Anono/Carrefour garage: Dans l’ancre de ce rond-point d’un apport socio-économique dans la commune de Cocody

Village Anono/Carrefour garage: Dans l’ancre de ce rond-point d’un apport socio-économique dans la commune de Cocody

10/08/2025 - 17:57
Village Anono/Carrefour garage: Dans l’ancre de ce rond-point d’un apport socio-économique dans la commune de Cocody
Village Anono/Carrefour garage: Dans l’ancre de ce rond-point d’un apport socio-économique dans la commune de Cocody
Village Anono/Carrefour garage: Dans l’ancre de ce rond-point d’un apport socio-économique dans la commune de Cocody
Village Anono/Carrefour garage: Dans l’ancre de ce rond-point d’un apport socio-économique dans la commune de Cocody
Village Anono/Carrefour garage: Dans l’ancre de ce rond-point d’un apport socio-économique dans la commune de Cocody

Symbole de la transformation du village d’Anono, cette intersection joue un rôle important dans le développement social et économique de ce quartier de la Commune de Cocody. Un tour nous a permis de vivre l’ambiance des lieux. Reportage.

Vue nocturne de la rue « Carrefour Garage », avec des véhicules stationnés devant des commerces fermés pour la nuit, tandis que des clients sont attablés dans les maquis, ce samedi 26 juillet 2025.

Riviera-Anono. « Carrefour garage », situé à quelques pas de la pharmacie Saint Athanase et en face de la station-service Shell, affiche une ambiance de convivialité.

Ce samedi 26 juillet 2025, il est 22h40, nous  nous trouvons dans cet espace, une  propriété du village d’Anono dont elle joue un rôle socio-économique remarquable dans le développement. 

L’esplanade de la pharmacie, à l’entrée du « Carrefour garage » constitue à la fois un  stationnement pour les taxis-compteurs, de rencontres, de rendez-vous d’affaires,  pour les uns et les autres. 

Des jeunes gens maraudant dans cette rue, aux allures de « Djosseurs de Nama » se ruent sur tous les véhicules qui y pénètrent.

Le vrombissement sporadique des moteurs ainsi que les coups de klaxons stridents et intempestifs des engins à deux, trois ou quatre roues qui passent, confèrent à cet endroit une ambiance de fête.

Le commerce de tous genres, alcool, cigarettes, aliments et autres, et la présence de jeunes badauds donnent une allure d’animation à ce marché de nuit qui jouxte les Elias de la Riviera-Golf. Il fait beau temps, l’engouement est total et les visiteurs sont au rendez-vous. 

« Vous recherchez le « Carrefour garage » C’est le carrefour du bonheur. Il y a des couloirs avec de jolies filles et de l’alcool.

J’habite à la Riviera-Palmeraie, mais je viens boire ici avec des amis... », s’adresse un homme d’une quarantaine d’années vêtu d’un tee-shirt bleu et d’un jean,  à un couple venu y passer le temps.

Comme pour faire corps avec son appellation, le « Carrefour garage » est, en effet, un lieu de rencontres ou de rendez-vous pour diverses raisons de toutes les classes sociales, des noctambules aux artistes en passant par des touristes.

Lieu de rencontre des couches sociales

Berthé Dramane, chauffeur de taxi sur la ligne Riviera-Anono, s’y rend en ses after-work, pour passer de bons moments  entre amis.

Ce jour-là, accompagné de son frère, il dit venu se ressourcer avec une bonne bière. “ Cela fait plus de cinq ans que j’habite Anono. Ce Carrefour est un symbole de transformation de ce village et un motif de fierté pour ses enfants  qui ont la possibilité d’y mener  toutes sortes d’activités.

Anono-village apparait comme un pont entre tradition et modernité dans la commune huppée de Cocody”, a-t-il affirmé. Selon notre interlocuteur, ce Carrefour a pris une dimension telle que fut la Rue Princesse de Yopougon dont la réputation avait franchi, les limites de cette commune voire les frontières du pays.

Jusqu’au petit matin, c’est un ballet incessant de clients qui viennent pour certains et vont pour d’autres.  “Certains clients s’éclipsent, tandis que d’autres prennent presque automatiquement leurs places, dans les maquis.

Tôt le matin, ceux du jour rouvrent leurs portes pour offrir le petit déjeuner aux couche-tard et préparent le déjeuner pour les clients qui vaquent à leurs occupations de la journée”, a-t-il témoigné. Outre son volet social, « Carrefour garage » symbolise le dynamisme économique du village d’Anono car pourvoyeur d’emplois divers à ceux dotés d’initiatives ou qui osent entreprendre.

De la vitalité économique

Le « Carrefour garage », c’est une rue d’environ 200 mètres, encastrée entre maisons basses et immeubles R+1, R+2 et R+3. Une cinquantaine de restaurants et maquis de fortune sont montés de part et d’autre de cette rue, une des plus célèbres du District d’Abidjan.

Le bar de Pamela Koffi, residente à  la Riviera 2, ouvert de 9h au petit matin, ne désemplit pas car on y trouve un restaurant pour le bonheur des noctambules. Cette tenancière sert, entre autres mets, du poisson braisé, de l’alloco à ses clients.

“J’ai commencé cette activité à la faveur de la crise  en 2011. Ça marchait tellement que j’ai pu économiser et me faire construire une maison. Mais aujourd’hui, pour cause de cherté de la vie,  ce n’est pas toujours aisé ; les choses sont parfois différentes”, dit-elle tout en prêtant attention à son téléphoné qui crépite constamment à l’effet de faire des réservations.

Pamela Koffi dit être fière d’avoir développé son activité et surtout donné de l’emploi à des jeunes filles du village d’Anono.  Elle ajoute que les choses ont beaucoup évolué en ce sens que les notables et le citoyen lambda du village d’Anono tiennent à la propreté des rues. « L’activité se déroule très bien et nous payons des taxes au village d’Anono.

La chefferie du village y gagne pour son compte », a-t-elle expliqué. Toute chose qui est confirmé par Gomond Edmond, fils du village d’Anono et membre de la chefferie. « Le prélèvement des taxes reviennent au village et à la mairie.

Il y a des opérateurs qui ont construit au carrefour garage pour leurs activités. Ils sont liés avec le village par un contrat de bail et chaque mois, il reverse quelque chose à la chefferie », a-t-il révélé. Toutefois il a souligné que dans cette zone, l’on assiste à des agressions et la prostitution.

Le « Carrefour garage » est également un lieu de prédilection de l’informel. On y trouve une multitude de petits métiers, des vendeurs ambulants, des vendeuses de fruits et légumes, des étals le long  des rues. Ces gens y restent jusqu’à des heures tardives.

Roxane Aka, seize ans et sortie d’une des artères labyrinthiques mal éclairées, tient un plateau d’oranges et de papayes « Nous, on se débrouille un peu les week-ends », dit-elle en traversant à vive allure la route allant au village d’Anono. Cette zone a connu une transformation remarquable. 

De la morosité à l’effervescence maîtrisée

« Carrefour garage » a connu une évolution considérable. Pendant plusieurs années, ce lieu était sans animation. Les tenanciers de maquis disposaient simplement d’écrans géants pour diffuser des clips-vidéo ou des matchs de football. « L’ambiance était morne, sans animation. 

Aujourd’hui, c’est un peu plus vivant », souligne Kouadio Alain, resident d’Anono. Il ajoute que depuis le bitumage des rues en 2024 par la Mairie de Cocody, “le Carrefour garage” s’est progressivement animé, surtout les week-ends et du vendredi au dimanche. 

« La règle est de ne pas faire trop augmenter le son de la musique, question de ne pas déranger les voisins. Le syndic veille pour éviter les nuisances sonores », insiste-t-il.

Vue diurne de la rue « Carrefour Garage », traversée par la chaussée bitumée par la mairie de Cocody en 2024.

 

La commune de Cocody veille à la sécurité

Selon le commandant Ouattara Oumar, responsable de la Police municipale de Cocody, environ 200 agents municipaux assermentés assurent la sécurité sur les 134 km² de la commune qui compte plus de 400 000 habitants.

Le commandant expliqu’en tant que force de proximité, la Police municipale travaille sous l’autorité du maire pour mener des actions de prévention, maintenir l’ordre public, garantir la sécurité et veiller à la salubrité de la cité.

« Nous ne sommes pas là pour réprimer, mais pour prévenir. Nous faisons de la sensibilisation, de la veille, de la sécurité sociale et intervenons conformement aux arrêtés municipaux », confie-t-il; fort de ses sept années d’expérience acquise à ce poste.

Patrick Krou

 

Encadré 

Une rue qui enregistre des modèles de réussite dans l’entreprenariat

Ils sont nombreux les entrepreneurs qui se sont  installés aux alentours du « Carrefour garage ». C’est le cas de Maxwell Goris, propriétaire d’un grand maquis baptisé Texas Grill. Outre ce Carrefour dont il fait la fierté, Maxwell Goris a trois autres antennes à Yopougon, Zone 4 et ailleurs à Cocody. 

En effet, après des études en Inde en management, sur financement de ses parents, ce jeune homme d’une trentaine d’années est rentré au pays où il décide de se lancer dans l’entreprenariat. Cela, après avoir vainement cherché du boulot, ici et là.

Passionné de cuisine, Maxwell Goris vend des Hamburgers. Et ça lui réussit bien car les gens apprécient les pains bourrés qu’il vend. Avec un fourneau, il s’installe devant une boîte de nuit au « Carrefour garage ». « Sur fonds propres, j’ai commencé avec deux employés que je payais à 5000 F.

Aujourd’hui, nous revendiquons près de 160 employés dont plus de la moitié en emplois directs », a-t-il relaté. 

 

Alain Maxwell Goris, propriétaire du grand maquis baptisé Texas Grill, lors d'une visite dans son espace gastronomique.

 

Infrastructures routières : plus de 3 milliards de FCFA investis par la Mairie de Cocody, en trois ans

 Les récents travaux de bitumage du tronçon dit « Carrefour Garage » sont une satisfaction pour les opérateurs économiques des lieux. 

Ainsi, pour améliorer la circulation des biens et des personnes, le Conseil municipal a initié le bitumage de cette voie en deux phases.

La première phase a été réalisée en juillet 2024. La seconde, située à l’opposé du Carrefour, a démarré courant 2025. Selon un responsable de la municipalité de Cocody (qui a voulu garder l’anonymat),  les deux marchés ont été attribués, à l’issue d’un appel d’offres, à différentes entreprises ivoiriennes spécialisées dans les travaux publics.

« Le Conseil municipal a investi 3 233 700 000 Fcfa dans le bitumage des rues de la commune de Cocody sur une période de trois ans », a-t-il révélé.

Il a précisé que la commune, dirigée par le maire Jean-Marc Yacé, est actuellement un vaste chantier. Des travaux similaires sont en cours dans plusieurs quartiers, notamment Aghien, M’Pouto, M’Badon et Djorogobité. 

 P.KROU