Daloa : Un enseignant meurt dans un accident au corridor de Bédiala

Daloa : Un enseignant meurt dans un accident au corridor de Bédiala

27/09/2026 - 17:25
Daloa : Un enseignant meurt dans un accident au corridor de Bédiala
Daloa : Un enseignant meurt dans un accident au corridor de Bédiala

Un enseignant du Lycée Moderne de Bédiala, K.D., professeur d'anglais, est mort samedi 26 septembre 2026 vers 11 heures au corridor de Bédiala, sur l'axe Daloa–Bédiala, selon un rapport publié par le Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra.

D'après le récit du collectif, l'enseignant rentrait de Daloa où il avait effectué des courses de fin de mois. Arrivé au corridor de Bédiala, il circulait immédiatement derrière un camion au moment du contrôle. Selon cette version des faits, l'agent chargé du barrage — qui utilise une corde en guise de dispositif de contrôle, et non une herse — aurait relevé soudainement la corde après le passage du camion, alors que le motard s'engageait à son tour. Le choc l'aurait projeté au sol ; il serait décédé sur le coup.

Le collectif précise que la victime portait un casque, disposait des documents réglementaires de son véhicule, et ne présentait ni consommation d'alcool ni de tabac au moment des faits — des éléments avancés pour écarter toute responsabilité de l'enseignant dans l'accident.

Ces informations proviennent exclusivement du rapport syndical ; elles n'ont pas pu être confirmées à ce stade par une source indépendante ou par les autorités.

Le collectif indique que des enseignants se sont rendus sur place après avoir été informés du décès. Un dispositif du Groupement Mobile d'Intervention (GMI), présenté comme placé sous la responsabilité du Lieutenant Ollo, serait intervenu avec des gaz lacrymogènes. Le rapport syndical fait également état de poursuites et de coups infligés à plusieurs enseignants, dont certains auraient été rattrapés dans un bas-fond, ainsi que d'interpellations, de téléphones confisqués ou endommagés et de propos jugés humiliants.

Le collectif signale qu'un enseignant blessé lors de ces incidents présenterait des blessures au dos, à la tête et au pied, et aurait été hospitalisé. Il évoque par ailleurs un précédent au même endroit, en juillet, où un enseignant serait resté deux jours dans le coma dans des circonstances similaires.

Le Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra a exprimé sa condamnation des violences rapportées et réclame l'établissement des circonstances exactes du décès, notamment sur l'usage d'une corde comme dispositif de barrage à ce corridor. Il appelle à la vérité, à la justice et à l'établissement des responsabilités, et invite les enseignants à rester mobilisés dans l'attente de suites données par leur hiérarchie syndicale.

Zak de Zak

RAPPORT DU COLLECTIF DES SYNDICATS DU SECTEUR ÉDUCATION-FORMATION DU HAUT-SASSANDRA

Objet : Compte rendu des événements survenus au corridor de Bédiala le samedi 26 septembre 2026

Le Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra porte à la connaissance de l’opinion publique et des autorités compétentes les faits suivants.

Le samedi 26 septembre 2026, aux environs de 11 heures, un tragique événement s’est produit au corridor de Bédiala, sur l’axe Daloa–Bédiala.

Notre collègue Keita Daouda, professeur d’anglais au Lycée Moderne de Bédiala, s’est rendu à Daloa pour effectuer ses courses de fin de mois. Après avoir achevé ses courses, il a repris la route en direction de Bédiala.

Nous précisons que notre collègue Keita Daouda ne fumait pas et ne consommait pas d’alcool, portait un casque et détenait tous les documents afférants à sa moto. Cette précision est importante pour établir clairement son état au moment des faits.

À son arrivée au corridor de Bédiala, notre collègue se trouvait juste derrière un gros camion.

Nous constatons qu’au niveau de ce corridor, les agents chargés du contrôle utilisent une corde comme dispositif de barrage, en lieu et place d’une herse.

Le gros camion qui précédait notre collègue arrive au niveau du barrage. L’agent abaisse la corde et laisse passer le camion.

Notre collègue, qui se trouve immédiatement derrière le gros camion, s’engage à son tour pour franchir le barrage.

C’est à ce moment que l’agent relève la corde.

La corde heurte violemment notre collègue et le projette à une certaine distance. Il tombe lourdement au sol.

Notre collègue Keita Daouda meurt sur le coup.

Informés de la situation, nous nous rendons immédiatement sur les lieux afin de constater les faits et de nous enquérir de la situation.

À notre arrivée, nous découvrons notre collègue décédé. La scène est particulièrement douloureuse et provoque une vive émotion parmi les enseignants présents.

Dans cette atmosphère de douleur et de colère, la tension monte rapidement.

Un important dispositif du Groupement Mobile d'intervention (GMI), dirigé par le Lieutenant OLLO a fait usage de gaz lacrymogène contre les enseignants présents.

Nous voyons également plusieurs de nos collègues être poursuivis et frappés. Certains sont poursuivis jusque dans un bas-fond, où ils sont rattrapés et violentés.

Nous voyons des collègues être conduits vers les véhicules des forces de l’ordre. Nous constatons également que des téléphones sont arrachés à certains enseignants et que certains appareils sont endommagés.

Nous entendons également des propos humiliants adressés à certains de nos collègues et constatons des comportements particulièrement dégradants à leur endroit.

La situation devient extrêmement tendue. Alors que nous sommes encore sous le choc de la mort brutale de notre collègue, plusieurs enseignants sont ainsi victimes de violences.

À la suite de ces événements, nous constatons qu’un autre de nos collègues est gravement blessé. Il présente notamment des blessures au dos et à la tête et au pied. Ses lunettes sont cassées. Il est par la suite conduit à l’hôpital pour recevoir des soins où il passera la nuit. 

Un autre collègue avait déjà fait deux jours de coma dans les mêmes circonstances dans le mois de juillet et au même endroit. 
Les agents de ce corridor ne sont donc pas à leur premier forfait.

               NOTRE POSITION

Le Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra déplore profondément la mort de notre collègue Keita Daouda.

Nous condamnons également les violences que nous avons vécues et constatées sur les lieux après le décès de notre collègue.

Nous demandons que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de la mort de Keita Daouda, notamment sur les conditions dans lesquelles cette corde est utilisée comme dispositif de barrage au corridor de Bédiala.

Notre démarche vise à faire établir les faits avec objectivité et à obtenir justice dans le respect des droits de tous.

Un enseignant est mort. Des enseignants ont été blessés.

Nous demandons vérité, justice et responsabilité.

Nous demandons par ailleurs à tous les camarades de rester mobilisés et à l'écoute de leur hiérarchie syndicale.