Bouaké : Des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle non conventionnels saisis sur le marché
Bouaké : Des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle non conventionnels saisis sur le marché
La direction régionale du commerce, de l’industrie et de l’artisanat de Gbêkè, a présenté publiquement dans ses locaux, le mardi 08 août 2026, plusieurs produits cosmétiques et d’hygiène corporelle prohibés saisis sur le marché.
Selon le directeur régional du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, Fadiga Mamadou, ces produits cosmétiques et d’hygiène corporelle sont issus de la fabrication artisanale ne respectant aucune norme,
Fadiga Mamadou a indiqué que cette conférence de presse a pour objet de lancer un message d’alerte aux populations mais aussi aux opérateurs économiques et artisans sur la dangerosité de l’usage de ces produits chimiques.
Le directeur régional a souligné que le contrôle de ses services a révélé que le marché est inondé de produits issus de mélanges artisanaux tels que le thé amincissant, les gélules de régime, des produits qui favorisent le grossissement de certaines parties intimes du corps humain et bien d’autres.
A ce niveau, il a rappelé que le décret n°2015-288 du 29 avril 2015, relatif à la production et à la réglementation des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle, interdit formellement les mélanges artisanaux, le recours à certaines substances comme les corticoïdes, le mercure, le taux d’hydroquinones au-delà de 2%.
A côté de cela, il faut noter la savonnerie traditionnelle et artisanale qui met également des produits nocifs à la santé sur le marché.
« On a fait le constat sur le terrain qu’il y a des gens qui utilisent les lieux de résidence pour produire ce type de savon au mépris de la réglementation, tout en causant des désagréments énormes au voisinage, ce n’est pas acceptable », a-t-il déploré.
Pourtant, une loi datant du 23 novembre 2023, portant code de l’environnement, en son article 6 interdit les odeurs excessives.
Le premier responsable du commerce, de l’industrie et de l’artisanat a précisé que toute violation aux dispositions prévues en la matière entraîne systématiquement la saisie, l’enlèvement, la destruction de ces produits, des peines privatives de libertés d’un à trois, ans assorties d’une amende de 300.000 à 3.000.000 de F CFA et des sanctions pécuniaires.
Les vendeurs de produits médicaux de qualité inférieure sont aussi frappés par la loi n°2015-633 relative à l’exercice de la pharmacie qui stipule que la pratique des activités de pharmacie sans être habilité expose à une condamnation de paiement d’amende allant de 5 à 10.000.000 F CFA ou à une peine de privation de liberté qui va de 12 à 18 mois.
Au regard de cet arsenal juridique de régulation de ce type de commerce, Fadiga Mamadou a invité tous les acteurs qui opèrent illégalement dans ce secteur à surseoir leurs activités.
Toutefois, il les a exhortés à prendre attache avec les services de la direction régionale du commerce, en vue d’être accompagnés pour sortir de l’informelle.
« Ce qu’on demande aux uns et aux autres, quand ils veulent se livrer à ce type d’activité, de venir voir l’administration, on va les aider à s’installer, on va confirmer qu’ils sont dans un endroit sécurisé. Il y a une étude d’impact environnemental préalable qui est faite, pour prévenir tous les risques par rapport aux populations riveraines », a-t-il exhorté.
Pour se mettre en règle, Fadiga Mamadou a invité les acteurs de ce secteur à se faire enregistrer à la Chambre des métiers, leur structure de tutelle. Ensuite, se faire immatriculer au Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CPICI) pour avoir le statut d’entrepreneur, avant de passer au ministère de tutelle pour avoir la carte de commerçant et bien d’autres documents.
Pour bien faire les choses, les acteurs ont jusqu’à la fin du mois pour essayer de se mettre en règle, car les mesures répressives seront activées au début du mois prochain.
Notons que ces mesures d’assainissement du secteur, selon Fadiga Mamadou, sont liées à la confiance qu’il faut créer par rapport aux investisseurs dans le cadre de la nouvelle zone industrielle de Bouaké.
Le président des consommateurs de Bouaké, Diaby Kassamba, a salué ces efforts de la tutelle dans la région de Gbêkè, à sécuriser la santé des consommateurs dans l’usage de ces produits au quotidien.
Eugène Kouadio
