Self-défense : Le Hoshinsul fait école chez les taekwondoïstes ivoiriens

Self-défense : Le Hoshinsul fait école chez les taekwondoïstes ivoiriens

01/11/2026 - 09:20
Self-défense : Le Hoshinsul fait école chez les taekwondoïstes ivoiriens
Self-défense : Le Hoshinsul fait école chez les taekwondoïstes ivoiriens

La 1ère édition de l’International Taekwondo Hoshinsul Training Camp s’est tenue le samedi 31 octobre 2026, au centre ivoiro-coréen et des TIC Alassane Ouattara, à Abidjan-Adjamé. Organisée par le groupe Anaman System Israeli Krav Maga and Training Security (ASIKAMTS), elle a réuni plus d’une centaine de pratiquants autour d’experts nationaux et internationaux.

Plus d’une centaine de taekwondoïstes ont pris part à la 1ʳᵉ édition de l’International Taekwondo Hoshinsul Training Camp, samedi 31 octobre 2026, à Abidjan-Adjamé.

Des ateliers pratiques plutôt que des combats

Maître Anaman Achi Landry (CN 5ᵉ DAN), fondateur du groupe ASIKAMTS et initiateur de ces ateliers, a rappelé que la formation est dispensée par plusieurs experts des arts martiaux et de la self-défense.

« Cette rencontre permet de réunir des compétences complémentaires autour de la transmission des techniques de défense et de la formation des pratiquants. 

L’objectif est donc de les sensibiliser aux réalités de la self-défense et de leur permettre de mieux comprendre les exigences de cette pratique », a-t-il expliqué.

Le programme ne prévoyait aucun combat, mais des ateliers fondés sur différents scénarios d’agression : situations impliquant des machettes, des couteaux, des bâtons ou plusieurs agresseurs à mains nues.

 Une prochaine édition plus étoffée

« Cette première édition s’est axée sur les bases. Le Hoshinsul est un domaine vaste qui comprend plusieurs modules, notamment la défense contre les coups, les bâtons, les couteaux et les armes à feu. Nous n’avons pas pu tous les aborder en une seule journée.

Nous envisageons donc une prochaine édition dans six mois ou un an, avec un programme plus étoffé et les équipements pédagogiques nécessaires », a-t-il promis.

Il a aussi précisé que le groupe ASIKAMTS est une structure spécialisée dans la formation à la défense et à la sécurité, orientée vers les systèmes de protection et les méthodes de défense, notamment le Krav Maga.

Connaître son corps pour mieux se défendre

 

Le Dr Jean Serge Koffi, médecin du sport, a ouvert la journée par un séminaire.

La journée s’est ouverte par un séminaire sur l’anatomie, la physiologie humaine et le cadre juridique de la pratique du taekwondo, animé par le Dr Jean Serge Koffi, CN 5ᵉ DAN de taekwondo, vice-président de l’Union africaine de médecine du sport et expert antidopage. Pour ce spécialiste de la médecine du sport, pratiquer correctement les arts martiaux suppose de bien connaître le corps humain.

« La connaissance de l’anatomie et de la physiologie humaines est indispensable à la pratique des arts martiaux. Il est essentiel de comprendre la constitution du corps, notamment le squelette et les muscles, mais aussi son fonctionnement physiologique et ses réactions face au stress.

La self-défense consiste à réagir à une agression, laquelle provoque généralement une situation de stress. Il faut alors apprendre à maîtriser ses réactions afin de répondre de manière adaptée et proportionnée, sans devenir soi-même l’agresseur.

La connaissance du corps humain et de ses réactions est donc indispensable pour pratiquer les arts martiaux de manière responsable, efficace et sécurisée », a-t-il souligné.

Les conseils dispensés visaient aussi à aider les pratiquants à rester dynamiques, à renforcer leurs capacités physiques et à améliorer leurs performances tout en préservant leur santé.

« Mon maître, le professeur Constant Roux, insistait sur cette exigence : pour rechercher la performance, il faut être en meilleure condition que celle que l’on associe habituellement à un état de santé satisfaisant.

Être en bonne santé permet généralement de se lever, de travailler, d’accomplir ses activités quotidiennes et de rentrer chez soi. Mais la pratique sportive de performance exige davantage : elle demande un travail spécifique pour développer les capacités physiques », a-t-il précisé.

Un rappel sur les responsabilités juridiques

Le médecin du sport a également attiré l’attention des maîtres et encadreurs sur une réalité jusque-là taboue : au-delà des aspects techniques et médicaux, la pratique du taekwondo entraîne des conséquences médico-légales.

« La pratique du taekwondo comporte des responsabilités juridiques qui ne doivent pas être négligées. Je les invite à faire l’effort de mieux connaître la loi, à se préparer physiquement de manière appropriée et à s’informer sur les risques liés à leur discipline.

La maîtrise technique ne suffit pas. Il faut également connaître son corps, savoir contrôler ses réactions, respecter les règles de sécurité et comprendre les responsabilités qui accompagnent l’enseignement et la pratique des arts martiaux », a-t-il conclu.

Faire de la protection de soi une priorité

En pleine démonstration, le Grand Maître Lee Jin Han (en tee-shirt rouge) montre aux participants comment appliquer les techniques de taekwondo à des situations de défense.

Le Grand Maître Lee Jin Han, expert coréen de taekwondo, CN 8ᵉ DAN certifié par le Kukkiwon (le centre mondial du taekwondo, en Corée) et huit fois champion du monde de poomsae, a d’emblée rappelé aux participants que le taekwondo associe formation mentale, éducation, préparation physique et maîtrise technique.

« Les poomsae, le combat, la self-défense et les démonstrations sont des composantes distinctes de la discipline. Le Hoshinsul doit permettre d’appliquer les connaissances techniques à des situations de défense. La compréhension du corps humain fait partie des apprentissages nécessaires. Cette formation est importante parce qu’elle permet aux pratiquants d’approfondir une dimension du taekwondo qui mérite, selon moi, davantage d’attention », a-t-il insisté.

Présent en Côte d’Ivoire depuis 2024, le Grand Maître Lee Jin Han a lancé un appel aux taekwondoïstes : « Il faut apprendre à utiliser ses connaissances de manière adaptée, comprendre les situations auxquelles on peut être confronté et faire de la protection de soi une priorité. »

 

Sortir du « tout-combat »

 

Maître Adama Cherif Haïdara, CN 7ᵉ DAN de taekwondo et du Kukkiwon, a pour sa part dispensé les cours de Hoshinsul, c’est-à-dire la self-défense en taekwondo. Cette discipline, a-t-il expliqué, enseigne différentes façons de se protéger, de se dégager et de réagir face à une agression en utilisant les membres supérieurs et inférieurs.

Ancien coach olympique du World Taekwondo, entraîneur des champions ivoiriens Cissé Cheick et Gbagbi Ruth de 2009 à 2014, et aujourd’hui spécialiste du Hoshinsul, il a encouragé les taekwondoïstes à ne pas se limiter au combat. « Ils doivent découvrir les autres dimensions du taekwondo et continuer à apprendre tout au long de leur parcours », a-t-il souhaité.

 

À l’issue de la journée, des certificats de participation ont été remis aux participants ayant suivi l’ensemble des activités prévues.

 

Patrick KROU