Douanes de Côte d’Ivoire : Les syndicats exigent la lumière sur la mort de Coulibaly Lamtou Aïmé
Douanes de Côte d’Ivoire : Les syndicats exigent la lumière sur la mort de Coulibaly Lamtou Aïmé
Après la mort dans des circonstances jugées troublantes du sergent-chef Coulibaly Lamtou Aïmé, agent de la brigade mobile des Douanes de Yamoussoukro, les syndicats de la corporation brisent le silence. Réunis dimanche 23 août 2026 à leur siège à Cocody, ils ont réclamé une enquête judiciaire approfondie, impartiale et transparente, afin d’établir les circonstances exactes du décès et les éventuelles responsabilités.
Le décès du sergent-chef Coulibaly Lamtou Aïmé continue de susciter émotion et interrogations au sein de l’Administration des Douanes de Côte d’Ivoire. Près de trois semaines après les faits, les syndicats de la corporation ont décidé de se prononcer publiquement sur cette affaire qui, selon eux, comporte encore de nombreuses zones d’ombre.
C’est au siège des syndicats, à Cocody, que le capitaine Kouassi Kouamé, secrétaire général et porte-parole de l’ensemble des syndicats des Douanes de Côte d’Ivoire, a donné lecture, dimanche 23 août, d’une déclaration commune.
Les organisations syndicales disent avoir appris avec « grande consternation » et « vive émotion » la disparition de leur collègue, survenue dans des circonstances qu’elles qualifient de « particulièrement troubles et préoccupantes ».
Selon les premiers éléments portés à leur connaissance, le sergent-chef Coulibaly Lamtou Aïmé aurait été victime, le lundi 3 août 2026, d’un accident de la circulation impliquant un taxi communal, avant une vive altercation avec des individus communément appelés « gnambros », au carrefour de la pharmacie du Lac, à Yamoussoukro.
Le lendemain, mardi 4 août, son corps aurait été retrouvé aux environs de 17 heures, allongé sous le parapet au bord du lac, à proximité de la station Afriquia et de l’hôpital Saint Joseph Moscati. Les syndicats précisent que l’agent avait été admis dans cet établissement la veille après l’intervention du GSPM.
Face à cette succession de faits, la corporation douanière refuse de tirer des conclusions avant les résultats des investigations. Mais elle réclame que celles-ci permettent de comprendre précisément ce qui s’est passé entre le lundi 3 et le mardi 4 août.
Une enquête impartiale réclamée
Pour les syndicats, la priorité est désormais de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès. Ils demandent aux autorités compétentes de diligenter, dans les meilleurs délais, une enquête judiciaire « approfondie, impartiale et transparente ».
Cette enquête devra notamment permettre, selon eux, d’établir la chronologie exacte des événements, d’identifier les personnes impliquées, de rechercher d’éventuels commanditaires ou complices et de déterminer les responsabilités individuelles et collectives conformément à la loi.
Les syndicats appellent également les personnes susceptibles de détenir des informations utiles à les communiquer aux autorités judiciaires. Ils insistent sur la nécessité de préserver et d’exploiter tous les éléments matériels susceptibles de contribuer à la manifestation de la vérité, notamment les témoignages, les images de vidéosurveillance, les communications et autres indices.
« Nul ne peut se substituer à la justice »
Dans leur déclaration, les représentants des douaniers se veulent également prudents sur les conclusions qui pourraient être tirées avant la fin de l’enquête.
Ils condamnent toute présentation unilatérale des faits et mettent en garde contre les déclarations prématurées susceptibles, volontairement ou non, d’orienter l’opinion publique, de brouiller les pistes ou de compromettre la recherche de la vérité.
« Nul ne peut se substituer à la justice », rappellent-ils, en précisant qu’ils ne réclament « ni vengeance, ni justice expéditive », mais « simplement la vérité et la justice ».
La corporation rejette par ailleurs toute tentative visant à réduire le décès du sergent-chef à un simple fait divers ou à de supposés antécédents de troubles psychiatriques. Pour les syndicats, l’ensemble des actes qui auraient contribué au décès du douanier doit être examiné par la justice.
Ils demandent, le cas échéant, que les auteurs, coauteurs, complices ou éventuels commanditaires répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes.
À l’endroit des autorités judiciaires, des services d’enquête et de l’administration, les syndicats lancent donc un appel à la responsabilité et à la diligence. Ils sollicitent une collaboration pleine et entière afin de permettre l’établissement de la vérité, tout en invitant les responsables politiques et personnalités publiques à faire preuve de réserve jusqu’à l’établissement officiel des faits.
Les syndicats des Douanes de Côte d’Ivoire assurent enfin qu’ils resteront mobilisés aux côtés de la famille du défunt et de leurs camarades. Leur principale exigence tient en trois mots : vérité, justice et responsabilité.
« La vie d’un agent de l’État a de la valeur. La vérité a de la valeur. La justice doit prévaloir », concluent-ils.
Ousseni
