ZLECAf : La CAPEC mise sur l’expérience de l’UEMOA pour lever les obstacles

ZLECAf : La CAPEC mise sur l’expérience de l’UEMOA pour lever les obstacles

23/09/2026 - 06:29
23/09/2026 - 08:34
ZLECAf : La CAPEC mise sur l’expérience de l’UEMOA pour lever les obstacles
Les officiels et les participants à l’atelier posant pour la postérité, à Abidjan.

Réalisée dans le cadre du projet CADAST, la Cellule d’analyse de politiques économiques du CIRES (CAPEC) a organisé, mardi 22 septembre 2026, à la bibliothèque de l’UFR Sciences économiques et de gestion de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), un atelier de restitution de l’étude sur le commerce intra-africain intitulée « Obstacles et opportunités d’une mise en œuvre efficace de la ZLECAf : l’expérience de l’UEMOA ».

Dans son intervention, le professeur Ahouré Alban, directeur de la CAPEC, a rappelé la vocation de cette structure, présentée comme un centre de réflexion et d’analyse destiné à éclairer les politiques économiques.

« La CAPEC, structure d’analyse de politique économique du CIRES, a pour vocation de produire des analyses économiques susceptibles d’éclairer utilement les décideurs », a-t-il indiqué. Il a ajouté que la CAPEC travaille avec des centres de réflexion africains afin d’approfondir les analyses sur les obstacles et les opportunités liés à l’intégration économique du continent.

L’UEMOA comme expérience de référence

Pour le professeur Ahouré Alban, le choix de l’UEMOA comme cadre d’analyse s’explique par l’expérience accumulée par cette organisation sous-régionale en matière d’intégration économique.
Selon lui, les acquis de l’UEMOA en matière de libre circulation, de tarif extérieur commun et de convergence des politiques économiques peuvent fournir des enseignements utiles à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Les difficultés rencontrées dans l’espace communautaire, notamment sur les plans administratif, réglementaire, logistique et économique, peuvent également contribuer à anticiper certains obstacles auxquels pourrait être confrontée la mise en œuvre de la ZLECAf à l’échelle continentale.

C’est dans cette perspective que la CAPEC a réuni des représentants de l’administration publique, des structures chargées des affaires économiques régionales et du commerce extérieur, des chambres consulaires, des organisations patronales du secteur privé ainsi que des enseignants-chercheurs.

L’objectif, a expliqué le directeur de la CAPEC, est de confronter les résultats de l’étude aux expériences des différents acteurs et d’identifier des recommandations pratiques et opérationnelles pour améliorer la mise en œuvre de la ZLECAf.

« Le rapport doit être présenté au prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, prévu à la fin du mois d’octobre. Nous avons donc besoin de vos contributions afin de finaliser le rapport et d’en améliorer la qualité, notamment en ce qui concerne l’analyse et les recommandations », a-t-il souligné.

Cette démarche, a-t-il poursuivi, s’inscrit dans la vision portée par l’Union africaine à travers l’Agenda 2063, en faveur d’une Afrique intégrée, prospère et en paix.

La compétitivité des entreprises au cœur des enjeux

Prenant part à cette réflexion sur l’intégration régionale et la mise en œuvre de la ZLECAf, Gustave Diasso, représentant résident de l’UEMOA en Côte d’Ivoire, a rappelé que l’Union, créée en janvier 1994, s’efforce de bâtir un espace économique intégré, prospère et solidaire.
Il a toutefois relevé plusieurs défis qui restent à relever, notamment en matière de compétitivité des entreprises, d’accès au financement, de maîtrise des coûts des facteurs de production, d’industrialisation et de développement des chaînes de valeur régionales.

« L’Union dispose d’atouts importants, mais doit encore progresser en matière de compétitivité des entreprises, d’accès au financement, de maîtrise des coûts des facteurs de production, d’industrialisation et de développement des chaînes de valeur régionales », a-t-il déclaré.

Face à ces enjeux, la Commission de l’UEMOA a engagé, avec la Chambre consulaire régionale de l’UEMOA, une stratégie destinée à renforcer la compétitivité des États membres et du secteur privé dans le cadre de la mise en œuvre de la ZLECAf.

Selon Gustave Diasso, cette démarche, engagée à partir de 2022, repose sur un processus concerté associant les principales parties prenantes. Elle vise notamment à sensibiliser les États membres et le secteur privé aux opportunités offertes par la ZLECAf.

L’étude de la CAPEC doit ainsi contribuer à identifier les obstacles, à capitaliser les bonnes pratiques et à formuler des mesures concrètes susceptibles de rendre plus efficace la mise en œuvre de la ZLECAf.

La Côte d’Ivoire réaffirme son engagement

Au nom de Fatoumata Fofana, directrice exécutive du Comité national de la ZLECAf, Bamba Mantiéni a, pour sa part, souligné que la Zone de libre-échange continentale africaine constitue une opportunité majeure pour renforcer l’intégration économique du continent.
Selon elle, l’objectif est de contribuer à la construction d’un marché continental davantage intégré et compétitif.

Elle a également insisté sur l’intérêt de tirer parti de l’expérience de l’UEMOA. Les acquis, mais aussi les difficultés rencontrées dans le processus d’intégration commerciale régionale, peuvent selon elle contribuer à nourrir la réflexion sur la mise en œuvre de la ZLECAf. Bamba Mantiéni a enfin réaffirmé l’engagement de la Côte d’Ivoire en faveur de la mise en œuvre de la ZLECAf.

À travers cette restitution, la CAPEC entend ainsi contribuer au débat sur les conditions de réussite du commerce intra-africain. Au-delà du diagnostic, les participants sont appelés à faire émerger des recommandations susceptibles de rapprocher les ambitions de la ZLECAf des réalités auxquelles sont confrontés les États et les opérateurs économiques.

Krou