Man : Le refus des pièces de 500 FCFA dans le viseur de la BCEAO et des autorités

Man : Le refus des pièces de 500 FCFA dans le viseur de la BCEAO et des autorités

30/10/2026 - 23:46
Man : Le refus des pièces de 500 FCFA dans le viseur de la BCEAO et des autorités
Man : Le refus des pièces de 500 FCFA dans le viseur de la BCEAO et des autorités

Le phénomène prend de l’ampleur et commence à susciter des inquiétudes dans les milieux commerciaux de Man. De plus en plus signalé dans les transactions quotidiennes, le refus des pièces de 500 FCFA constitue désormais une préoccupation pour les autorités monétaires et administratives.

Pour inverser cette tendance, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a initié une campagne de sensibilisation dans la capitale du Tonkpi, afin de rappeler aux populations que ces pièces conservent leur pleine valeur légale et doivent être acceptées dans les échanges commerciaux.

Cette opération de sensibilisation a mobilisé plusieurs composantes de la société, notamment les acteurs de la société civile et les représentants des organisations professionnelles. Il s’agit non seulement de rétablir la confiance autour de cette monnaie, mais également de prévenir les perturbations que son rejet pourrait entraîner dans les activités économiques.

À cette occasion, Mme Eva Koffi, cheffe de l’agence auxiliaire de la BCEAO de Man, a expliqué les motivations de cette initiative. Pour elle, la pièce de 500 FCFA occupe une place importante dans les transactions courantes et son rejet ne saurait être considéré comme un acte anodin. Elle a exhorté les participants à s’impliquer dans cette campagne en devenant des relais d’information auprès de leurs différentes communautés. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour faire évoluer les comportements.

Les échanges ont également permis à M. Cissé Sékouba, chef de caisse à l’agence auxiliaire de la BCEAO de Man, d’apporter des éclairages sur la situation et les dispositions réglementaires. Il a rappelé que les pièces de 500 FCFA mises en circulation par la BCEAO sont parfaitement authentiques et conservent leur validité. Elles peuvent donc être utilisées normalement pour régler des achats et honorer des créances.

Les données présentées au cours de cette rencontre font état, pour l’année 2025, d’une progression de 259 % de certains indicateurs liés à la circulation des pièces, avec un volume multiplié par cinq. Des chiffres qui illustrent l’importance de ces instruments de paiement dans les échanges économiques.

Sur le plan juridique, la BCEAO est formelle : les billets et pièces qu’elle émet doivent être acceptés dans l’ensemble des pays membres de l’UMOA. Le refus d’une monnaie ayant cours légal constitue une infraction susceptible d’entraîner des sanctions. Les textes prévoient notamment une amende allant de 100 000 à 500 000 FCFA pour les personnes reconnues coupables de cette pratique. La Banque centrale rappelle également que les billets détériorés ou déchirés, de même que les pièces lisses ou altérées, peuvent être échangés gratuitement à ses guichets.

Le préfet de la région du Tonkpi, préfet du département de Man, a, pour sa part, appelé les populations à prendre toute la mesure de cette situation. Il a invité les différents acteurs à s’approprier les recommandations formulées et à œuvrer pour leur application effective sur le terrain. L’enjeu, selon l’esprit de cette démarche, est de faire en sorte que les pièces de 500 FCFA retrouvent naturellement leur place dans les transactions sans distinction ni discrimination.

Pour assurer une large diffusion du message, la BCEAO et les autorités entendent s’appuyer sur les médias de proximité, les organisations communautaires et les relais locaux. Une stratégie qui vise à atteindre aussi bien les commerçants que les consommateurs.

À Man, cette campagne sonne ainsi comme un rappel à l’ordre et un appel au civisme économique : une pièce de 500 FCFA régulièrement émise par la BCEAO reste une monnaie valable. Son acceptation n’est pas une faveur accordée au client, mais une obligation qui participe au bon fonctionnement des échanges commerciaux.

 

Momo Rachid