« Miser sur la qualité, pas la quantité » : L’appel des chercheurs réunis à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire
« Miser sur la qualité, pas la quantité » : L’appel des chercheurs réunis à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire
Le Colloque scientifique de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI) s’est ouvert ce vendredi 23 octobre 2026 au siège de l'institution àAbidjan -Adiapodoumé, autour du thème : « Recherche, Innovation et Biotechnologie en santé ». Ce conclave international réunit plusieurs figures majeures du monde scientifique.
La conférence inaugurale, intitulée « De la paillasse au lit du patient : recherche, innovation et biotechnologie au service de la santé », a été animée par le Professeur Gordon Awandare, vice-recteur chargé des Affaires académiques et estudiantines de l'Université du Ghana et directeur-fondateur du WACCBIP, sous la modération du Professeur Serge Eholié (SMIT).
Dans son intervention, le Professeur Awandare a insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures et la gouvernance des institutions africaines pour élever la qualité de la production scientifique.
« Il ne faut pas miser sur la quantité, mais avant tout sur la qualité », a-t-il souligné, invitant la jeune génération de chercheurs à publier dans des revues internationales de premier plan et à fort impact.
Le conférencier a également abordé les enjeux de la formation aux cycles Master et Doctorat, ainsi que le défi de la fuite des cerveaux. Il a notamment partagé l'expérience de son institution, qui parvient à maintenir sur le continent 80 % des diplômés de Master et 90 % des docteurs.
De son côté, le Professeur André Offianan Touré, directeur scientifique de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, a plaidé pour la mutualisation des ressources technologiques face aux menaces sanitaires.
« Pour renforcer efficacement notre système de surveillance sanitaire, il est essentiel de mettre en place une plateforme technologique commune dédiée à la surveillance génomique de routine. Elle nous permettra de mieux suivre l’évolution du paludisme, du VIH et d’autres pathologies prioritaires », a-t-il affirmé.
Ce colloque vise en outre à moderniser la gouvernance scientifique, à adapter la recherche aux enjeux émergents — notamment l’intelligence artificielle — et à placer la formation des jeunes chercheurs au cœur des priorités.
Présente aux échanges, le Professeur Solange Kakou, chef du département Technique et Technologie (DTT), a salué la richesse des contributions avant de lancer un appel à un engagement renforcé pour le développement national.
« Il faut une nouvelle gouvernance, améliorer la pratique scientifique et travailler pour la Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré. « Ce que nous faisons en tant que chercheurs est destiné à la nation. Nous devons le faire avec rigueur pour impacter concrètement la vie des populations. »
Au terme de ce colloque scientifique, l'ensemble des participants s'accorde sur un constat : seule une recherche scientifique exigeante, adossée à des infrastructures modernes et des ressources humaines qualifiées, permettra d'apporter des réponses durables aux défis sanitaires du pays.
Kouamé A. Prisca (stagiaire)

