Affaire Komé Bakary : Quand le séisme foncier de Djorobité 2 donne enfin raison à Bruno Koné

Affaire Komé Bakary : Quand le séisme foncier de Djorobité 2 donne enfin raison à Bruno Koné

28/08/2026 - 13:41
Affaire Komé Bakary : Quand le séisme foncier de Djorobité 2 donne enfin raison à Bruno Koné

La crise foncière qui a secoué la Côte d’Ivoire et enflammé les réseaux sociaux connaît un rebondissement. Alors que l’affaire opposant dame Traoré Assetou à M. Komé Bakary semblait s'effilocher, de lourdes révélations remettent le feu aux poudres. Au cœur de ce nouveau chapitre : le chef du village de Djorobité 2, M. Minkan Assi Joseph, visé par une contestation de ses administrés.

Un collectif regroupant les sages, les notables, la jeunesse, les femmes et la mutuelle de développement du village exige désormais le départ immédiat de M. Minkan .

Assi Joseph. Au-delà d'un mandat de dix ans arrivés à échéance depuis janvier 2026 (arrêté préfectoral n°002/PA/CAB du 18 janvier 2016), ce sont des soupçons de dérives managériales et d'irrégularités foncières massives qui mettent le feu aux poudres.

Des accusations au couteau contre la chefferie

La gestion du chef est vivement attaquée par le collectif, qui dénonce une série de manœuvres frauduleuses présumées :

-Multipropriétés sur un même lot : La délivrance alléguée de doubles, voire triples attestations d’attribution sur des parcelles individuelles, ainsi que des cessions faites sur des terres coutumières à l'insu de leurs propriétaires.

-Falsification du « guide du village » : La modification ou le remplacement suspect de pages d'un document de 125 pages transmis à un commissaire de justice puis remis au 40ᵉ arrondissement de police.

-Opacité financière : Des zones d'ombre majeures autour des fonds générés par les mutations d’attestations et les taxes versées par la mairie de Cocody.

-Gestion unilatérale : L'absence de concertation avec les autorités coutumières concernant les lotissements annexes.

Face à cette crise de confiance, le collectif exige le retrait de l'arrêté de nomination du chef et propose une gouvernance transitoire assurée par le chef de terre, Nanan Agbè.

La revanche prophétique de la réforme ADU

Ces contestations apportent un éclairage saisissant sur les déclarations passées de Bruno Koné, alors ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme. Au plus fort de la crise, l'ex-ministre avait essuyé de vives critiques en affirmant que l'affaire Komé Bakary illustrait parfaitement la nécessité de sa réforme phare : l'Attestation de Droit d'Usage (ADU).

« Sur l’affaire Komé, cela a permis de comprendre mieux la pertinence de toutes les réformes qui ont été faites et en particulier la réforme de l’ADU. Si elle avait existé à cette époque-là, elle aurait permis d’éviter les multiples attributions qui ont eu lieu sur le lotissement de Gbessikoi de Djorobité », avait soutenu le ministre.

Bruno Koné avait également rappelé une vérité économique souvent occultée dans ces drames humains : « Quand il y a une vente ou une cession mal faite, c’est d’abord la responsabilité de celui qui a encaissé l’argent ».

Aujourd'hui, l'histoire semble lui donner raison. Les déboires subis par les acquéreurs à Djorobité 2 confirment qu'en l'absence d'un titre unique et infalsifiable comme l'ADU, le système foncier villageois restera vulnérable aux abus.

Alors que les dossiers sont désormais entre les mains de la justice et des forces de l'ordre, une certitude demeure : derrière les batailles juridiques, ce sont des familles spoliées qui attendent enfin que la transparence s'impose. Bruno Koné a dirigé le ministère de la Construction de 2018 à janvier 2026.

 

Patrick KROU