Recherche juridique : Boris Gogoua explore les intérêts vitaux de la Nation
Recherche juridique : Boris Gogoua explore les intérêts vitaux de la Nation
L’Université Grenoble-Alpes a accueilli, récemment, la soutenance de thèse de Boris Gogoua, consacrée au « concept juridique de sécurité nationale dans le cadre institutionnel ivoirien ».
À travers cette recherche, le juriste ivoirien apporte une contribution à la réflexion sur la protection des intérêts vitaux de la Nation et l’adaptation du droit aux nouveaux enjeux de souveraineté.
Le paysage de la recherche juridique ivoirienne s’enrichit d’une nouvelle expertise dans un domaine stratégique : celui de la défense et de la sécurité nationale. Boris Gogoua a soutenu avec succès, le 16 juillet 2026, à l’Université Grenoble-Alpes, en France, sa thèse de doctorat portant sur le « concept juridique de sécurité nationale dans le cadre institutionnel ivoirien ».
Inscrite dans le domaine du droit public, cette recherche s’intéresse à la manière dont le cadre juridique ivoirien peut permettre à l’État de mieux définir, identifier et protéger ses intérêts fondamentaux. Une problématique qui place la question de la souveraineté au cœur de la réflexion juridique.
L’un des principaux apports de cette étude réside dans l’identification et la cartographie des intérêts vitaux de la Nation. Il s’agit notamment de déterminer les secteurs, ressources, fonctions, capacités et valeurs dont la préservation est indispensable à la souveraineté de l’État et à la continuité de la vie nationale.
La réflexion dépasse ainsi la conception classique de la sécurité nationale, longtemps centrée sur les menaces militaires ou les agressions directement dirigées contre l’État. Elle intègre également les infrastructures critiques, les ressources et approvisionnements stratégiques, les capacités économiques et technologiques, ainsi que les éléments susceptibles d’affecter l’autonomie de décision de la Nation.
Cette nouvelle lecture intervient dans un contexte international marqué par une intensification des rivalités entre puissances, une compétition accrue pour l’accès aux ressources stratégiques et une multiplication des vulnérabilités économiques, technologiques et géopolitiques.
Pour les États africains, cette évolution revêt une importance particulière. Le continent est au cœur de nouvelles dynamiques de compétition internationale liées notamment à ses ressources naturelles, ses territoires, ses infrastructures et son potentiel économique.
Dans ce contexte, savoir ce qui est vital pour la Nation et définir les moyens juridiques permettant d’en assurer la protection apparaissent comme des impératifs de souveraineté.
Les travaux de Boris Gogoua s’inscrivent précisément dans cette perspective. Ils invitent à repenser les mécanismes juridiques de protection de l’État et de la Nation afin de les adapter aux mutations des menaces et aux nouveaux rapports de puissance du XXIᵉ siècle.
À travers cette spécialisation, le juriste se positionne au croisement du droit public, de la défense, de la sécurité nationale et des enjeux stratégiques.
Une expertise particulièrement sensible dans un contexte où les questions de souveraineté ne se limitent plus aux seules dimensions territoriale et militaire, mais englobent désormais les domaines économique, énergétique, technologique, numérique et institutionnel.
La soutenance de cette thèse constitue ainsi une étape importante dans le parcours académique de Boris Gogoua et contribue à mettre en lumière un champ de recherche encore peu exploré dans l’espace juridique ivoirien.
Au-delà du parcours individuel du nouveau docteur, cette recherche pose une question essentielle pour la Côte d’Ivoire : quels intérêts doivent être considérés comme vitaux pour la Nation et quels instruments juridiques l’État doit-il mobiliser pour garantir durablement leur protection ? Une réflexion qui place le droit au cœur des stratégies de souveraineté et de sécurité nationale.
Ousseni
