Agboville : Un gendarme écope de 18 mois de prison pour avoir dégoupillé une grenade lacrymogène dans un maquis
Agboville : Un gendarme écope de 18 mois de prison pour avoir dégoupillé une grenade lacrymogène dans un maquis
Nuit d'ivresse et de panique au quartier RAN. Pour avoir perturbé une soirée festive avec du matériel militaire, un Maréchal des logis a été lourdement sanctionné par le Tribunal Militaire d'Abidjan.
Ce qui devait être une simple soirée arrosée s'est terminé dans la fumée et le chaos. Le Tribunal Militaire d’Abidjan (TMA) a rendu son verdict ce jeudi 9 juillet 2026 dans l'affaire du Maréchal des logis D.M., autrefois en service à Agboville.
Reconnu coupable de plusieurs chefs d’accusation, le sous-officier a été condamné à 18 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme et 6 mois avec sursis.
Outre sa peine de prison, le gendarme se voit frapper de lourdes peines complémentaires :
-5 ans d'interdiction de porter une arme ;
-5 ans d'interdiction d'exercer les fonctions de juré ou d'assesseur ;
-L'obligation d'imprimer et d'afficher, à ses propres frais, la décision de justice dans l'ensemble des casernes du pays.
Quand la fête vire au drame au quartier RAN
Les faits remontent à la nuit du vendredi 6 au samedi 7 mars 2026. Il est aux alentours de 3 heures du matin lorsqu'une vive tension éclate dans un maquis du quartier RAN d'Agboville. Le Maréchal des logis D.M., présent sur les lieux et consommant de l'alcool, commet l'irréparable : en violation directe des consignes de sa hiérarchie, il dégoupille une grenade lacrymogène sur le parking de l'établissement.
En quelques secondes, une fumée piquante et irrespirable s'infiltre dans le maquis. C'est la panique générale. Les clients, pris de quintes de toux et aveuglés, se ruent vers la sortie dans une bousculade confuse. Profitant du désordre, le militaire prend la fuite.
Le lendemain, identifié grâce à la vigilance des responsables de l'établissement, il fait l'objet d'une plainte directement déposée auprès de sa hiérarchie.
Un rappel à l'ordre ferme de la justice militaire
À la barre du Tribunal Militaire, le prévenu n'a pas nié les faits. Il a reconnu avoir sciemment dégoupillé et jeté l'engin fumigène dans un caniveau jouxtant le maquis avant de rentrer tranquillement chez lui.
Poursuivi pour *trouble à l’ordre public, mise en danger d’autrui, dissipation de matériel militaire et violation de consigne* (en vertu des articles 179, 190, 393, 533 et 559 du Code pénal), le sous-officier a mesuré toute la sévérité de la justice des armées.
« La détention et l’usage d’équipements militaires sont strictement réservés au service ", dixit le Tribunal Militaire d'Abidjan.
À travers ce jugement exemplaire, l'institution militaire a tenu à envoyer un message fort à l'ensemble des troupes : les armes et équipements des forces de défense ne sont pas des jouets et toute dérive hors service sera sanctionnée avec la plus grande rigueur.
Patrick KROU
Source : Tribunal militaire d'Abidjan
