Foncier africain : À Abidjan, les dirigeants s'unissent pour transformer la terre en levier de paix et de prospérité
Foncier africain : À Abidjan, les dirigeants s'unissent pour transformer la terre en levier de paix et de prospérité
Le Parc des Expositions d'Abidjan est le théâtre de la toute première édition des Journées foncières d'Abidjan. Réunissant plus de 2 000 experts, décideurs et acteurs internationaux, à Abidjan ce lundi 5 octobre 2026, ce rendez-vous international vise à réinventer la gouvernance foncière africaine pour en faire un vecteur de paix, d'investissement et de développement durable.
En ouverture des travaux et souhaitant la bienvenue aux délégations venues d’Afrique, d’Europe, d'Asie et d’Amérique, le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a rappelé l'urgence d'adapter des cadres juridiques souvent hérités des indépendances.
« La question foncière demeure encore une matière insuffisamment maîtrisée qui fragilise le tissu social et freine les investissements productifs », a-t-il affirmé. Mettant en avant les avancées de la Côte d'Ivoire
— portée par la politique du président Alassane Ouattara et l'action de l'Agence Foncière Rurale (AFOR)
—, Bruno Koné a souligné la baisse constatée des conflits dans les zones délimitées. Il a plaidé pour un apprentissage mutuel et a émis le vœu de voir ces Journées devenir une plateforme de référence et un événement populaire.
Invité d'honneur, le Sénégal a partagé sa vision par la voix de son ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba. Saluant la fraternité historique reliant Dakar et Abidjan, il a retracé l'évolution du droit foncier sénégalais, de la coutume à la loi sur le domaine national de 1964, jusqu'aux réformes actuelles.
Cheikh Diba a détaillé le projet de sécurisation démarré en 2021 avec l'appui de la Banque mondiale, lequel adopte une démarche systématique et inclusive : au 30 juin 2026, plus de 830 000 parcelles avaient déjà été recensées. S'inscrivant dans la vision « Sénégal 2050 », le ministre sénégalais a insisté sur la digitalisation, la dématérialisation et la transparence portées par le Cadastre pour éviter les litiges.
« Nous sommes venus à Abidjan pour partager notre expérience, mais également apprendre de celle des autres », a-t-il déclaré, en lançant un appel aux partenaires techniques et financiers pour soutenir le futur programme national sénégalais.
Prenant la parole sous le haut patronage de ces assises, le ministre d’État, ministre de la Défense de Côte d’Ivoire, Téné Birahima Ouattara, a recadré l'enjeu au niveau stratégique. Le patron de la Défense du pays hôte a rappelé que la sécurisation foncière dépasse la simple formalité administrative pour toucher aux fondements de la stabilité nationale. « La question foncière se trouve au cœur d’enjeux politiques, économiques et sociaux majeurs.
Elle touche directement à la paix et à la cohésion sociale », a-t-il martelé. Saluant les réformes impulsées par le président Alassane Ouattara, Téné Birahima Ouattara a rappelé que le foncier demeure avant tout une aventure humaine qui exige sécurité juridique, transparence et efficacité.
Pendant trois jours, ateliers thématiques, panels ministériels et salons d'innovation se succéderont pour faire émerger des solutions idoines et apodictiques pour le continent.
Patrick KROU
