Présidentielle 2025/ En tournée en France : « Ce sont les Ivoiriens qui mettront fin au règne du RHDP », selon Tidjane Thiam

Présidentielle 2025/ En tournée en France : « Ce sont les Ivoiriens qui mettront fin au règne du RHDP », selon Tidjane Thiam

01/04/2025 - 18:46
Présidentielle 2025/ En tournée en France : « Ce sont les Ivoiriens qui mettront fin au règne du RHDP », selon Tidjane Thiam
Tidjane Thiam, président du PDCI sur le plateau de Journal d’Afrique de TV5 Monde. .

« Ce sont les Ivoiriens qui mettront fin au règne du RHDP », selon Tidjane Thiam

En tournée en Occident, le président du PDCI, Tidjane Thiam, était l'invité de TV5 Monde ce lundi 31 mars 2025. Interrogé sur ses arguments pour mettre fin aux 15 ans de règne du RHDP, Tidjane Thiam a clarifié ses intentions et crevé l'abcès. Un extrait de cet entretien !

TV5 Monde : Le 10 mars, avec plusieurs opposants ivoiriens, vous avez créé la Coalition pour l'alternance pacifique en Côte d'Ivoire afin de favoriser un dialogue politique avec le pouvoir et introduire des réformes du système électoral. Comment comptez-vous défendre cette cause ?

Tidjane Thiam : Eh bien, tout d'abord, pourquoi faisons-nous tout cela ? C'est à cause de l'état actuel du pays. Moi, souvent, j'ai été absent pendant un certain temps, ce qui m'a permis de voir l'écart entre le moment où je suis parti et aujourd'hui. Dans certains domaines, nous avons progressé, mais dans d'autres, la situation est très mauvaise.

C'est pour cela que le PDCI est impliqué dans tout cela. Prenez l'exemple de la santé. En Côte d'Ivoire, l'espérance de vie est de 59 ans, alors qu'au Sénégal, elle est de 68 ans. Le PIB par tête en Côte d'Ivoire est 50 % supérieur à celui du Sénégal. Comment se fait-il qu'on ait 9 ans d'espérance de vie en moins que le Sénégal ? 

Cela représente 93 000 morts supplémentaires par an, soit 250 morts par jour. Chaque Ivoirien se plaint de l'augmentation des décès. C'est un problème grave.

Cette coalition est un moyen d'atteindre un objectif. L'objectif, c'est d'arriver au pouvoir, de mettre l'accent sur le capital humain, principalement la santé et l'éducation, qui sont les deux piliers qui ont permis à la Côte d'Ivoire d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Il est crucial de mener la Côte d'Ivoire vers un meilleur avenir.

Moi, je ne me réjouis pas de la situation actuelle. Je voudrais que la Côte d'Ivoire soit meilleure. Quand je vois que l'espérance de vie moyenne en Afrique est de 62 ans, et que nous sommes en dessous de cette moyenne, cela m'inquiète.

TV5 Monde : À travers cette coalition, envisagez-vous une candidature à la présidence ?

Tidjane Thiam : Non, nous n'avons pas du tout abordé cette question. Ce n'est pas une organisation politique. C’est une coalition pour réunir les conditions d’une élection équitable, transparente, etc.

Chaque parti garde son identité et ses idéologies. Nous avons choisi le mot « coalition » pour symboliser une alternance pacifique, car je crois que la Côte d'Ivoire a désespérément besoin d'une alternance. Nous avons vu dans la sous-région le Ghana réussir une alternance pacifique, et le Sénégal a aussi connu une alternance plus ou moins pacifique. Il n’y a aucune raison pour que la Côte d'Ivoire n'y parvienne pas.

TV5 Monde : Vous ne faites pas mystère de vos ambitions pour présider la nation ivoirienne. En attendant les résultats de la prochaine convention du PDCI, si vous êtes élu, comment comptez-vous mettre fin aux 15 ans de règne du RHDP ?

Tidjane Thiam : Ce sont les Ivoiriens qui peuvent mettre fin aux 15 ans de règne du RHDP. Comme je l'ai dit, la seule question pertinente dans le contexte actuel, c'est : pouvez-vous évaluer ce qui a été fait en 15 ans et décider si vous accordez cinq ans de plus au RHDP ou pas ?

La réponse à cette question est cruciale. De notre côté, nous développons des propositions. Nous avons des groupes de travail qui œuvrent depuis plus d’un an sur des axes très importants : sécurité, capital humain, santé, éducation, développement durable, économie et équité.

Le mot « équité » est très important pour moi. Nous pouvons générer de la croissance, mais ce qui est difficile, c'est de générer de la croissance équitable, qui bénéficie à tous. Nous croyons que les nouvelles technologies sont un levier clé pour la Côte d'Ivoire.

Nous avons un diagnostic précis et des propositions détaillées. Nous allons les présenter aux Ivoiriens, et ce sera à eux de décider s’ils adhèrent ou non à notre vision.

TV5 Monde : Et vos adversaires, notamment du côté du RHDP, vous diront qu'ils ont un bilan. Comment allez-vous convaincre les Ivoiriens ?

Tidjane Thiam : Le PDCI regorge de talents. J'ai été agréablement surpris par l'enthousiasme qui a émergé. Lors de la création de nos six groupes de travail, nous avons reçu des candidatures de personnes, même de ceux qui ne sont pas membres du PDCI.

L'investissement du PDCI dans l'éducation et la santé a porté ses fruits. Les personnes de plus de 40 ans, produits du système PDCI, sont compétentes, motivées, et de qualité. 

Le PDCI peut proposer un programme, une vision, et surtout la capacité d’exécuter. Une vision sans capacité d’exécution ne vaut pas grand-chose.

TV5 Monde : Quelle est votre vision pour l'avenir de la Côte d'Ivoire ?

Tidjane Thiam : Ma vision pour la Côte d'Ivoire est celle d'un pays maître de son destin. Dans un monde incertain et difficile, cela signifie avant tout avoir des ressources humaines de qualité.

Dans le développement, ce qui compte, c'est le capital humain, intellectuel. Le premier objectif pour bâtir l'avenir d'un pays, c’est d'éduquer les jeunes, de leur fournir les compétences nécessaires pour affronter les défis de demain. 

Quand je vois que la Côte d'Ivoire est 13e sur 14 pays en mathématiques, cela me nuit. Ce sont des données du PASEC et cela me préoccupe profondément, car c’est l’avenir de notre pays.

TV5 Monde : Vous avez passé plusieurs années à l'étranger. Ne craignez-vous pas que cela vous porte préjudice lors de la campagne présidentielle ?

Tidjane Thiam : Nous avons mené des études de terrain. Nous avons organisé des focus groupes et la grande majorité des Ivoiriens voient cela comme un atout.

Quant à ma notoriété, je n’ai pas de problème. J'ai été connu relativement tôt pour mes performances scolaires, puis pour le travail que j’ai fait au sein du NET et de la DCGPX, et enfin pour ce que j'ai accompli à l’international. 

J’ai visité plus de dix villes et rencontré de nombreux Ivoiriens. Cela a contribué à une certaine notoriété. Les Ivoiriens ne se préoccupent pas de mes années passées à l’étranger, mais de ce que je peux apporter au pays.

Journaliste TV5 Monde : Merci, M. Thiam, d'avoir répondu à nos questions sur l’actualité en Côte d'Ivoire et sur votre programme, que vous comptez présenter aux Ivoiriens si vous êtes élu lors de la convention du PDCI-RDA.

 

Tidjane Thiam : J'ai toujours été Ivoirien, je suis Ivoirien et je serai toujours Ivoirien. Merci à mon pays.

 

Retranscrit par P. K