Braffouéby : Les jeunes barricadent la carrière chinoise et exigent 100 millions d'impayés

Braffouéby : Les jeunes barricadent la carrière chinoise et exigent 100 millions d'impayés

24/08/2026 - 11:17
Braffouéby : Les jeunes barricadent la carrière chinoise et exigent 100 millions d'impayés
Braffouéby : Les jeunes barricadent la carrière chinoise et exigent 100 millions d'impayés
Braffouéby : Les jeunes barricadent la carrière chinoise et exigent 100 millions d'impayés
Braffouéby : Les jeunes barricadent la carrière chinoise et exigent 100 millions d'impayés
Braffouéby : Les jeunes barricadent la carrière chinoise et exigent 100 millions d'impayés

Ce matin du lundi 24 août 2026, la quiétude de Braffouéby, paisible village situé à 2 km de Sikensi, a été perturbée par des manifestations.

Des jeunes en colère ont barricadé les voies d'accès au village pour protester contre les responsables de l'entreprise d'exploitation de granite Chine Côte d'Ivoire Daffa. Ce mouvement a paralysé les activités de la société, liée à la communauté villageoise par un contrat de 10 ans signé en décembre 2024.

Selon Lago Oyou Olivier, leader des jeunes manifestants, cette colère s'explique par de multiples manquements au contrat de la part de l'entreprise chinoise. Parmi les principaux griefs figurent :

-Le non-paiement des loyers mensuels depuis 32 mois, représentant un arriéré d'environ 100 millions de FCFA.

-L'arrêt des travaux de construction du foyer des jeunes (bloqués au stade du chaînage depuis 18 mois).

-Le manque d'appui financier pour la réhabilitation du groupe scolaire du village, gravement endommagé par une tornade, ce qui menace la rentrée scolaire de plus de 600 élèves.

-L'absence de reprofilage des routes locales.

-Le non-versement de la contribution annuelle de 1 million de FCFA dédiée aux activités culturelles.

« C'est pour toutes ces raisons que j'ai mobilisé la jeunesse afin de bloquer l'accès au site de production de l'entreprise chinoise. Nous voulons nous faire entendre », a justifié Lago Oyou Olivier, avant d'avertir : « Si rien n'est fait, nous assiégerons la carrière jusqu'à nouvel ordre pour obtenir la signature d'un nouveau contrat. Nous luttons pour le bien-être de nos parents. »

Pour Kacou Daniel, membre de la génération « Sétè » du village, un comité de gestion avait pourtant été mis en place sous la supervision des autorités préfectorales dès la signature du contrat. « À notre grande surprise, le compte du village est désespérément vide, alors même que nous avons transmis le RIB au préfet et à l'entreprise pour le versement de nos dus », dénonce-t-il.

Il précise par ailleurs que suite aux dégâts causés par la tornade du 10 mars dernier sur l'école du village, des démarches menées auprès de la mairie de Sikensi et du Conseil régional sont restées sans suite. « Nous avons alors demandé aux responsables chinois de nous verser notre argent pour réhabiliter l'école avant la rentrée des classes, mais ils refusent catégoriquement », déplore-t-il.

Soucieux de recueillir la version des responsables de l'entreprise Chine Côte d'Ivoire Daffa, nous nous sommes rendus à leur siège local. Sur place, le responsable de la sécurité nous a opposé un refus catégorique, affirmant avoir reçu l'ordre strict de ne laisser entrer aucune personne extérieure.

 

Alain Dodet, envoyé spécial à Braffouéby