Les journalistes scientifiques outillés face au défi de la pollution plastique
Les journalistes scientifiques outillés face au défi de la pollution plastique
Une cinquantaine de journalistes scientifiques ont été formés, jeudi 6 août 2026, à Abidjan, sur les enjeux liés à la gestion de la pollution plastique en Côte d’Ivoire. Initiée par le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), en collaboration avec l’Association des journalistes scientifiques de Côte d’Ivoire (AJSCI), cette formation s’est tenue à l’hôtel Laforge, à Cocody Angré, en présence du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, qui en a assuré le lancement.
À cette occasion, le ministre a salué l’initiative du CIAPOL et de l’AJSCI, soulignant l’importance du rôle des médias dans la sensibilisation des populations aux enjeux environnementaux. Selon lui, la pollution plastique constitue désormais un enjeu mondial qui menace les ressources naturelles, fragilise les écosystèmes, affecte la biodiversité, perturbe certaines activités économiques et représente un défi croissant de santé publique.
« Face à cette situation, la Côte d’Ivoire a fait le choix d’agir », a-t-il indiqué, assurant que le Gouvernement accordera une attention particulière aux initiatives visant à promouvoir un journalisme scientifique de qualité et à favoriser une meilleure appropriation des questions environnementales par les populations.
Abou Bamba a notamment insisté sur l’ampleur des conséquences liées aux déchets plastiques. Dans cette dynamique, il a annoncé la construction prochaine d’une usine de recyclage à Sikensi, présentée comme une réponse supplémentaire aux défis liés à la valorisation des déchets plastiques.
Pour le directeur du CIAPOL, le professeur Yapo Ossey Bernard, la lutte contre la pollution plastique nécessite une mobilisation de l’ensemble des composantes de la société. « L’État, les collectivités, le secteur privé, la société civile, les chercheurs et les médias ont chacun un rôle déterminant à jouer », a-t-il relevé.
Il a réaffirmé l’engagement du CIAPOL à renforcer les capacités des différents acteurs, à promouvoir les bonnes pratiques environnementales et à développer des partenariats stratégiques en faveur d’une Côte d’Ivoire plus propre et plus résiliente.
Le responsable du CIAPOL a également rappelé que la pollution plastique n’épargne aucun territoire. Elle touche notamment les océans, les lagunes, les cours d’eau, les sols et la biodiversité, avec des conséquences qui préoccupent de plus en plus les autorités sanitaires et environnementales.
Selon des données de la Banque mondiale datant de 2023, la Côte d’Ivoire génère environ 609 000 tonnes de déchets plastiques chaque année. Face à cette production importante, le taux de recyclage reste insuffisant, renforçant la nécessité d’actions coordonnées en matière de prévention, de collecte, de valorisation et de sensibilisation.
La formation destinée aux journalistes scientifiques a ainsi permis de renforcer leurs connaissances sur le cadre réglementaire relatif à la gestion des déchets plastiques, notamment le décret n°2013-327 du 22 mai 2013. Elle a également porté sur la vision, les axes stratégiques et les objectifs de la Stratégie nationale de lutte contre la pollution plastique (SNLCPP) pour la période 2026-2030.
Pour la présidente de l’AJSCI, Marcelle Aka, le journalisme scientifique doit aller au-delà de la simple restitution de l’information. « Notre mission ne consiste pas simplement à annoncer des activités ou à relayer des déclarations officielles.
Elle consiste à expliquer les phénomènes, à donner du sens aux données scientifiques, à décrypter les enjeux, à vérifier les faits et à rendre accessibles des connaissances parfois complexes », a-t-elle expliqué.
Dans cette perspective, l’AJSCI entend également encourager davantage la production de contenus journalistiques consacrés aux questions environnementales.
Sa présidente a annoncé l’introduction envisagée, dès la prochaine édition du Prix MSD du Journaliste scientifique, d’un prix sectoriel dédié à la lutte contre la pollution plastique.
Cette initiative vise à stimuler la production d’enquêtes, de reportages et d’articles de qualité sur une problématique qui touche directement l’environnement, l’économie et la santé des populations.
À travers cette formation, les organisateurs entendent donc faire des médias des acteurs majeurs de la sensibilisation et de la mobilisation citoyenne contre la pollution plastique.
Une approche qui s’inscrit dans la volonté de renforcer la réponse nationale face à un phénomène dont les conséquences environnementales et sanitaires deviennent de plus en plus préoccupantes.
Ousseni Sawadogo
