Table ronde stratégique pour transformer le secteur semencier ouest-africain
Table ronde stratégique pour transformer le secteur semencier ouest-africain
Du 11 au 13 février 2026, Abidjan accueille un atelier sous-régional de haut niveau sur l’avenir du secteur semencier en Afrique de l’Ouest.
Organisé conjointement par la FAO, le CORAF et AfricaSeeds, cet événement réunit experts, institutions régionales, chercheurs, organisations paysannes et acteurs privés pour poser les fondations d’un système semencier plus inclusif, compétitif et résilient à l’horizon 2035.
« Les semences sont la clé de voûte de toute production agricole », a déclaré le Dr Mounini Savadogo, Directeur Exécutif du CORAF, en ouvrant les travaux.
Il a alerté sur une faiblesse majeure : seulement 20 % des agriculteurs ouest-africains accèdent à des semences certifiées ou améliorées, 80 % dépendant encore de circuits informels. Cette situation limite productivité, résilience climatique et sécurité alimentaire.
La FAO, par la voix de M. Adin Bloukounon, a réaffirmé le rôle stratégique des semences comme point d’entrée des politiques agricoles.
Elle plaide pour un secteur dynamique, soutenu par des réglementations harmonisées, une traçabilité numérique renforcée et des mécanismes de confiance pour le commerce transfrontalier. Des expériences du Nigeria, Kenya, Maroc, Brésil et Vietnam servent de références.
Les organisations régionales (CEDEAO, UEMOA, CILSS) ont salué les avancées réglementaires tout en insistant sur leur mise en œuvre effective. La Côte d’Ivoire a présenté une avancée majeure : l’adoption récente de son premier catalogue officiel des variétés.
Les discussions couvrent toute la chaîne de valeur – production, certification, distribution, financement, digitalisation, inclusion des femmes et jeunes, semences de qualité déclarée (QDS) – avec pour ambition de produire une stratégie régionale concrète, une matrice d’actions prioritaires et un schéma de gouvernance renforcé.
Cette table ronde ambitionne de passer des constats aux actes : mobiliser des investissements privés, améliorer l’accès aux semences performantes et bâtir une agriculture ouest-africaine plus productive, résiliente et moins dépendante des importations.
Alain Dodet
