Hausse des tarifs de transport à Karahi : Les femmes en première ligne de la contestation
Hausse des tarifs de transport à Karahi : Les femmes en première ligne de la contestation
La chefferie traditionnelle a également apporté son appui à cette initiative. Le secrétaire général de la chefferie, Kessié Ogoré Adji, s’exprimant au nom du chef du village, a estimé que cette revendication était légitime : « Le chef soutient pleinement la démarche des femmes de Karahi. Il s’agit d’une lutte pour la défense des intérêts de la population. Nous invitons les acteurs du transport à privilégier le dialogue afin de préserver la cohésion sociale », a-t-il affirmé.
Interrogé par notre équipe de reportage sous le couvert de l’anonymat, un conducteur de moto-taxi a justifié cette augmentation par la hausse des charges liées à son activité :
« Le prix du carburant augmente, l’entretien des motos coûte cher et nous devons aussi subvenir aux besoins de nos familles », a-t-il expliqué.
Pour sa part, Mamadou Oussama, usager régulier de la route, a exprimé son ras-le-bol :
« Avec cette augmentation, il devient difficile de se déplacer au quotidien. Beaucoup d’entre nous vivent déjà avec un budget très serré. Nous comprenons les difficultés des conducteurs, mais il faut aussi penser aux usagers », a-t-il confié.
Alors que les positions restent divergentes, le village de Karahi illustre parfaitement la tension entre réalités économiques et équité sociale.
La marche pacifique de ces femmes, porteuses de revendications légitimes, rappelle que la voix des populations rurales ne peut être ignorée.
La balle est désormais dans le camp des transporteurs et des autorités locales : écouter, dialoguer et trouver un compromis juste n’est plus une option, mais une nécessité pour préserver l’harmonie au sein de la communauté.
DJACK ZOLA
