Indépendance de la Côte d’Ivoire : Affi N’Guessan appelle à « une véritable souveraineté »

Indépendance de la Côte d’Ivoire : Affi N’Guessan appelle à « une véritable souveraineté »

06/08/2026 - 19:18
Indépendance de la Côte d’Ivoire : Affi N’Guessan appelle à « une véritable souveraineté »
Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI).

À l’occasion du 66 anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, a établi un diagnostic critique de la situation sociopolitique du pays et appelé à une nouvelle étape dans la conquête de la souveraineté nationale.

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 6 août 2026, à la veille de la célébration de l’indépendance, l’ancien Premier ministre estime que 66 ans après l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté internationale, « l’indépendance ne se résume pas à un drapeau, à un hymne national ou à une reconnaissance internationale ».

Pour Pascal Affi N’Guessan, elle doit avant tout se mesurer à la capacité des Ivoiriens à « décider librement de leur destin », à maîtriser leur économie, à protéger leurs ressources et à garantir les libertés publiques et la justice sociale.

Des acquis, mais une indépendance encore inachevée

Le président du FPI reconnaît toutefois les progrès réalisés depuis 1960. Il cite notamment la montée en responsabilité des compétences ivoiriennes ainsi que la réalisation de nombreuses infrastructures. « Notre pays s’est doté d’infrastructures modernes », souligne-t-il, évoquant les routes, les ponts, les ports, les universités, les hôpitaux, les barrages et les réseaux numériques.

Il relève également le poids économique de la Côte d’Ivoire en Afrique de l’Ouest. Mais ces avancées ne suffisent pas, selon lui, à garantir une indépendance pleine et entière. « Après soixante-six années d’indépendance, pouvons-nous affirmer que les Ivoiriens sont réellement maîtres de leur destin ? La réponse est malheureusement non », affirme-t-il.

Sur le plan politique, Pascal Affi N’Guessan déplore une démocratie qu’il juge « inachevée », marquée, selon lui, par des tensions récurrentes lors des échéances électorales, des contestations institutionnelles et des fragilités dans le dialogue politique.

Il appelle également à renforcer la cohésion nationale, estimant que « la méfiance continue d’opposer des Ivoiriens à d’autres Ivoiriens ». Pour lui, le développement du pays ne peut être durable sans réconciliation.

L’économie au cœur des préoccupations

Le leader du FPI fait surtout de l’indépendance économique l’un des principaux défis de la Côte d’Ivoire. Il dénonce une économie encore fortement tournée vers l’exportation de matières premières brutes. « Notre économie continue essentiellement d’exporter des matières premières brutes pendant que d’autres créent la richesse en les transformant », déplore-t-il, citant notamment le cacao, le café, la noix de cajou, le coton et l’hévéa.

Cette situation, estime-t-il, limite la création d’emplois et la participation des entrepreneurs ivoiriens aux secteurs stratégiques. Il réclame ainsi davantage de soutien aux entreprises nationales, une accélération de l’industrialisation et une meilleure redistribution des fruits de la croissance.

La question du pouvoir d’achat préoccupe également le président du FPI. La hausse du coût des denrées alimentaires, du logement, des transports et de l’électricité constitue, selon lui, une réalité qui contraste avec les performances macroéconomiques du pays.

Affi N’Guessan interpelle le pouvoir

À l’occasion de cette fête nationale, Pascal Affi N’Guessan adresse un appel direct au président de la République. Il demande « des actes courageux d’apaisement », notamment la libération de personnes détenues dans le cadre d’affaires liées à la vie politique, dans le respect des procédures légales. Il plaide également pour « l’ouverture d’un dialogue politique franc, sincère et inclusif » avec les différentes forces politiques et sociales.

Pour le président du FPI, la Côte d’Ivoire doit désormais poursuivre une nouvelle conquête : celle d’une souveraineté politique, économique et sociale davantage tournée vers ses citoyens. « L’indépendance est une conquête permanente », rappelle-t-il, appelant à bâtir une Côte d’Ivoire « forte, prospère, véritablement libre, souveraine, démocratique et unie ».

Patrick KROU