Cap Avenir mise sur le développement personnel et l’autonomie financière des bacheliers

Cap Avenir mise sur le développement personnel et l’autonomie financière des bacheliers

11/08/2026 - 08:14
Cap Avenir mise sur le développement personnel et l’autonomie financière des bacheliers
Cap Avenir mise sur le développement personnel et l’autonomie financière des bacheliers

Donner aux jeunes les moyens de mieux se connaître, de construire leur projet d’avenir et de se préparer aux réalités de la vie professionnelle. Telle est l’ambition du programme Cap Avenir Abidjan 2026, qui se tient du 10 au 15 août 2026 au Collège Voltaire de Marcory, au profit de 50 bacheliers méritants de la session 2026 relevant de la DRENA Abidjan 2.

Le Programme d’Excellence Cap Avenir entend aller au-delà de la seule réussite académique. Il propose aux bénéficiaires un parcours articulé autour de trois piliers : le développement personnel, l’orientation stratégique et l’éducation financière pratique.

Durant six jours, les participants sont ainsi appelés à développer des compétences destinées à leur permettre d’aborder plus sereinement la transition entre le lycée, l’enseignement supérieur et, à terme, le monde professionnel.

Pour Yao Kouassi Félix, expert de la BCEAO, maître-formateur, enseignant et conseiller pédagogique, l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les jeunes réside dans leur difficulté à se projeter dans l’avenir.

« Le véritable problème de nos enfants, c’est qu’ils ne savent pas rêver grand, ils ne savent pas rêver beau », estime-t-il. Une situation qui, selon lui, se traduit notamment par l’incertitude de certains nouveaux bacheliers quant à leur orientation et à leur projet professionnel.

« Avoir le bac, c’est bien. Mais qu’est-ce qu’on devient demain ? Comment le devient-on et pourquoi veut-on le devenir ? Ce sont des questions fondamentales », souligne-t-il.

À travers Cap Avenir, les jeunes sont donc invités à acquérir des outils qui dépassent le cadre strictement académique. Le programme met notamment l’accent sur la connaissance de soi, la confiance en soi, l’acquisition de compétences entrepreneuriales et la maîtrise des fondamentaux de la gestion financière.

Dr Fall Mariama Mary, docteure en éducation, ingénieure pédagogique et fondatrice d’AlQalam Group (ELC / Skill-Up Studio), présente le développement personnel comme un élément essentiel du parcours.

« Chaque élève devrait savoir quel est son type de personnalité, son style d’apprentissage, ses passions et ses talents », explique-t-elle. Cette démarche doit permettre aux jeunes d’identifier leurs forces, de travailler sur leurs axes d’amélioration et de renforcer leur confiance en eux.

Le deuxième axe du programme porte sur l’orientation stratégique. Les bénéficiaires sont sensibilisés aux mutations du monde professionnel ainsi qu’à la nécessité d’acquérir de nouvelles compétences, notamment dans les domaines du numérique et de l’intelligence artificielle.

Pour Dr Fall Mariama Mary, les jeunes doivent être capables de s’adapter à un environnement professionnel en constante évolution. « Les diplômes n’expirent pas, mais les compétences peuvent devenir obsolètes », fait-elle remarquer, invitant les nouveaux bacheliers à poursuivre leur apprentissage au-delà de leur parcours académique.

Le troisième pilier concerne l’éducation financière pratique. Les participants sont notamment sensibilisés à la gestion de leurs revenus, à l’épargne, à la budgétisation, à l’entrepreneuriat et à la prévoyance.

L’objectif est de les aider à construire progressivement leur autonomie financière et à éviter certaines pratiques à risque. Les formateurs encouragent notamment les jeunes à identifier les compétences qu’ils peuvent valoriser et transformer en opportunités économiques.

L’initiative est favorablement accueillie par Kouamé Joséphine, inspectrice générale de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation. Elle considère que Cap Avenir répond à une problématique importante : préparer les jeunes aux réalités de la vie après le baccalauréat.

« Nos enfants, même lorsqu’ils sont bacheliers, ignorent certaines réalités indispensables à leur vie future. Cet atelier leur donne des rudiments utiles pour mieux préparer cette nouvelle étape », souligne-t-elle.

Elle insiste également sur la nécessité d’initier les jeunes à la gestion financière dès leur entrée dans la vie adulte. « Vous terminez vos études, vous obtenez un emploi, vous recevez votre premier salaire, mais personne ne vous explique nécessairement comment le gérer », observe-t-elle.

La secrétaire générale de la DRENA Abidjan 2, Dago Denise, a, pour sa part, salué l’initiative et encouragé les bénéficiaires à s’y impliquer pleinement afin de tirer le meilleur profit des enseignements dispensés.

Le programme, qui se poursuit jusqu’au 15 août au Collège Voltaire de Marcory, constitue une phase pilote dont les promoteurs souhaitent tirer les enseignements en vue d’un éventuel déploiement à plus grande échelle.

À travers cette initiative, l’ambition affichée est de faire du baccalauréat non pas une finalité, mais un véritable point de départ. Les 50 bénéficiaires sont ainsi appelés à mieux définir leurs aspirations, à développer leurs compétences et à prendre progressivement en main la construction de leur avenir.

 

 

Ousseni Sawadogo