La COVICI dénonce le blocage des réparations des victimes des crises ivoiriennes

La COVICI dénonce le blocage des réparations des victimes des crises ivoiriennes

24/08/2026 - 20:17
La COVICI dénonce le blocage des réparations des victimes des crises ivoiriennes
La COVICI dénonce le blocage des réparations des victimes des crises ivoiriennes

La Confédération des organisations de victimes des crises ivoiriennes (COVICI) a dénoncé, le lundi 24 août 2026 à Cocody 2-Plateaux, le blocage du processus de réparation des victimes des crises sociopolitiques et militaires en Côte d’Ivoire, appelant le gouvernement à agir pour relancer les démarches et accélérer les prises en charge.

La déclaration a été faite par Dagnogo Ahoua, vice-présidente de la COVICI, sous la supervision du président du conseil d’administration, Toé Seydou lors d’un point de presse consacré au « parachèvement effectif de la réparation des victimes ».

Dagnogo Ahoua a insisté sur l’urgence de relancer le processus, estimant que les victimes restent confrontées à une situation difficile après plusieurs années d’attente. Elle a appelé les autorités à renouer le dialogue avec les organisations de victimes afin d’identifier les blocages et de trouver des solutions concrètes.

Selon les données présentées par la COVICI, les résultats enregistrés depuis le lancement du processus demeurent largement insuffisants. Sur 19 018 familles éligibles à une indemnisation d’un million de francs CFA pour les ayants droit de personnes décédées, seulement 4 442 familles auraient été prises en charge, soit 23,4 %.

La situation apparaît encore plus préoccupante pour les blessés graves. Sur 26 783 personnes éligibles, seules 1 905 auraient bénéficié d’une prise en charge médicale, correspondant à un taux de 7,1 %, selon l’organisation.

Pour les victimes de violences sexuelles et basées sur le genre, la COVICI fait état de seulement 150 cas pris en charge sur 2 969 recensés comme éligibles.

Le financement des activités génératrices de revenus reste également très limité, avec seulement 126 victimes bénéficiaires, d’après les chiffres communiqués lors du point de presse.

La confédération rappelle que le rapport final de la Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (CONARIV), remis au président de la République le 19 avril 2016, avait recensé 874 056 dossiers étudiés, dont 316 954 demandes de réparation validées.

Sous la supervision du PCA, Toé Seydou, la COVICI appelle à une reprise rapide du dialogue institutionnel.

Le responsable affirme que le processus connaît un ralentissement important depuis 2021, une situation qui, selon lui, nourrit un sentiment d’abandon chez les victimes.

La confédération indique avoir sollicité, le 6 juillet 2026, une audience auprès de la ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Myss Belmonde Dogo, afin d’échanger sur l’état d’avancement des réparations.

Toé Seydou précise que la réparation des victimes ne doit pas être assimilée à une simple assistance sociale. Elle doit intégrer, selon lui, les indemnisations financières, la prise en charge médicale et matérielle ainsi que les mesures de réinsertion.

La COVICI plaide enfin pour l’adoption d’une loi spécifique sur les victimes des crises ivoiriennes et la publication d’une liste consolidée des bénéficiaires, assortie d’une procédure de recours.

À travers cet appel, la confédération demande ainsi à l’État de passer des engagements aux actes afin d’achever effectivement le processus de réparation et de répondre durablement aux attentes des victimes.

 

 

Ousseni Sawadogo