Man : Le FIFT 2026 conjugue cinéma, traditions, alliances interethniques et découverte culturelle

Man : Le FIFT 2026 conjugue cinéma, traditions, alliances interethniques et découverte culturelle

24/08/2026 - 16:11
Man : Le FIFT 2026 conjugue cinéma, traditions, alliances interethniques et découverte culturelle
Man : Le FIFT 2026 conjugue cinéma, traditions, alliances interethniques et découverte culturelle
Man : Le FIFT 2026 conjugue cinéma, traditions, alliances interethniques et découverte culturelle
Man : Le FIFT 2026 conjugue cinéma, traditions, alliances interethniques et découverte culturelle
Man : Le FIFT 2026 conjugue cinéma, traditions, alliances interethniques et découverte culturelle

La ville de Man a accueilli, du 21 au 23 août 2026, la deuxième édition du Festival ivoirien des films tradi-modernes (FIFT). Placée sous le thème « Alliances interethniques dans la résolution des conflits », cette édition a réuni des acteurs du cinéma, de la culture, des autorités administratives et municipales ainsi que des festivaliers venus de Man, Danané, Abidjan et Zouan-Hounien.

Durant trois jours, le FIFT a proposé une programmation mêlant réflexion, cinéma, patrimoine, tourisme, contes et légendes, avec pour ambition de faire de la culture un véritable instrument de paix et de cohésion sociale.

La Côte d’Ivoire est une nation caractérisée par une grande diversité ethnique, culturelle et linguistique. Cette richesse constitue une force, mais peut également devenir une source de tensions lorsqu’elle est mal comprise ou instrumentalisée.

C’est dans ce contexte que le Festival ivoirien des films tradi-modernes a choisi, pour sa deuxième édition, de mettre en lumière le rôle des alliances interethniques dans la prévention et la résolution des conflits.

À travers le thème « Alliances interethniques dans la résolution des conflits », les organisateurs ont voulu rappeler que les sociétés africaines disposent depuis longtemps de mécanismes traditionnels permettant de préserver la paix, de favoriser le dialogue et de rétablir les liens entre les communautés. Le cinéma apparaît ainsi comme un moyen de raconter ces pratiques, de les documenter et de les transmettre aux générations futures.

Le festival s’est ouvert par un panel de haut niveau qui a réuni plusieurs personnalités autour de cette problématique. Parmi les participants figuraient notamment Doumbia Hamed Lamine, conseiller spécial du maire de Man chargé des festivals, Amon Barthélémy, directeur régional de la Culture et de la Francophonie, le préfet hors grade Kamara Mamadou, président fondateur de la Fondation Koblè des Mandé du Sud, ainsi que le réalisateur-producteur Olivier Koné.

Durant plus de deux heures, les échanges ont permis d’examiner les alliances interethniques sous plusieurs angles. Les panélistes, s’appuyant sur leurs expériences respectives, ont expliqué la place de ces pratiques dans la société et leur contribution à la prévention des tensions.

Une attention particulière a été accordée au rôle du cousinage à plaisanterie, considéré comme un mécanisme traditionnel susceptible de rapprocher les communautés et de faciliter la résolution de certaines incompréhensions. Les jeunes ont été invités à mieux connaître ces valeurs, à les pratiquer et surtout à prendre leur part dans la sauvegarde du patrimoine culturel.

Avant le démarrage des échanges, le représentant du maire de la commune de Man, Aboubakar Fofana, s’est réjoui de l’organisation de cette deuxième édition. Au nom du premier magistrat de la ville, il a félicité les initiateurs et encouragé les jeunes à leur emboîter le pas. Il a également rassuré quant à la disponibilité de la mairie à accompagner le festival afin de favoriser sa pérennisation.

Cinéma, compétition, tourisme et traditions au cœur de trois jours d’activités

Après le panel, les festivaliers ont pris part à une soirée de gala consacrée aux projections cinématographiques et à la remise des prix. Pour cette deuxième édition, trois films étaient en compétition : Tambour Sacré, représentant Zouan-Hounien, Glomie, de Man, et KODIAHOU, venu d’Abidjan.

Les trois productions ont été soumises à l’appréciation d’un jury composé de professionnels du secteur, notamment le réalisateur-producteur Olivier Koné et l’actrice Bénédicte Kouadio.

À l’issue des projections, le premier prix est revenu à Tambour Sacré, réalisé par Jean Eudes Domy et venu de Zouan-Hounien. Le film Glomie, représentant la ville de Man, s’est classé deuxième, tandis que KODIAHOU, d’Abidjan, a terminé à la troisième place.

La cérémonie de récompense a également permis aux autorités présentes de rendre hommage aux initiateurs du FIFT. Le représentant du maire, Diabaté Losseni, et le directeur régional de la Culture et de la Francophonie, Amon Barthélémy, ont salué la mobilisation des différentes villes participantes et encouragé les jeunes à s’intéresser davantage au septième art.

Pour les autorités, le cinéma ne doit pas être perçu uniquement comme un moyen de divertissement. Il peut également contribuer à préserver la mémoire, favoriser le dialogue et transmettre des valeurs indispensables au vivre-ensemble. Dans cette perspective, le FIFT apparaît comme un espace de rencontre entre cinéma, culture, tradition et cohésion sociale.

La notion de « tradi-moderne » défendue par le festival prend ici tout son sens. Elle rappelle que la modernité peut s’appuyer sur les racines culturelles plutôt que de les effacer. Les organisateurs souhaitent ainsi encourager les cinéastes à produire davantage d’œuvres inspirées des réalités culturelles ivoiriennes et africaines, notamment autour de la paix, de l’unité et de la justice sociale.

Sous la conduite du commissaire général Hounsey Kouami Boniface, le FIFT a également voulu placer la transmission au centre de son action. Dans son allocution, le commissaire général a insisté sur la richesse des alliances interethniques et du cousinage à plaisanterie dans la prévention des conflits. Il a surtout invité les professionnels du septième art à jouer leur rôle de gardiens de la mémoire, en devenant les « archivistes de la paix de demain ».

Mais le festival ne s’est pas limité aux débats et aux projections. Comme lors de la première édition, les organisateurs ont accordé une place importante à la découverte des richesses touristiques et culturelles de la région de Man.

Le dimanche 23 août, les festivaliers ont ainsi pris part à une visite touristique. La Fondation Koblè des Mandé du Sud a constitué la première étape. Cette visite leur a permis d’en apprendre davantage sur les traditions, l’histoire et la culture Dan.

Le circuit s’est poursuivi à Guanlé, où les participants ont découvert l’histoire des silures sacrés. Cette étape a été l’occasion de mieux comprendre la dimension culturelle et mythique attachée à ce site.

Après Guanlé, les festivaliers ont mis le cap sur Glogouin, au pied de la Dent de Man. Ils ont pu y apprécier le cadre naturel, l’air frais ainsi que les cascades et leurs eaux particulièrement fraîches.

Cette immersion dans le patrimoine local s’est poursuivie dans la soirée avec les contes et légendes. Au quartier Campus Mont-Glas, la troupe West Art a offert aux festivaliers une véritable plongée dans l’univers culturel Dan à travers des récits, des histoires et des danses traditionnelles.

Cette soirée culturelle a permis de clôturer trois journées riches en émotions, en découvertes et en enseignements. Elle a également rappelé que la sauvegarde du patrimoine passe aussi par la transmission des récits, des danses, des pratiques et des valeurs qui constituent l’identité des communautés.

Au terme de cette deuxième édition, le FIFT aura donc réussi à réunir plusieurs dimensions autour d’une même ambition : faire de la culture un facteur de rapprochement. Du panel sur les alliances interethniques aux projections cinématographiques, en passant par la compétition, la remise des prix, la découverte touristique et la soirée de contes et légendes, le festival a proposé un programme qui entend rapprocher la tradition de la modernité.

À travers cette initiative, le Commissariat général du FIFT veut également encourager une nouvelle génération de cinéastes à raconter davantage les histoires, les valeurs et les réalités culturelles ivoiriennes.

Après Man, Danané, Abidjan et Zouan-Hounien, les regards sont désormais tournés vers la prochaine étape. Rendez-vous est pris en 2027 pour une nouvelle édition du Festival ivoirien des films tradi-modernes, avec l’ambition de poursuivre cette dynamique de valorisation du cinéma, de la culture et du vivre-ensemble.

 

Momo Rachid