Salaires impayés : Le SYNAPE-CI lance un appel poignant au président Alassane Ouattara

Salaires impayés : Le SYNAPE-CI lance un appel poignant au président Alassane Ouattara

02/08/2026 - 21:17
Salaires impayés : Le SYNAPE-CI lance un appel poignant au président Alassane Ouattara
Salaires impayés : Le SYNAPE-CI lance un appel poignant au président Alassane Ouattara

Le Syndicat national des personnels de l'enseignement privé de Côte d'Ivoire (SYNAPE-CI) a lancé un appel pressant aux plus hautes autorités de l'État pour dénoncer les conditions de vie et de travail des personnels de l'enseignement privé.

Lors d'une conférence de presse organisée le dimanche 2 août 2026 à Abidjan, le syndicat a dressé un tableau alarmant de la situation de ce qu'il qualifie de « 90 000 esclaves du savoir ».

Moment particulièrement marquant de cette rencontre, le Secrétaire général du SYNAPE-CI, Yoboué Kouakou, s'est mis à genoux devant les journalistes pour implorer le pardon et la bienveillance du Président de la République, Alassane Ouattara.

À travers ce geste symbolique, il a lancé un appel au Chef de l'État afin qu'il intervienne d'urgence pour soulager les souffrances des travailleurs de l'enseignement privé, dont plusieurs vivent, selon le syndicat, sans salaire depuis plusieurs mois.

Avant son intervention, une minute de silence a été observée en mémoire des enseignants et autres personnels de l'enseignement privé décédés, parfois faute d'avoir pu bénéficier d'une couverture sociale ou de moyens financiers pour se soigner.

À quelques jours de la célébration de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, le SYNAPE-CI estime que le secteur privé de l'enseignement est devenu « le théâtre d'une marchandisation sauvage », où les travailleurs paient le prix fort malgré leur rôle essentiel dans la formation de la jeunesse ivoirienne. Le syndicat rappelle que près de 76 % des élèves du secondaire sont scolarisés dans des établissements privés.

Le SYNAPE-CI dénonce notamment une régression des rémunérations. Selon lui, un professeur licencié percevait 193 896 FCFA en 1988, contre 128 283 FCFA avec le barème de 2023. Le syndicat affirme également que 86,7 % des enseignants du primaire privé et 85,7 % de ceux du secondaire sont rémunérés en dessous du minimum légal.

Le syndicat a également révélé les résultats d'un recensement réalisé du 23 au 25 juillet 2026 dans 25 établissements répartis dans 14 localités et sept régions du pays.

Cette enquête fait état de plusieurs établissements qui n'ont pas versé de salaires depuis au moins trois mois, une situation qui affecterait directement plus de 300 travailleurs et leurs familles. 

À Tiéningboué, certains enseignants cumuleraient jusqu'à 72 mois d'arriérés de salaires pendant les périodes de vacances.

Rejetant l'argument selon lequel ces retards seraient imputables à l'État, le SYNAPE-CI affirme que les chiffres de la Direction générale du Trésor indiquent qu'au 30 juin 2025, 98,51 % des frais de scolarité dus aux fondateurs avaient été versés.

Face à cette situation, le syndicat formule plusieurs revendications : conditionner les subventions publiques au paiement effectif des salaires et à la déclaration des employés à la CNPS, ouvrir une enquête sur les trois milliards de FCFA du fonds « Spéciale Dévaluation » de 1994, trouver une solution d'urgence pour les travailleurs privés de salaire depuis plusieurs mois et réviser le barème salarial conformément aux réalités économiques de 2026 et au protocole de 1982.

« L'indépendance d'un pays commence par l'indépendance de son école vis-à-vis de la misère », a déclaré Yoboué Kouakou, réaffirmant l'attente des quelque 90 000 travailleurs de l'enseignement privé d'un signal fort des autorités en faveur d'une école plus juste et respectueuse de la dignité de ceux qui la font vivre.

 

 

Ousseni Sawadogo