Université de Bondoukou : 2000 étudiants, 1000 chambres, une colère qui monte
Université de Bondoukou : 2000 étudiants, 1000 chambres, une colère qui monte
Après l'incendie qui a ravagé le grand marché de la ville en juillet dernier, dont l'impact socio-économique sans précédent continue de peser sur la population, Bondoukou s'apprête à vivre un autre séisme social.
Depuis quelques jours, des grincements de dents se font entendre dans la ville aux mille mosquées, à la suite d'une polémique sur l'attribution et la réattribution des chambres en cité universitaire.
Cette crise du logement étudiant prend de l'ampleur, alimentant rumeurs et mécontentement chez les parents d'élèves et les étudants. Selon des sources concordantes proches du Centre régional des œuvres universitaires (CROU) de Bondoukou, ce déficit de logements toucherait à ce jour environ 2 000 étudiants, pour seulement 1 000 chambres disponibles.
Certains étudiants dénoncent des faveurs - une forme de prééminence - accordées à leurs condisciples de l'École nationale supérieure d'Architecture et d'Urbanisme (ENSAU), au détriment des étudiants des autres filières : gouvernance, développement durable, sciences, arts, industries culturelles, communication, lettres et langues étrangères, sciences humaines et sociales.
D'après nos sources, le déséquilibre entre l'offre et la demande - environ 1 000 chambres pour 2 000 étudiants - n'est que la partie visible de l'iceberg.
Le problème, soutiennent-elles, dépasse le seul déficit de logements. Elles évoquent également des préoccupations liées à la vie sur les campus, notamment la prostitution, la drogue et certains comportements jugés préoccupants au sein du campus de Bondoukou.
Ces mêmes sources soulignent que le manque d'infrastructures d'hébergement ne constitue pas, à lui seul, le cœur du problème, dans la mesure où des critères de réadmission en cité universitaire, clairs et explicites, existent et garantissent l'équité et la transparence dans le processus d'attribution des logements.
Parmi ces critères, le niveau académique a pesé lourd : les étudiants ayant une moyenne inférieure à 14/20 n'ont, pour la plupart, pas été réadmis, tandis que ceux ayant atteint 14/20 ou plus ont davantage bénéficié d'une réadmission.
Le comportement, l'entretien de la chambre, la propreté et le respect du vivre-ensemble ont également été pris en compte dans les décisions.
Toujours selon nos sources, l'université reprocherait par ailleurs à certains étudiants leur faible participation aux activités et convocations administratives, et ce malgré les actions de sensibilisation menées.
Face à ces comportements, l'établissement aurait décidé de renouveler une partie des occupants des cités : les étudiants jugés exemplaires, ayant de bons résultats et une bonne conduite, ont été maintenus, tandis que certains étudiants considérés comme indisciplinés ont été exclus.
Alain Dodet, depuis Bondoukou
