Après le cri du cœur de l’EPP BAD de Nagadoukou, le Conseil régional du Gôh réagit

Après le cri du cœur de l’EPP BAD de Nagadoukou, le Conseil régional du Gôh réagit

27/08/2026 - 09:44
Après le cri du cœur de l’EPP BAD de Nagadoukou, le Conseil régional du Gôh réagit

Ce reportage fait suite à une première enquête publiée par LE SCOLAIRE et INFODIRECTE.NET, le mercredi 15 juillet 2026, consacrée à la situation préoccupante de l’École primaire publique (EPP) BAD de Nagadoukou. Notre équipe avait alors mis en lumière les difficultés de l’établissement et lancé un appel en faveur de sa réhabilitation.

À 27 kilomètres de Gagnoa, dans la sous-préfecture de Yopohué, l’EPP BAD vient pourtant d’enregistrer un score parfait de 100 % de réussite au CEPE (session 2026). Tous les candidats présentés ont été admis.

Une réussite remarquable.

Mais derrière les résultats, les murs racontent une tout autre histoire.

Construite en 1995 et ouverte en 1996, l’école poursuit sa mission depuis près de trente ans. Les enseignants enseignent, les élèves apprennent, et les résultats suivent. Cependant, les infrastructures montrent de sérieux signes de vétusté et nécessitent une intervention urgente.

Le Conseil régional du Gôh réagit

Suite au constat dressé dans notre reportage du 15 juillet 2026, une première réponse est arrivée.

Le vendredi 31 juillet 2026, le Conseil régional du Gôh a offert une dotation en tables-bancs à l’EPP BAD de Nagadoukou, répondant ainsi à l’un des besoins prioritaires de l’établissement.

Ce mercredi 26 août 2026, notre équipe a joint par téléphone le directeur de l’école, qui confirme la réception du matériel :

« Nous confirmons avoir reçu les tables-bancs offerts par le Conseil régional du Gôh. Cette dotation vient soulager notre établissement et améliorer les conditions d’apprentissage de nos élèves. Nous remercions le Conseil régional pour ce geste. Cependant, l’école fait encore face à d’importants besoins, notamment en matière d’infrastructures et de sanitaires. »

Les tables-bancs sont bien arrivés, mais le chantier de l’EPP BAD est loin d’être achevé.

Une école toujours en détresse

Il suffit de regarder les toits, les murs, les portes et les plafonds pour comprendre l’ampleur des dégâts. L’établissement a besoin d’une réhabilitation globale afin d'offrir aux élèves et à l'encadrement un cadre de travail à la hauteur de leurs performances.

Autre urgence absolue : les sanitaires. L’absence de toilettes adaptées constitue une menace directe pour l’hygiène, la santé et la dignité des élèves, en particulier des jeunes filles.

À Nagadoukou, le constat est saisissant : les enfants réussissent, mais leur école tombe en ruine.

Le chef du village salue le geste mais appelle à aller plus loin

Le chef du village de Nagadoukou, Kiffy Mineso Zahui Bernardin, salue l’initiative du Conseil régional du Gôh :

« Nous remercions sincèrement le Conseil régional du Gôh pour ce geste en faveur de nos enfants. Ce don vient soulager notre école. Nous apprécions cette réaction qui fait suite à la médiatisation de nos difficultés. Cependant, les besoins restent immenses. Nous lançons un appel aux partenaires de l’éducation et à toutes les personnes de bonne volonté afin qu’ils nous accompagnent dans la réhabilitation totale de l’EPP BAD. »

Pour le chef du village, ces tables-bancs représentent une première étape, mais l’objectif ultime demeure la rénovation complète de l’établissement.

La MUDNA appelle à la mobilisation générale

Du côté de la Mutuelle de développement de Nagadoukou (MUDNA), le sentiment est identique : reconnaissance, mais surtout appel à la mobilisation.

Son président, Dioboet Lucien, exprime sa gratitude envers le Conseil régional tout en interpellant les filles et fils de la région, notamment la diaspora :

« Nous remercions vivement le Conseil régional du Gôh pour cette dotation. Mais nous devons aller plus loin. Nous lançons un appel à toutes les filles, à tous les fils, à la diaspora ainsi qu’à tous les cadres de Nagadoukou : mobilisons-nous pour sauver notre école primaire publique. C’est notre patrimoine, celui de nos enfants et des générations futures. Unissons nos forces pour sa réhabilitation. »

100 % au CEPE, mais l’attente demeure

Voilà tout le paradoxe de Nagadoukou : des enfants brillants dans une école qui souffre.

L’EPP BAD affiche un bilan parfait au CEPE, mais ses toitures perforées, ses murs décatis et son manque de sanitaires réclament secours.

Le reportage du 15 juillet a posé le diagnostic, le Conseil régional du Gôh a apporté un premier pansement, le village a remercié, et la MUDNA se mobilise. Désormais, toute la communauté éducative attend une réponse d'envergure.

En presque trois décennies, l’EPP BAD a formé plusieurs générations d’élèves. Aujourd’hui, c’est l’école elle-même qui demande de l’aide. Le 100 % de réussite prouve le potentiel exceptionnel des enfants de Nagadoukou ; il reste maintenant à donner à leur école les moyens de bâtir sereinement leur avenir.

DJACK ZOLA