Bouaké : Les utilisateurs des œuvres de l’esprit sensibilisés sur le paiement des droits d’auteurs

Bouaké : Les utilisateurs des œuvres de l’esprit sensibilisés sur le paiement des droits d’auteurs

23/07/2026 - 22:03
Bouaké : Les utilisateurs des œuvres de l’esprit sensibilisés sur le paiement des droits d’auteurs
Bouaké : Les utilisateurs des œuvres de l’esprit sensibilisés sur le paiement des droits d’auteurs

Le Bureau ivoirien des droits d’auteurs (BURIDA), en collaboration avec la police nationale, a initié une rencontre d’information et de sensibilisation, avec les utilisateurs des œuvres de l’esprit, mercredi 08 juillet 2026, au Centre culturel Jacques Aka.

La délégation du Bureau ivoirien des droits d’auteurs (BURIDA) avait à ses côtés, le préfet de police de Bouaké, Maxime Mobio, pour cette rencontre avec les acteurs, faisant usage des œuvres artistiques et littéraires dans leurs activités.

Selon eux, la rencontre vise à expliquer aux utilisateurs des œuvres des artistes et littéraires dans leurs activités, la loi faisant obligation du paiement des droits d’auteurs.

Le directeur de la perception des droits d’auteurs, Serges Koupa, a rappelé que le BURIDA a été créé en 1981, le décret qui le régit actuellement est de 2015 et la loi qui lui permet de travailler présentement est la Loi n° 2016-555 du 26 juillet 2016, relative aux droits d’auteurs et aux droits voisins.

Selon lui, cette loi stipule que les créateurs d’œuvres et ceux qui les accompagnent dans leur création ont des droits. Ce qui voudrait dire que chaque fois que leurs œuvres sont exploitées dans un espace ouvert au public, les exploitants doivent obtenir leur autorisation avant l’usage de leurs œuvres dans ces espaces. Ces espaces peuvent être des maquis, des hôtels, des restaurants, en un mot tout espace susceptible d’accueillir du public.

« A ces espaces sont exploités des œuvres littéraires, audiovisuelles, musicales, dramatiques et arts visuels, celui qui exploite a l’obligation de prendre l’autorisation de l’auteur », a-t-il précisé.

Certes, la loi donne ces prérogatives aux titulaires de droits mais en même temps, ils ne peuvent pas parcourir toute l’étendue du territoire pour la collecte des fonds liés à leurs droits. Et aussi, les exploitants n’ont pas cette possibilité de rencontrer tous les créateurs pour prendre les autorisations avant l’exploitation de leurs œuvres.

Face à ces limites, comme partout ailleurs, il est mis en place le mécanisme de la gestion collective des droits d’auteurs qui permet aux créateurs de confier la gestion de leurs droits à des sociétés comme mandataires pour collecter ces fonds liés à leurs droits.

« C’est le même mécanisme qu’on applique au BURIDA. Tous les créateurs et artistes adhèrent au BURIDA et lui confie le soin d’aller négocier ces autorisations auprès des utilisateurs. C’est pour cette raison que le BURIDA est chargé de collecter les fonds parce que les créateurs lui ont confier la gestion de leurs droits. Les prérogatives sont confiées par la loi mais dans l’exécution, il y a un mandat qui est confié au BURIDA par ces artistes. Lequel mandat est inscrit dans la loi, qui dit que le BURIDA est la seule société habilitée à gérer les droits des artistes », a-t-il expliqué.

La présence des autorités policières aux côtés du BURIDA s’inscrit dans le cadre de leur participation au recouvrement des droits d’auteurs, à travers l’action de terrain de la Brigade mondaine.

La responsable de cette Brigade, le Commissaire Elodie Kouadio, adjointe au Préfet de police de Bouaké, a fait savoir que la Brigade mondaine est un service de la Police nationale, rattaché à la Préfecture de police. Elle a pour mission de contrôler tous les documents relatifs à la création des différents établissements recevant du public.

« Il s’agit en réalité pour nous, de contrôler vos différents documents. Ce qui vous appartient d’avoir en tant que résidence meublée, hôtel, restaurant, Bar. Lutter également contre le racolage actif et le proxénétisme. Voilà un peu le contenu de la mission de la Brigade mondaine », a-t-elle dit

En soutien aux artistes, le Préfet de police, Maxime Mobio, a lancé un appel aux utilisateurs des œuvres de l’esprit, à être dans sa barque pour aider les créateurs à vivre de leurs arts en payant simplement leurs droits d’auteurs.

Il a soutenu que les artistes sont nos Eléphants du rire, au regard de la joie qu’ils procurent aux populations sur toutes les scènes.

« Soyez avec moi pour aider ces artistes à vivre. N’attendons pas qu’ils soient dans des situations délétères, pour que la générosité des Ivoiriens se mette en marche. Pourquoi attendre qu’il y ait une telle situation pour les soutenir ? Je dis bien, ce sont nos Eléphants du rire, faisons un effort pour que nous puissions toujours leur apporter ce que nous pouvons apporter, de sorte qu’ils puissent travailler pour nous déstresser. Vraiment, c’est ce message que je voudrais vous lancer », a-t-il plaidé.

Représentant le président du Conseil de gestion du BURIDA, Turbuce Koffi, le conseiller Kouya Gnépa, alias Gbi de Fer, a salué la démarche et l’engagement du Préfet de police de Bouaké pour le recouvrement des droits d’auteurs.

« J’ai été tellement émerveillé de la réaction du Préfet de police qui a participé à cette grande rencontre et qui est prêt à s’investir, à créer l’entente, la collaboration, la cohabitation pacifique entre les utilisateurs des œuvres des artistes et les artistes eux-mêmes ; c’est-à-dire le Bureau ivoirien des droits d’auteurs.

Si en Côte d’Ivoire, chaque autorité policière dans les régions, pouvait faire autant, les artistes trouveront un lendemain meilleur. 

D’autant plus que ce sont les forces de l’ordre qui sont chargées de faire appliquer les tests sur le recouvrement des droits d’auteurs », a-t-il souhaité.

Gbi de Fer s’est dit satisfait de la tenue de cette rencontre qui va réchauffer les relations entre les autorités policières, le BURIDA et les utilisateurs des œuvres des artistes et littéraires qui autrefois entretenaient des rapports difficiles.

Eugène Kouadio