Bouaké : Trois nouveaux centres de soins mère kangourou inaugurés
Bouaké : Trois nouveaux centres de soins mère kangourou inaugurés
L'esplanade du EPHR (CHR) de Bouaké a servi de cadre pour la cérémonie d'inauguration de trois nouveaux centres de santé mère kangourou (SMK), le jeudi 23 juillet 2026, en présence des autorités administratives, coutumières et médicales.
Ces trois unités ont pour but de réduire les décès néo-natals en préservant la santé de la mère après accouchement et maintenir l'enfant prématuré de petite masse en vie.
Le CHR de Bouaké, le CSU de Nimbo et l’EPHD de Niakaramadougou bénéficient de ces ouvrages qui permettront également de recueillir le plus de patients.
Ces ouvrages sont le résultat de la collaboration entre le programme national de santé de la mère et de l'enfant et ses différents partenaires.
Au nom de la coordinatrice nationale dudit programme de santé, le Docteur Aboubakary Coulibaly, Directeur régional de la santé de Gbêkê, a expliqué l'importance de ces ouvrages dans le dispositif de la prise en charge des enfants prématurés ou en baisse de masse : « ces ouvrages s'inscrivent dans la problématique de la santé infantile et plus précisément néonatale.
En effet, les indicateurs de décès infantile, ayant connu une régression ces dernières années, restent néanmoins élevés à 30 pour 1000 naissances vivantes et dominées par la prématurité. Ce qui a motivé la politique de mise en œuvre de soins mère kangourou en 2019 dans notre pays.
Les soins mère kangourou consistent à un contact peau à peau entre la mère et son enfant. Aujourd'hui, cette intervention a haut impact est mise en œuvre dans 25 structures sanitaires à travers tout le pays.
Ces unités ont permis de sauver la vie de plus de 7000 bébés sur 7741 reçus, soit un taux de succès de 91%.
A travers ces résultats, ce sont des mères dont nous avons amélioré la santé mentale, des familles qui ont retrouvé le sourire et une société avec le capital humain pleinement productif », a-t-il déclaré tout en remerciant les partenaires qui soutiennent le programme.
Au nom du représentant résident de l'Unicef en Côte d'Ivoire, Étienne Kouamé, chef bureau Unicef de Korogho a assuré du soutien de l'organisation dans la protection de ces enfants : « L'enfant le plus fragile, même le plus vulnérable, bénéficie du plus beau des droits, celui de naître, de survivre et d'avoir un avenir.
En inaugurant simultanément les unités de soins mère kangourou de Bouaké, Nimbo et Niakara, nous faisons le choix de l'équité. Nous réaffirmons qu'aucun enfant ne doit voir ses chances de survivre dictées par son lieu de naissance ou les ressources de sa famille.
En Côte d'Ivoire, les avancées en santé maternelle et néonatale sont indéniables et il convient de saluer les efforts remarquables du gouvernement. Cependant, le constat reste exigeant. La prématurité demeure l'une des causes majeures de mortalité chez les nouveau-nés et près d'un tiers des décès néo-nataux y sont encore liés.
Chaque année, ce sont environ 34 000 bébés qui viennent au monde avec une faible masse de naissance. Derrière ces chiffres, il y a des visages, il y a des mères angoissées, il y a des familles plongées dans l'incertitude.
Face à ce défi, la science et l'expérience montrent qu'il existe une solution puissante, accessible et profondément humaine qui est les soins mère Kangourou. Fondée sur un contact peau à peau, prolongé et un allaitement maternel exclusif, cette méthode fait des miracles.
Elle sauve des vies, stabilise les bébés et forge dès les premiers instants, un lien d'amour indestructible entre la mère et son enfant.
L'UNICEF réaffirme ici son engagement indéfectible aux côtés de l'État de Côte d'Ivoire et nous continuerons de marcher à vos côtés pour qu'aucun enfant ne soit laissé de côté », a-t-il indiqué.
Le sous-préfet de Bouaké, Marcelin Kouassi Detto, a au nom du préfet de région, préfet du département de Bouaké, salué cette initiative : « les résultats dans la prise en charge des soins mère kangourou sont encourageants.
Mais les efforts doivent continuer pour que d'ici à 2030 le nombre de décès d'enfants prématurés diminue », a-t-il souhaité.
Les femmes ont reçu des conseils et astuces pour la prise en charge des enfants prématurés ou petits de masse :« nous apprenons aux femmes comment faire la peau à peau afin que les enfants grandissent.
Une fois que l'enfant de masse faible atteint déjà 2 kilogrammes, ces parents peuvent l'amener et continuer les soins à la maison.
Ainsi, pour aider nos mamans, 30 agents de santé ont suivi des formations pour former les mamans à leur tour », a souligné le Docteur Meazieu Some.
Eugène Kouadio
