Litige foncier autour de 346 hectares : ESTP saisit la justice et réclame la lumière
Litige foncier autour de 346 hectares : ESTP saisit la justice et réclame la lumière
Une affaire foncière opposant l’entreprise ESTP, dirigée par Mory Soumahoro, à Touré Hamed Bouah, a été portée devant l’opinion publique jeudi 3 septembre 2026, à l’occasion d’une conférence de presse tenue à Cocody.
Au cœur du différend, un projet d’aménagement portant sur un domaine de 72 hectares situé dans le village d’Ayamé-Adjamé 4 Croix et un investissement annoncé de 1,79 milliard de FCFA.
Prenant la parole lors de cette rencontre avec la presse, Mme Ouattara Ahoua, partenaire financière de l’entreprise ESTP, a expliqué que Mory Soumahoro avait été sollicité par sept familles du village pour mettre en valeur les 72 hectares.
Selon elle, l’entreprise s’était engagée à financer plusieurs opérations, notamment le décapage, le lotissement, la pose des poteaux ainsi que les démarches nécessaires à l’approbation du site.
Elle a indiqué que l’entreprise avait également entrepris de réunir les documents coutumiers et les procès-verbaux des familles concernées, dans le cadre de la procédure engagée pour l’obtention de l’Arrêté de concession définitive (ACD).
Un différend autour de 346 hectares
Alors que les démarches étaient en cours, Touré Hamed Bouah serait intervenu pour demander l’arrêt des travaux, revendiquant des droits sur le domaine. D’après Mme Ouattara Ahoua, des recherches menées ultérieurement auraient révélé que celui-ci avait acquis, une vingtaine d’années auparavant, un ensemble foncier de 346 hectares auprès des mêmes villageois, comprenant les 72 hectares faisant l’objet du projet d’ESTP.
Elle affirme également que Touré Hamed Bouah aurait, durant cette période, revendu une partie de ces terrains à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et à la Caisse générale de retraite des agents de l’État (CGRAE), sans en informer, selon elle, les propriétaires coutumiers.
Toujours selon la partenaire financière d’ESTP, après le blocage des travaux, Touré Hamed Bouah aurait proposé à Mory Soumahoro un partenariat portant sur la mise en valeur de l’ensemble des 346 hectares. L’accord aurait notamment prévu que l’entreprise finance les opérations sur ses fonds propres, commercialise les parcelles et partage les bénéfices.
ESTP affirme avoir investi dans cette opération avant de découvrir des éléments contestant les droits de Touré Hamed Bouah sur les terrains concernés. Le préjudice financier avancé lors de la conférence de presse s’élève à 1,790 milliard de FCFA.
Une plainte déposée devant la justice
Face à cette situation, Mory Soumahoro a saisi la justice. Selon Mme Ouattara Ahoua, une plainte a été déposée le 17 août 2026 auprès du Parquet près le Pôle pénal économique et financier contre Touré Hamed Bouah pour des faits présumés de faux et usage de faux et d’escroquerie.
La partenaire financière d’ESTP a insisté sur la nécessité de laisser la justice établir les responsabilités dans cette affaire, tout en appelant les autorités à renforcer la sécurisation des opérations foncières et immobilières.
La partie adverse annonce sa réaction
Contacté au sujet des accusations formulées lors de la conférence de presse, M. Battey Camille, conseiller spécial et directeur de la communication de Sophia, a indiqué que son patron entendait apporter des éclaircissements sur le dossier.
Selon lui, Touré Hamed Bouah « se réserve le droit de rétablir la vraie vérité » sur ce qui oppose les anciens partenaires. Il a précisé que cette réaction interviendrait dans un bref délai, son patron étant actuellement en déplacement et attendant ses instructions avant de communiquer davantage sur l’affaire.
Cette prise de position ouvre ainsi la voie à une réponse de la partie mise en cause, qui devrait permettre de confronter les différentes versions sur l’origine du litige, les droits revendiqués sur les 346 hectares et les investissements réalisés dans le cadre du projet.
En attendant, l’affaire reste entre les mains des autorités judiciaires compétentes, appelées à établir les faits et à déterminer les éventuelles responsabilités.
Ousseni
