Kpapékou : Une paroisse qui prie… et qui attend d'être restaurée

Kpapékou : Une paroisse qui prie… et qui attend d'être restaurée

14/07/2026 - 17:53
Kpapékou : Une paroisse qui prie… et qui attend d'être restaurée
Kpapékou : Une paroisse qui prie… et qui attend d'être restaurée

À 15 kilomètres de Gagnoa, la paroisse Saint Jean Évangéliste porte les marques du temps. Entre bâtiments dégradés et absence de clôture, les fidèles lancent un appel à la solidarité.

Il suffit de franchir le portail de la paroisse Saint Jean Évangéliste pour comprendre que le temps a laissé son empreinte.

Ici, la foi demeure intacte. Les chants résonnent toujours sous la nef, les cloches continuent d'appeler les fidèles à la prière et les célébrations se succèdent. 

Mais autour de cette vie spirituelle intense, les murs, eux, racontent une autre histoire : celle d'un patrimoine qui vieillit et qui attend une seconde vie.

Ce dimanche 12 juillet 2026, l'équipe de reportage de LESCOLAIRE et d'INFODIRECTE.NET s'est rendue dans cette paroisse catholique de Kpapékou, située sur l'axe Ouragahio-Gagnoa, à une quinzaine de kilomètres de Gagnoa, dans la région du Gôh.

Le constat est saisissant.

La peinture s'effrite par endroits. Les façades portent les cicatrices des saisons successives. L'humidité a laissé son empreinte sur plusieurs bâtiments.

Les logements destinés aux prêtres et aux agents pastoraux montrent, eux aussi, les effets d'une usure avancée. Ici, une toiture fatiguée.

Là, un mur qui réclame une restauration. Plus loin, des bâtiments annexes dont la rénovation ne peut plus attendre.

Rien n'est encore irrémédiable. Mais tout rappelle qu'un édifice, aussi solide soit-il, a besoin d'être entretenu pour continuer à remplir sa mission.

Au détour de notre visite, nous rencontrons le père Philippe Yao Kouamé, prêtre responsable de la paroisse. Son regard traduit à la fois la sérénité du pasteur et la préoccupation du gestionnaire confronté à des besoins grandissants.

« Notre paroisse est un lieu de prière, d'espérance et de rassemblement pour toute la communauté de Kpapékou. Aujourd'hui, nos infrastructures sont fortement dégradées et nécessitent une réhabilitation urgente.

Nous avons également besoin d'une clôture pour mieux sécuriser la mission, protéger les biens de l'Église et offrir un cadre paisible aux fidèles. 

Nous lançons un appel aux fils et filles de Kpapékou, aux personnes de bonne volonté, aux partenaires et à tous ceux qui portent l'Église dans leur cœur afin qu'ils nous accompagnent dans cette œuvre de rénovation.

Chaque contribution, quelle qu'elle soit, sera une pierre apportée à la maison de Dieu », confie-t-il à notre équipe de reportage.

Ses mots sont simples. Ils disent pourtant l'essentiel.

Car au-delà de la rénovation des bâtiments, un autre défi interpelle immédiatement le visiteur : l'absence de clôture. La mission reste largement ouverte, laissant les différents bâtiments et équipements sans véritable protection.

Dans un contexte où la sécurité des lieux de culte devient une préoccupation croissante, la construction d'une enceinte apparaît aujourd'hui comme une nécessité, voire une urgence.

Pour les fidèles, cette clôture ne représenterait pas seulement un ouvrage en béton. Elle symboliserait la protection d'un patrimoine spirituel, la préservation d'un lieu de recueillement et la tranquillité indispensable aux activités pastorales.

Malgré ces difficultés, la paroisse Saint Jean Évangéliste continue d'assumer pleinement sa mission. Chaque semaine, des hommes, des femmes, des jeunes et des enfants s'y retrouvent pour célébrer leur foi, recevoir les sacrements, participer aux rencontres des mouvements catholiques et renforcer les liens de fraternité qui unissent la communauté.

Depuis de nombreuses années, cette paroisse accompagne les familles dans les moments de joie comme dans les épreuves. Elle éduque, rassemble, conseille et console. Elle demeure un acteur discret, mais essentiel, de la cohésion sociale dans cette partie de la sous-préfecture d'Ouragahio.

Aujourd'hui, l'heure est venue de lui rendre ce qu'elle a tant donné.

Le responsable de la paroisse en appelle aux fils et filles de Kpapékou, aux cadres de la région, aux autorités administratives, aux élus, aux partenaires de l'Église et à toutes les personnes de bonne volonté afin de soutenir ce vaste projet de réhabilitation.

Rénover les bâtiments, restaurer les logements, remettre en état les installations techniques et construire une clôture de sécurité : tels sont les défis à relever.

Parce qu'une église n'est pas seulement un bâtiment. Elle est une mémoire, un refuge, un lieu où une communauté entière se retrouve, prie et espère.

À Kpapékou, cette espérance attend désormais des mains généreuses pour lui redonner toute sa force.

DJACK ZOLA