Grand-Bassam : Vers une nouvelle ère de régulation du privé dans l’enseignement technique et professionnel

Grand-Bassam : Vers une nouvelle ère de régulation du privé dans l’enseignement technique et professionnel

21/05/2026 - 14:35
Grand-Bassam : Vers une nouvelle ère de régulation du privé dans l’enseignement technique et professionnel
Grand-Bassam : Vers une nouvelle ère de régulation du privé dans l’enseignement technique et professionnel

Le mercredi 20 mai 2026, un atelier de validation et de finalisation du projet de décret portant réglementation des établissements privés d’enseignement technique et professionnel s’est ouvert à Grand-Bassam, en présence du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, du ministère délégué chargé de l’Enseignement technique, des représentants des faîtières des fondateurs d’établissements privés, ainsi que des organisations professionnelles et syndicales.

Ce projet de texte, composé de 58 articles répartis en 10 chapitres, a été soumis à l’examen de l’ensemble de ces acteurs en vue de son amélioration.

Pour Assanvo Harryson, Directeur de cabinet du ministère délégué, ce projet de décret vise notamment à assainir et mieux réguler le secteur, encadrer la création et l’ouverture des établissements, garantir la qualité des formations, renforcer la gouvernance administrative et pédagogique, protéger les apprenants et leurs familles, améliorer l’adéquation formation-emploi, clarifier le statut des enseignants et renforcer la crédibilité des diplômes délivrés.

« Ce texte ne doit pas être perçu comme une contrainte supplémentaire, mais comme un outil d’organisation, de professionnalisation et de valorisation du secteur privé », a-t-il indiqué.

Il a par ailleurs rappelé le rôle prépondérant du secteur privé dans le paysage national de l’enseignement technique et professionnel.

« Pour l’année scolaire 2023, le système comptait 678 établissements dont 598 privés et 80 publics. Le secteur privé accueillait plus de 86 000 apprenants, contre environ 42 000 dans le public », a révélé Assanvo Harryson.

Quant à Angui Bléou Philippe, Directeur des affaires juridiques (DAJ) du ministère délégué, il a souligné que cette réforme répond à une exigence majeure : faire de la formation un véritable levier d’insertion professionnelle, de productivité, de compétitivité et de transformation économique.

« Les données de l’année 2024 indiquent que le secteur privé concentre à lui seul 96 688 apprenants, contre 42 557 dans le secteur public.

L’objectif principal de ce texte est d’assainir le secteur privé de l’enseignement technique et professionnel, de mieux le réguler et d’encadrer la création des établissements afin d’éviter la prolifération des établissements dits “boutiques”, qui ne respectent pas les normes », a-t-il expliqué.

Il a ajouté que cette réforme vise également à moderniser la gestion du secteur, améliorer les conditions d’apprentissage, renforcer la qualité des formations, ainsi qu’à améliorer le statut des enseignants et du personnel des établissements privés.

Présente à cet atelier, Mariam Fadiga, fondatrice d’établissement et présidente de faîtière, a exprimé ses attentes face aux difficultés que traverse le secteur privé de la formation professionnelle. « Nous attendons beaucoup de l’État, car le secteur privé rencontre énormément de difficultés.

Depuis un certain temps, plusieurs écoles ont fermé. Nous constatons également une méconnaissance de la formation professionnelle et de l’enseignement technique chez les jeunes.

Nous souhaitons donc que l’État mène une grande campagne de communication et de sensibilisation », a-t-elle indiqué.

L’atelier se tiendra pendant trois (03) jours, du mercredi 20 au vendredi 22 mai 2026.

 

Patrick KROU