Riziculture ivoirienne : De grandes annonces à l’ouverture de l’atelier national de capitalisation du PPT-SCR-CI à Man
Riziculture ivoirienne : De grandes annonces à l’ouverture de l’atelier national de capitalisation du PPT-SCR-CI à Man
L’atelier national de clôture et de capitalisation du Projet de Production et de Traitement de Semences Certifiées de Riz en Côte d’Ivoire (PPT-SCR-CI) s’est ouvert, le mercredi 10 décembre 2025, à Man, sous la présidence du Préfet de région, en présence du Maire, du représentant pays de la Banque Islamique de Développement (BID), Cheick Ouattara, et de tous les acteurs techniques, institutionnels et financiers de la filière.
Cette rencontre marque une étape cruciale pour un projet engagé depuis dix ans afin de renforcer l’autonomie semencière du pays. Lancé en 2015 pour un coût global de 15,7 milliards de FCFA – dont 12,8 milliards financés par la BID – le PPT-SCR-CI a permis la construction de sept centres de production, de traitement et de conditionnement de semences certifiées, ainsi que quatre laboratoires modernes de contrôle de qualité.
Mis en œuvre par l’ADERIZ, avec l’appui du CNRA, de l’ANADER et de multiplicateurs, le projet arrive à son terme, appelant une capitalisation approfondie des acquis et des innovations déployées. Représentant le ministre d’État en charge de l’Agriculture, Kassoum Karamoko, Directeur général de la Promotion de la riziculture, a souligné le rôle déterminant de la semence dans la chaîne de valeur : « La semence influence à elle seule plus de 40 % du rendement.
Cet atelier doit nous permettre d’analyser les expériences, d’identifier les limites et de consolider durablement le système semencier national. » Il a insisté sur l’importance de la mise en service rapide du centre de Man, appelé à produire environ 21 000 tonnes de semences certifiées, de quoi couvrir les besoins des producteurs pour les 10 à 15 prochaines années : « C’est un levier indispensable pour l’autosuffisance rizicole, attendue dès 2026. » Pour Cheick Ouattara, représentant pays de la BID, le projet traduit « un partenariat solide et pragmatique au service du développement agricole ».
Il a salué la détermination du gouvernement et assuré de l’engagement continu de la Banque dans la structuration de la filière rizicole.
Le choix de Man n’est pas fortuit. Forte d’une pluviométrie avantageuse et d’une longue tradition de riziculture, la ville abrite l’un des centres nationaux les plus importants de traitement des semences, un laboratoire de contrôle, ainsi que des infrastructures de recherche du CNRA, faisant d’elle un véritable hub stratégique.
Durant deux jours, les participants passeront au crible les acquis techniques et organisationnels du projet, documenteront les bonnes pratiques et formuleront des recommandations pour renforcer la durabilité du système semencier ivoirien.
Une visite du centre de conditionnement de Man viendra clore les travaux pour illustrer, sur le terrain, les progrès réalisés. L’ouverture de cet atelier consacre ainsi un tournant majeur pour la filière rizicole en Côte d’Ivoire.
Avec des annonces fortes et des engagements renouvelés, le pays pose les bases solides de son autonomie semencière et se rapproche de son ambition centrale : atteindre l’autosuffisance rizicole dans les prochaines années.
Momo Rachid
