Une mission de terrain pour briser le silence sur la précarité rurale dans la gouvernance du cacao
Une mission de terrain pour briser le silence sur la précarité rurale dans la gouvernance du cacao
Dans le cadre du projet « Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de la filière cacao en Côte d’Ivoire », un consortium d'organisations a conduit une mission de terrain stratégique du 24 au 28 mars 2026.
Le projet « Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de la filière cacao en Côte d’Ivoire » est financé par l’Union Européenne et porté par un consortium de la plateforme ivoirienne pour le cacao durable (PICD) comprenant Inades-Formation Côte d’Ivoire, IDEF, Solidaridad West Africa, INKOTA et Fern ainsi que leurs partenaires médias réunis au sein de l’observatoire des médias pour le cacao durable (OMACD.
Du 24 au 28 mars 2026, une mission de terrain stratégique a conduit journalistes et experts à la rencontre de ceux qui dessinent le cacao de demain.
Ce projet ambitieux vise à placer la société civile au cœur des dialogues nationaux et internationaux. L’objectif est d’améliorer les capacités de plaidoyer pour répondre aux défis de la pauvreté des agriculteurs, du travail des enfants et de la déforestation.
Une alliance stratégique pour la gouvernance
Ensemble, au sein de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD), ces organisations collaborent avec l’Observatoire des Médias pour le Cacao Durable (OMACD) pour porter la voix des 97 500 producteurs qu'ils représentent. L'objectif est de placer la société civile au cœur des dialogues internationaux pour répondre aux défis de la pauvreté rurale, du travail des enfants et de la déforestation.
Le périple a débuté le 24 mars à Lakota. À la coopérative SOCOPDAL, la délégation a pu observer l’intégration de l’agroforesterie. Ici, le cacao ne pousse plus seul. Des arbres d’ombrage et des essences fertilitaires protègent les sols et maintiennent un microclimat favorable face au changement climatique.
À Méagui, un modèle de diversification des revenus a été présenté par des producteurs de cacao. L’agropastoralisme combinant élevage et culture ainsi que l’économie circulaire permettent de transformer les déchets de cabosses en engrais organique ou en biogaz. Cette approche réduit la dépendance des planteurs au seul prix du kilogramme de cacao.
Le cri du cœur face à l'orpaillage clandestin
Malgré ces avancées, un fléau menace l'équilibre du secteur : l'orpaillage clandestin. Dans le village de Kouakouémilkro, le constat est amer. Les mines illégales dévorent les terres arables et détournent la main-d’œuvre juvénile des plantations. « Mon or, c’est mon cacao. Trop de jeunes de mon âge aiment la vie facile et préfèrent les mines au travail de la terre », se désole Kouamé Félix, un jeune planteur local.
Cette "vie facile" éphémère vide les vergers de leurs bras les plus vigoureux, mettant en péril la relève générationnelle indispensable à une production durable.
Le 25 mars à Soubré, capitale du cacao, la mission a renforcé sa coordination avec l’ONG ORASUR et le Conseil Café-Cacao. Les échanges ont souligné l'importance de la transformation locale pour capter davantage de valeur ajoutée au profit des communautés.
De Lakota à San Pedro : un plaidoyer en action
La tournée s'est poursuivie à San Pedro, pôle d'exportation mondial, avant de s'achever à Sassandra. Pour les journalistes mobilisés, notamment de L’Avenir, cette immersion a permis de recueillir des données factuelles pour des reportages plus percutants.
Comme le rappelle le consortium, l'implication des médias est le levier indispensable pour transformer la perception du secteur. Pour que le cacao ivoirien devienne un véritable moteur de dignité sociale, il doit réussir son pari : redevenir plus attractif que l'or clandestin grâce à des pratiques modernes, rentables et respectueuses de l'environnement.
Au-delà des visites techniques, cette mission a permis de rencontrer directement les petits producteurs pour comprendre leurs perspectives sur le développement durable. Aussi, elle a permis de susciter l’intérêt des médias pour les actions de plaidoyer de la filière.
Kimou Kouassi
