Filière Café-Cacao : Vent de révolte dans le Grand Ouest contre le prix de 1 200 F CFA

Filière Café-Cacao : Vent de révolte dans le Grand Ouest contre le prix de 1 200 F CFA

27/03/2026 - 19:34
28/03/2026 - 18:36
Filière Café-Cacao : Vent de révolte dans le Grand Ouest contre le prix de 1 200 F CFA
Filière Café-Cacao : Vent de révolte dans le Grand Ouest contre le prix de 1 200 F CFA

La tension est montée d’un cran dans le bassin cacaoyer ivoirien. Réunis ce jeudi 26 mars 2026 à Méo, dans le département de Toulepleu, près de 2 000 producteurs ont opposé un refus catégorique aux nouvelles orientations tarifaires de la petite campagne, annonçant un blocage systématique de leurs stocks.

Le ton est à la confrontation. Sous l'égide du Le SYNAPCI (Syndicat National Agricole pour le Progrès en Côte d'Ivoire)  (SYNAPCI), les planteurs de la région du Cavally ont exprimé leur vive opposition à la tentative d'imposition d'un prix d'achat de 1 200 F CFA/kg pour la récolte intermédiaire. Pour ces acteurs de la terre, cette proposition est jugée "inacceptable" au regard des engagements précédents.

Le prix de 2 800 F CFA au cœur du conflit

Le point de discorde majeur réside dans le non-respect du prix garanti de 2 800 F CFA/kg annoncé pour la campagne 2025-2026. Selon Koné Moussa, président du SYNAPCI, des dizaines de milliers de tonnes de cacao seraient actuellement en souffrance dans les magasins. « Nous n’accepterons pas 1 200 FCFA  tant que les stocks pesés à 2 800f CFA ne sont pas payés et écoulés », a-t-il martelé devant une assemblée déterminée.

Les producteurs dénoncent une situation précaire où leurs récoltes sont pesées « à crédit » sans versement effectif de liquidités, plongeant de nombreuses familles dans une détresse financière immédiate.

Concurrence transfrontalière et menaces de blocage

Au-delà des tarifs, le syndicat pointe du doigt des failles de gestion. Le SYNAPCI accuse notamment l’entrée sur le marché national de cacao en provenance du Ghana et de la Guinée, une concurrence jugée déloyale qui saturerait les circuits d'achat au détriment de la production locale ivoirienne.

Face à ce qu'ils qualifient de "manque de considération", les producteurs ont voté une mesure de riposte immédiate : aucun grain de cacao ne quittera les plantations tant que les revendications financières ne seront pas satisfaites. Ce mot d'ordre de blocage vise à faire pression sur les autorités de régulation et les exportateurs.

Une mobilisation qui s'étend

Cette étape à Méo n'est que le début d'une vaste offensive syndicale. La tournée du SYNAPCI doit se poursuivre dans plusieurs autres localités du Grand Ouest pour structurer la contestation.

À défaut d'une réponse rapide et concrète des autorités de la filière, le risque d'un gel durable de la commercialisation du binôme café-cacao dans cette zone stratégique reste entier.

N'Dri Bernard